You are currently viewing Manque d’électricité à Madagascar, le feu aux poudres d’un soulèvement sans précédent.

Depuis fin septembre 2025, Madagascar est le théâtre de manifestations d’envergure, déclenchées par la colère d’une jeune génération nourrie d’un sentiment d’abandon face au pouvoir en place.

Similaire aux soulèvements observés au Népal plus tôt dans l’année, la jeunesse malgache semble avide d’un système politique démocratique, transparent et équitable.

Le collectif à l’initiative de ce mouvement porte le nom de GenZ Madagascar. 

C’est à travers un manifeste d’une dizaine de pages qu’ils expriment leurs critiques du système et leurs revendications. Portée par le mantra « la volonté de bâtir le futur au lieu de le subir » leur mobilisation n’a fait que s’accroître au cours des dernières semaines jusqu’à entraîner la fuite de leur président actuel.

Leurs revendications sont multiples mais se concentrent sur la lutte contre la corruption et la prise illégale d’intérêt, la défaillance du système éducatif et les défaillances dans l’accès aux services de base. Le dernier point énoncé est d’ailleurs l’élément déclencheur de ce soulèvement de masse. 

En effet, lorsque la GenZ Madagascar parle de défaillance d’accès aux services de base, elle touche le point névralgique de ces soulèvements, l’accès à l’eau et l’électricité. Développée dans leur manifeste, la volonté centrale des manifestations peut se résumer à l’idée suivante : obtenir enfin des solutions réelles aux problèmes de la JIRAMA.

La JIRAMA, est la compagnie nationale de Madagascar responsable de la distribution d’eau et d’électricité.   

Bien que le ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, Jean Baptiste Olivier, appelle au calme et assure le travail en lien avec la JIRAMA sur des objectifs de court et long terme concernant l’approvisionnement en énergie, la fragilité énergétique reste structurelle. 

Selon EnergyPedia Près de 80 % de l’énergie consommée à Madagascar provient encore de la biomasse, tandis que la capacité électrique installée reste limitée à environ 800 MW, majoritairement issue de centrales thermiques dépendantes du fioul importé. En 2023, the global Economy précise que la production nationale d’électricité s’élevait à 2,65 milliards kWh pour une consommation de 2,51 milliards kWh, avec plus de 30 % de pertes sur un réseau vétuste. 

Ces problèmes de perte d’énergie cumulé au taux d’électrification rurale inférieur à 20 % et à la forte dépendance aux produits pétroliers aggravent encore la précarité énergétique du pays. La crise énergétique n’est qu’à un pas de la crise politique. 

Le constat de la situation de Madagascar permet d’avancer qu’un système énergétique vétuste suffit parfois à devenir l’élément déclencheur d’un soulèvement massif dans un climat d’instabilité politique. Reste à voir si les prochains détenteurs du pouvoir à Madagascar auront la capacité de résoudre la crise énergétique et politique qui frappe le pays.

 

Léane Gabellec

 

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