Selon l’ADEME, le taux de collecte pour recyclage des bouteilles et flacons en plastique était de 50 % en 2022. Pour 2024, le rapport de l’observatoire du réemploi et de la réutilisation indique un taux de collecte séparée des bouteilles en plastique de 50,5 %.
Ce chiffre reste inférieur à l’objectif européen de 77 % en 2025, puis de 90 % d’ici 2029, fixé par la directive européenne relative aux plastiques à usage unique. L’écart est donc important. Face à ce retard, la consigne des bouteilles en plastique revient aujourd’hui dans le débat.
Le principe est simple, le consommateur paie quelques centimes supplémentaires lors de l’achat d’une bouteille et récupère cette somme lorsqu’il la rapporte dans un point de collecte. L’objectif est de réduire les déchets d’emballages à usage unique et de favoriser le réemploi des bouteilles. Lorsqu’une bouteille est réutilisée, elle peut aussi permettre de réduire la consommation d’eau et d’énergie, ainsi que les émissions de gaz à effet de serre par rapport à la fabrication d’une bouteille neuve ou à un recyclage intensif.
L’Allemagne : un exemple intéressant
Pour mesurer l’intérêt du système, l’exemple allemand est particulièrement intéressant. L’Allemagne utilise son système de consigne, le « Pfand », depuis 2003. Pour les bouteilles et canettes à usage unique concernées, la consigne est généralement de 25 centimes.
Le résultat est impressionnant puisqu’en 2024, le taux de retour des bouteilles plastiques à usage unique était estimé à 97,7 %.
La différence avec la France est donc considérable. Avec un taux inférieur à 60 %, la France laisse encore une part importante des bouteilles sortir du circuit de collecte. L’expérience allemande montre qu’une incitation financière, associée à un réseau de reprise facilement accessible, peut fortement modifier les habitudes.
Plus de collecte, mais aussi plus de matière à recycler
L’intérêt de la consigne ne se limite pas au fait de récupérer davantage de bouteilles. Elle permet surtout de récupérer un plastique mieux séparé et donc plus facilement valorisable.
C’est important dans un contexte où l’Europe cherche à développer une véritable économie circulaire. Le nouveau règlement européen sur les emballages prévoit notamment d’atteindre 90 % de collecte des bouteilles en plastique et des canettes de boissons d’ici 2029. Il prévoit également une augmentation progressive de la part de plastique recyclé utilisée dans les nouvelles bouteilles.
Une étude publiée en 2025 sur les systèmes de consigne montre d’ailleurs que les taux de retour des bouteilles peuvent atteindre 90 % ou davantage lorsque ces systèmes sont correctement organisés.
La France doit-elle suivre le modèle allemand ?
La consigne pourrait permettre à la France de réduire rapidement l’écart avec l’objectif européen. Mais il ne suffit pas de mettre une consigne en place, il faut également disposer de suffisamment de points de reprise, organiser la collecte et garantir que le plastique récupéré sera effectivement recyclé.
Le débat français porte donc aussi sur le coût et l’organisation du dispositif. Certaines collectivités craignent notamment que la consigne détourne une partie des emballages des systèmes de collecte existants.
L’exemple allemand reste néanmoins intéressant. Entre un taux de collecte inférieur à 60 % en France et près de 98 % en Allemagne, la différence est difficile à ignorer.
La consigne n’est évidemment pas la seule réponse au problème du plastique. Réduire les emballages à usage unique et développer le réemploi restent essentiels. Mais si la France veut atteindre 90 % de collecte en 2029, l’expérience de ses voisins européens pourrait constituer une source d’inspiration importante.
Source :
https://librairie.ademe.fr/economie-circulaire-et-dechets/8211-evaluation-du-taux-de-collecte-des-bouteilles-en-plastique-de-boisson-pour-2022-et-2023.html
https://observatoire-reemploi-reutilisation.ademe.fr/emballages
https://eur-lex.europa.eu/eli/dir/2019/904/oj?locale
