You are currently viewing Face à l’urgence climatique, un sursaut collectif attendu

Depuis les années 1990, la France a progressivement intégré les enjeux climatiques dans ses politiques territoriales. Mais le dernier rapport du Haut Conseil pour le Climat (HCC) dresse un bilan critique et constructif de cette évolution, en appelant à un  “sursaut collectif pour relancer l’action climatique ».

 

Une montée en puissance progressive

L’action climatique territoriale s’est institutionnalisée par étapes. Les premières initiatives, comme les Agendas 21 locaux dans les années 1990, ont été suivies par la loi Voynet de 1999 et le Plan Climat de 2004. Les lois Grenelle I et II dans les années 2010 2ont introduit les Plans Climat Énergie Territoriaux (PCET) et les Schémas Régionaux Climat Air Énergie (SRCAE), renforçant le rôle des collectivités dans le domaine.

La loi NOTRe (2015), la loi de Transition énergétique (2015) et la loi Climat et Résilience (2021) ont poursuivi cette dynamique, en élargissant les compétences des régions et en introduisant de nouveaux outils comme les PCAET (Plans Climat Air Énergie Territoriaux) et les CRTE (Contrats de Relance et de Transition Écologique).

Malgré cette montée en puissance, le rapport du HCC souligne une fragmentation des dispositifs. Les collectivités doivent jongler avec une multitude d’outils, souvent mal articulés. Cette complexité nuit à l’efficacité de l’action locale et rend difficile la véritable évaluation des résultats.

Le HCC appelle à une simplification et à une meilleure coordination entre les différents niveaux de gouvernance. Il recommande également une évaluation plus régulière et plus fine des politiques territoriales, au-delà du rythme triennal actuel.

Les résultats sont contrastés :

Certains secteurs comme la gestion des déchets n’ont pas atteint leurs objectifs de réduction, tel que le puits de carbone forestier qui s’est révélé insuffisant.

Les émissions de gaz à effet de serre baissent, mais trop lentement pour respecter la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC), qui vise une réduction de 50 % des émissions brutes d’ici 2030. Le rapport insiste sur l’urgence d’accélérer la transition, notamment dans les transports et l’agriculture. 

Pourtant, les parlementaires de leur côté votent favorablement à la controversée “loi Duplomb” qui facilite l’utilisation de pesticides dangereux, la construction de mégabassines et l’élevage industriel. 

En effet, le 8 juillet 2025, l’Assemblée nationale a définitivement adopté par 316 voix pour, 223 contre et 25 abstentions, la proposition de loi «  visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur  » alors que cette dernière contient de fortes régressions pour l’environnement et la santé.

 

Le rôle des puits de carbone naturels

Le rapport du HCC évoque notamment la diminution de l’efficacité des puits de carbone naturels, dû au réchauffement climatique. Les océans et les forêts absorbent environ la moitié des émissions anthropiques de CO2. Les forêts françaises, en particulier, souffrent de stress hydrique, de maladies et de mortalité accrue, réduisant leur capacité de séquestration des émissions de CO2.

Les écosystèmes marins sont également menacés par le réchauffement, l’acidification et la désoxygénation. Ces phénomènes combinés réduisent leur productivité et perturbent les chaînes alimentaires.

Vers une adaptation écologique 

Face à ces constats, le HCC plaide pour une gestion plus durable et résiliente des écosystèmes. Cet organisme indépendant de l’Etat recommande au gouvernement la création d’aires marines protégées plus vastes, mieux connectées et capables de s’adapter aux changements climatiques. Pour les forêts, il préconise une sylviculture plus diversifiée et proactive. L’adaptation au changement climatique ne doit pas être secondaire mais quotidienne, puisqu’elle est essentielle pour préserver les puits de carbone et limiter les impacts du changement climatique sur nos territoires.

Une gouvernance à réinventer

Le rapport insiste sur la nécessité d’une gouvernance climatique plus intégrée. Les COP régionales, lancées en 2023, et les CRTE sont des avancées, mais doivent être consolidées selon le HCC. L’État doit jouer un rôle de garant des politiques climatiques.

Le HCC appelle donc à un sursaut collectif par une planification écologique territorialisée, fondée sur des objectifs clairs et des moyens adaptés. Enfin, il souligne aussi l’importance de la participation citoyenne et de la transparence dans l’élaboration de ces politiques climatiques.

Pour en savoir plus : 

 

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