Au printemps 2026, la centrale de Hautepierre à Strasbourg accomplit une première nationale en France : alimenter 25 000 logements en énergie verte, tout en diminuant ses émissions de CO₂.
C’est un projet ambitieux, avec un financement de 92 millions d’euros, qui pourrait bien inspirer d’autres villes.
Un réseau de chaleur en pleine transformation
Le projet EVOS donne une nouvelle vie à l’ancienne centrale de Hautepierre, autrefois dépendante du gaz naturel ; désormais elle devient un véritable moteur d’énergie renouvelable. Le mix énergétique final sera composé à 88 % d’énergies renouvelables et de récupération : 44 % biomasse, 44 % pompes à chaleur, le reste étant couvert par le gaz.
Le réseau qui s’étend aujourd’hui sur 22 km, va presque doubler sa taille pour atteindre près de 50 km. Il desservira 25 000 logements et fournira 223 GWh d’énergie chaque année. Ces chiffres, confirmés par Lise Damien-Marten (Engie Solution France), attestent de la faisabilité technique du projet.
Le coeur vert et brûlant du réseau de Hautepierre
La biomasse utilisée provient de bois et de résidus végétaux locaux (branches, copeaux, sciure). En les brûlant, on chauffe de l’eau qui circule dans les canalisations du réseau pour alimenter les logements et les bâtiments du quartier. Ce système permettra d’éviter 16 000 tonnes de CO₂ par an, selon l’Eurométropole.
Ce qui est particulièrement intéressant, c’est l’approvisionnement local qui réduit les transports et garantit une énergie plus durable et responsable. L’Eurométropole et ENGIE EVOS insistent bien sur ce point, car c’est aussi un moyen de soutenir l’économie régionale tout en limitant l’empreinte carbone.
Chaleur renouvelable, planète préservée
En optant pour un approvisionnement local, le besoin en transport diminue, ce qui réduit par conséquent la pollution générée par les camions.
Ce projet illustre bien les enjeux actuels de la transition énergétique à l’échelle locale, et représente une avancée concrète vers des solutions plus durables et respectueuses de l’environnement.
Un projet en marche vers 2026
Le projet EVOS devrait être opérationnel au printemps 2026, après des essais et une mise en service progressive. Comme tout grand projet, des défis techniques restent à relever : retards possibles dans la livraison des équipements, approvisionnement en biomasse, intégration des pompes à chaleur et raccordements des clients.
EVOS montre qu’un quartier historique peut devenir un modèle de transition énergétique, en combinant innovation et gestion des risques.
Inspirations et défis à venir
Si le projet fonctionne, Hautepierre pourrait servir d’exemple à d’autres communes françaises. L’effort conjoint des collectivités et des entreprises témoigne de l’importance de partenariats solides pour réussir.
Cependant, les enjeux restent nombreux : convaincre les habitants et acteurs locaux et trouver un équilibre entre décarbonation et santé publique.
En somme, ce projet illustre parfaitement une transition énergétique concrète, mêlant innovation technologique et engagement local.
L’image a été générée par une intelligence artificielle.
Pour en savoir plus : L’Eurométropole de Strasbourg et ENGIE Solutions accélèrent le verdissement du réseau de chaleur Ouest Strasbourg

Un sujet très intéressant au croisement entre le role et les spécificités des différentes énergies et techniques (pourquoi rester sur un mix et pas uniquement de la biomasse?), l’urbanisme (quel vecteur jusque l’utilisateur final selon les contraintes urbanistiques), les choix de politique énergétique locale, y compris des aspects non énergétiques (transport des intrants)…
Nous pourrons en discuter dans la 2e partie du module gaz.