L’Union européenne a tenté de faire des agrocarburants un levier dans sa lutte contre le dérèglement climatique. Au-delà de sa définition, qui a été débattue (mais enfin fixée), les agrocarburants possèdent certaines limites intrinsèques à son utilisation, à sa consommation et à sa production.
Définitions des agrocarburants
Les agrocarburants, appelés également » biocarburants » ou » biofuel » sont des combustibles liquides d’origine agricole qui sont obtenus à partir de matières organiques végétales ou animales. Ils sont composés de trois générations : la première génération, en concurrence directe avec l’agriculture, permet de créer du bioéthanol et du biodiesel dépendant de la culture cultivée. La seconde génération est quant à elle, issue des déchets agricoles, des feuilles, mises au point pour exploiter les matières cellulosiques. Enfin la dernière génération est issue de microalgues grasses[1].
Situation juridique de l’agrocarburant
La RED II, pour le moment, organise les critères de durabilité, notamment pour les agrocarburants. Elle permet donc 50% à 65% de réduction de gaz à effet de serre par rapport aux énergies fossiles et en fonction des installations. Il faut également que les produits agricoles ne proviennent pas de zones à haute biodiversité. Pour le moment, les agrocarburants sont limités à 7% dans la consommation énergétique au niveau des transports et ce, au niveau de chaque Etat membre de l’Union européenne. Cette consommation des agrocarburants atteindrait 3,8% dans la consommation énergétique.
La directive permet également, au fur et à mesure de son application , d’augmenter le pourcentage d’utilisation des agrocarburants dans le transport jusqu’à 14%, tout en n’utilisant pas les agrocarburants de première génération, qui entrent en concurrence avec l’agriculture, et la souveraineté alimentaire, non compris dans les critères de durabilité[2].
Enfin, les agrocarburants sont considérés par la stratégie de l’Union européenne comme un levier dans la lutte contre le dérèglement climatique. Elles permettraient de décarboner le secteur du transport et notamment les plus difficiles à décarboner comme l’aviation et le transport maritime.
Limites des agrocarburants
L’Union européenne possède une bonne politique en ce qui concerne les agrocarburants. Elle en connaît les limites et les prend en compte pour définir plus clairement les critères de durabilité concernant ceux-ci.
En effet, les agrocarburants surtout première génération comportent le problème de la souveraineté alimentaire, de l’encouragement indirect de la déforestation pour certaines cultures entièrement destinés à la production de biocarburants. Quant à la seconde génération, c’est l’incitation indirecte à produire plus de déchets. Si le marché des déchets agricoles n’augmente pas, alors c’est un marché qui est limité.
Futur et conclusion pour l’utilisation des agrocarburants
L’Union européenne a une volonté de continuer à s’appuyer sur les agrocarburants pour les domaines difficiles à décarboner. C’est une stratégie adoptée, qui serait positive uniquement si elle rentre en concurrence avec d’autres manière de décarboner.
En effet, le marché des biocarburants devant être un marché de revalorisation des déchets, il est censé être limité, car l’Union européenne ne peut pas inciter à produire plus de déchets. Il faut donc que celui-ci rentre en concurrence avec d’autres façons de produire des énergies décarbonées, avec des carburants de synthèse.
En outre, il est également nécessaire de continuer les recherches sur les biocarburants de 3ème génération pour atteindre une pollution quasi nulle au cours de son cycle de vie pouvant être une autre manière de voir les choses, car les agrocarburants de cette génération ne rentrent pas en concurrence directe avec la souveraineté alimentaire.
Pour en savoir plus :
[1] https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/biocarburant
[2] Directive 2018/2001
