Les substances perfluoroalkyliques / polyfluoroalkyliques, également désignées sous le terme de « polluants éternels toxiques » sont présentes sur les emballages alimentaires, les poêles, les produits de soins et certains mobiliers. Ces PFAS, selon un rapport commandé par la Commission Européenne, pourraient coûter jusqu’à 1 700 milliards d’euros à l’Européenne sur les 25 prochaines années. Un montant faramineux.
Des polluants quasiment indestructibles
Les substances perfluoroalkyliques – polyfluoroalkyliques sont une famille de produits chimiques qui permet de rendre les surfaces imperméables, anti-tâches, anti adhésives et résistantes à la chaleur. La contamination au PFAS ne nécessite pas un contact direct et immédiat avec ces substances, le simple fait de les produire pollue l’environnement. Ces PFAS étant quasiment impossibles à détruire, plus en produit plus ils s’accumulent dans l’environnement.
Ces substances sont absorbées par les poissons et animaux, elles se retrouvent dans l’eau que nous buvons ainsi que les légumes. Il est donc certain que nous sommes tous exposés et contaminés. Cela s’est vérifié dans une étude publiée en 2019 par le programme national de biosurveillance : elles ont été retrouvées dans 100% des personnes testées en France.
Les effets potentiels des PFAS sur la santé
Pour l’heure, on ne sait pas non plus exactement quel niveau d’exposition pourrait causer des effets sur la santé. Selon une étude de l’Institut national de santé publique du Québec de 2024, les effets d’une exposition de courte durée mais à un niveau très élevé ne sont pas encore documentés.
Sur le long terme, on arrive cette fois à déterminer les effets des perfluoroalkyliques – polyfluoroalkyliques Les PFAS peuvent provoquer une baisse du poids de naissance, une augmentation du risquée cancer du rein, un débalancement des lipides dans le sang (le cholestérol par exemple), une diminution de la réponse immunitaire à la vaccination, des cas de diabète et/ou d’obésité ainsi qu’une baisse de la fertilité.
Cependant, des doutes subsistent quant à la probabilité d’occurence et la gravité des effets des PFAS selon le niveau d’exposition. En effet, on peine à évaluer l’imputabilité des PFAS vis-à-vis de certains problèmes de santé qui peuvent être liés a ces derniers mais aussi à d’autres facteurs de risque tels que les habitudes de vie, la génétique ou encore l’exposition à d’autres substances pouvant être qualifiées de contaminants environnementaux.
Selon cette même étude, ils existent des sujets à risque tels que les femmes enceintes, leur foetus et les jeunes enfants qui pourraient être plus sensibles aux effets des PFAS
Les personnes manipulant les PFAS au travail pourraient aussi davantage subir les effets liés à l’exposition aux polluants.
La (récente) réglementation sur les PFAS en France
Des prélèvements de sol, d’air, d’eau et de lait (maternel) ont été effectués en région lyonnaise puis analysés par le spécialiste européens des perfluorés Jacob de Boer. Dans l’air, un perfluoré avec un niveau de toxicité très élevé nommé PFOA avait été détecté avant de faire l’objet d’une interdiction courant 2020 en France. On en retrouvait près de 8 fois plus que les valeurs moyennes indiquées par l’ONU.
A proximité d’une usine, on a constaté dans le sol que les teneurs du perfluoré PFUNDA dépassait de 83 fois les normes hollandaises. Jusqu’en 2023, il n’existait encore aucune norme sur les taux de perforé dans les sols français. De plus, les taux de perfluorés au niveau des rejets de l’usine dépassaient « de 36414 fois les niveaux de l’eau étalon prise en amont du site »
Le décret n°2025-1376 du 28 décembre 2025 relatif à la mise en oeuvre de contrôles stricts sur les substances perfluoroalkylées – polyfluoroalkylées a interdit la production ainsi que l’importation et la vente des produits contenant ces « polluants éternels toxiques » lorsque des alternatives plus sûres existent. Ce décret fait suite à la loi n°2025-188 interdisant l’utilisation des PFAS dans les cosmétiques, textiles et cires de ski. Cette loi contenait des « restrictions supplémentaires s’étendant à tous les textiles contenant des PFAS d’ici 2030 »
L’action de l’Union européenne en matière de PFAS
Le travail de l’Union européenne, par le biais de la Commission, est de faire le tri entre les PFAS en fonction de leur usage et leur dangerosité. Une évaluation de chaque substance est nécéssaire. La porte-parole de la Commission européenne Eva Hrncirova a récemment expliqué que l’on ne pouvait pas « mettre tous les PFAS dans le même sac » et qu’il fallait donc analyser chaque PFAS.
La convention de Stockholm de 2001 encadre les polluants organiques persistants (POP) Cet accord est repris au niveau européen par le règlement (UE) 2019/1021 qui interdit ou limite la fabrication, la mise sur le marché et l’utilisation des substances particulièrement problématiques. Différents perfluoroalkylées – polyfluoroalkylées sont donc encadrés tels que le PFOS depuis 2009, le PFOA depuis 2020 et le PFHxS depuis 2023.
Vis-à-vis de l’alimentation, le règlement (UE) 2023/915 établit les teneurs maximales qui varient en fonction du types de denrées pour 4 PFAS (PFOS, PFOA, PFHxS et PFNA), de 1,3 μg/kg pour certaines viandes et à 45 μg/kg pour certains poissons.
La directive européenne 2020/2184 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine établit la limite de 100 ng/L pour la somme des concentrations de 20 PFAS. Cette limite est applicable à partir du 12 janvier 2026. Directive ensuite retranscrite en droit français par l’arrêté du 30 décembre 2022 relatif aux limites et références de qualité des eaux brutes et des eaux destinées à la consommation humaine. Il rend applicable, en France, la limite de qualité réglementaire de 0,1 µg/L pour la somme de 20 PFAS. Les réglementations de l’Union se sont aussi étendus aux PFAS dans les rejets atmosphériques, dans les rejets aqueux des stations de traitement des eaux usées ainsi que dans les eaux souterraines et eaux de surface.
L’action citoyenne contre les PFAS
En février 2026, une action civile a été engagée par près de 200 habitants de la région lyonnaise contre Arkema et Daikin. Les deux sociétés ont été accusées d’avoir contaminé l’environnement avec ces polluants. Cela fait suite aux plaintes d’associations et de consommateurs, notamment celle de juillet 2025 contre SEB pour « pratique commerciale trompeuse » relative aux poêles Tefal
Si cela ne suffisait pas à prouver l’ampleur du scandale lié aux PFAS, huit activistes ont été arrêtés après s’être introduits courant 2024 sur le site du groupe Arkema à Lyon, avant d’être relaxés le 15 mai dernier par la cour d’appel de Lyon.
Tout cela met en exergue l’importance de l’action citoyenne en matière de protection de l’environnement et de la santé. Cela nous ramène aux propos de Rob Hopkins, cet enseignant en permaculture britannique qui, dans son ouvrage intitulé Ils changent le monde !, expliquait que : « le potentiel de changer le monde par le bas est vaste ». Selon lui, l’action gouvernementale en matière d’environnement est bien trop tardive tandis que l’action individuelle est trop insuffisante : il reste alors l’action collective à l’échelle locale. Dans le cas des PFAS, si la réaction de l’État aura été quasiment immédiate on peut toutefois regretter son inaction en matière préventive.
https://www.youtube.com/watch?v=JLkBArCF8Vs Envoyé spécial sur les PFAS
https://www.inspq.qc.ca/pfas/sources-exposition-fiche-technique
