You are currently viewing L’effet Trump sur le pétrole vénézuélien
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Alors que le Venezuela vient tout juste de changer de chef après la capture de Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines en janvier, il aura fallu attendre à peine quelques mois pour que Washington révèle ce que cette « libération » signifiait réellement : moins une affaire de démocratie que de barils. Ainsi, quelques mois après l’intervention américaine au Venezuela, le portrait que nous avions réalisé sur Donald Trump se vérifie avec une constance presque comique.

En effet, dans la droite ligne de son offensive tous azimuts en faveur des énergies fossiles, déjà largement documentée sur le sol américain et jusque dans les couloirs bruxellois, Donald Trump a annoncé vendredi soir un accord donnant aux États-Unis le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils de réserves prouvées vénézuéliennes, un montant qui, comme par hasard, avoisine l’intégralité des réserves américaines. Il ne manquait plus que ça pour parachever « l’effet Trump » sur le paysage énergétique mondial.

Un accord présenté comme « historique » par la nouvelle présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez, opportunément beaucoup plus conciliante que son prédécesseur. 

Un pactole pour un pays exsangue, en théorie

Le département d’État des États-Unis s’est contenté d’évoquer, sans plus de précision, un « opérateur privé expérimenté » qui recevrait 45 % de la production d’une co-entreprise dont Washington toucherait le reste. Il aura fallu que la presse américaine mette un nom sur ce mystérieux partenaire pour comprendre pourquoi tant de pudeur : il s’agit d’Alejandro Betancourt López, patron de North American Blue Energy Partners (NABEP), dont le CV a de quoi faire pâlir n’importe quel service de conformité.

Sur le papier, tout le monde y gagne. Le dispositif porte sur 17 champs pétrolifères, plus de 100 milliards de dollars d’investissements promis et une recette fiscale annoncée à 209 milliards de dollars pour un gouvernement vénézuélien exsangue, encore fragilisé par les séismes de juin qui avaient fait plus de 6 500 morts. De quoi, dixit Mme Rodríguez, « mettre nos immenses réserves au service du développement national ».

Reste que le texte de l’accord n’était, samedi après-midi, toujours pas disponible, et que l’essentiel des modalités demeurait flou, un flou que l’on nous promet dissipé « à mesure que le projet avancera ». Une formule que l’on aurait tort de trouver rassurante quand on se rappelle que le pays, dont les réserves comptent pourtant parmi les plus vastes du globe, ne produit toujours qu’un maigre million de barils par jour, soit à peine 1 % de la production mondiale, un niveau resté sensiblement identique à celui de l’ère Maduro tant les décennies de mauvaise gestion, de corruption et de sanctions ont eu raison de son industrie pétrolière.

NABEP, qui plafonne aujourd’hui à 200 000 barils par jour, ambitionne malgré tout de quintupler sa production d’ici cinq ans, quitte à s’endetter à hauteur de 5 milliards de dollars. Un pari qui, à en croire les propres experts du secteur, ne produira ses premiers effets tangibles que dans plusieurs années, largement le temps, donc, pour l’administration Trump de se targuer d’un succès géopolitique dont la facture, elle, sera payée bien plus tard.

Un précédent qui ne dit pas son nom

Ce rapprochement providentiel ne doit rien au hasard. Avant même la chute de Maduro, des responsables américains affirmaient déjà, sans détour, que les États-Unis avaient « créé » l’industrie pétrolière vénézuélienne et que le pays s’était contenté de leur voler leurs propres champs par le jeu des nationalisations. Sous la pression de Washington, l’Assemblée nationale vénézuélienne s’est d’ailleurs empressée, dans la foulée de la capture de son ancien président, de détricoter la législation issue des nationalisations de 2007, pilier historique du « chavisme », pour offrir aux compagnies étrangères un contrôle bien plus étendu sur leurs opérations.

 

Pour voir plus :

https://blog.bio-ressources.com/2026/01/24/leffet-trump-sur-les-energies-renouvelables/



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