Le secteur de la santé en Afrique surtout celle subsaharienne et en particulier de l’Ouest est considéré comme l’un des secteurs remplis de plusieurs défis et qui nécessite la mise en place de plusieurs politiques publiques efficaces et efficientes.
Parmi, les défis du secteur de la santé de la sous-région figurent l’insuffisance d’infrastructure d’établissement publics de santé, l’insuffisance de personnel médical qualifié, insuffisance de financement du secteur médical, un accès limité aux soins marqué par des inégalité entre zone urbaine et zone rurale, dépendance aux importations de produits pharmaceutiques, mais aussi des défis technologiques et digitaux.
- L’insuffisance d’infrastructure d’établissement public de santé
L’une des premières caractéristiques du secteur sanitaire en Afrique de l’Ouest est liée à l’insuffisance d’infrastructures d’établissement public. En effet, plusieurs pays de la sous-région manquent d’infrastructures sanitaires pour couvrir les besoins de toutes les populations. Toutefois, celles existantes manquent le plus souvent d’équipement nécessaires pour fonctionner de manière autonome et le plus sûre. En plus, des problèmes d’électricité permanente, d’eau ainsi que d’assainissement constituent en partie des facteurs d’inefficacités de ces infrastructures sanitaires. De plus, l’état de celles existantes sont défectueux et ne répondent plus de manière efficace aux attentes.
Les infrastructures sont également mal réparties et engendrent par conséquent des inégalités en matière d’accès aux soins. Ces inégalités sont reconnues le plus souvent en milieux urbains, périphériques et ruraux. Toutefois, les inégalités en matière de soin en milieu urbain n’est pas nécessairement l’absence d’établissement public de santé, mais elle réside plutôt aux inégalités économiques notamment le coût des soins et des médicaments sans oublier une faible couverture d’assurance maladie. De plus, cette inégalité surtout pour les zones rurales engendre une double connotation, qui est présente tant sur la distance ou carrément d’absence d’infrastructure sanitaire mais aussi au manque de moyen financier pour la couverture des soins médicaux.
- Un secteur qui manque de véritables politiques publiques.
En effet, si le secteur est dans une certaine mesure pris en compte par les autorités de la sous-région ainsi que des organisations internationales, il faut reconnaître que le financement du secteur demeure encore faible. Ce manque ou insuffisance de financement du secteur se justifie par le non remplissage des objectifs internationaux. Par ailleurs, le groupe de la banque africaine de développement, précisait que les dépenses d’équipement des gouvernements africains dans le domaine de la santé se situent à un niveau faible par rapport aux autres régions du monde et montrent des signes de déclin progressif [1]. La déclaration d’Abuja de 2001, avait fixé pour chaque Etat Africains, la consécration de 15% de leur budget national pour la santé publique [2]. Cependant, après 25 ans d’engagement suite à la déclaration de l’objectif, la majorité des Etats africains ont trahi la déclaration, sauf un pays de l’Afrique de l’Est notamment le Rwanda avec 15,1% de son budget national alloué au secteur sanitaire [3]. En Afrique de l’Ouest, la moitié des Etats sont largement en deçà de l’objectif. Ceci montre la place qu’accorde les dirigeants africains au secteur de la santé qui sans doute est moins importante dans leur stratégie de développement. Pourtant, le financement est un gage de développement du secteur. Sans le financement, la construction des infrastructures sanitaires reste insuffisante et inégalitaire pour les populations.
- Défis liés au manque de personnels qualifiés et d’innovation
Le secteur sanitaire en Afrique de l’Ouest manque de financement pour assurer une formation de qualité aux futurs et professionnels du domaine. Le financement constitue ici, un gage pour le développement de la formation des médecins. Ce manque de financement à la formation engendre en effet, une formation limitée dans le secteur, et occasionne par ricochet un manque de véritables compétences professionnelles. L’innovation technologique, digitale ainsi que pharmaceutique du secteur sanitaire en Afrique de l’Ouest est encore à une étape de développement, ou d’expérimentation et nécessite un accompagnement efficace.
Au-delà du manque de formation qualifiée, surgit également le problème d’emploi des jeunes diplômés dans le secteur. Ce manque d’emploi les emmènent à immigrer vers les pays du nord (développés) afin de travailler et mettre en œuvre leur compétence. Cet exode crée de surcroît de compétence voir de personnels dans la sous-région.
Le secteur sanitaire en Afrique de l’Ouest regorge d’énormes défis sur le plan de la formation, de financement, d’innovation, d’infrastructure voire de couverture d’assurance maladie. Il est donc indispensable pour les dirigeants de la sous-région de mettre en place des politiques publiques sanitaires efficaces et efficientes avec une forte suivi évaluation. Par ailleurs, les Etats de la sous-région doivent respecter leurs engagements internationaux en matière de dépenses sanitaires et diminuer leurs dépendances en matière d’aide internationale dans le domaine de la santé.
Enfin, les dirigeants de la sous-région doivent prendre des mesures indéniables en matière de création d’emplois dans le secteur afin de limiter le départ des compétences vers d’autres horizons. Le secteur privé sanitaire doit également jouer un rôle important en matière d’investissement dans le domaine pour combler le déficit. Mais il revient aux gouvernements d’accompagner des initiatives privées du secteur notamment par des subventions mais également par la mise en place de politiques incitatives.
Pour en savoir plus :
[1] strategie_pour_des_infrastructures_sanitaires_de_qualite_en_afrique_2022-2030.pdf
[2] JC2524_Abuja_report_fr.pdf
