You are currently viewing Transition énergétique : les travailleurs en première ligne face au stress et à la fatigue mentale

Travailler dans la transition énergétique, c’est se considérer comme l’un des acteurs participant à la mise en œuvre des politiques de lutte contre le changement climatique. 

C’est utile, engagé, porteur de sens. Beaucoup de jeunes s’y lancent avec une vraie motivation : contribuer à un avenir plus propre, plus juste, plus durable. Toutefois, c’est un secteur qui demande d’énormes rigueurs. En effet, le rythme est intense. Et les objectifs sont élevés. Il faut répondre aux appels à projets, faire la veille réglementaire, suivre l’innovation, coordonner les équipes et toujours faire mieux, et surtout plus vite.

Le problème, résultant de la pression constante, finit par peser lourd. Mais il est relégué au second plan. Parce que dans ce domaine, on est censé être passionné. Être là pour la cause. Aimer ce qu’on fait. Alors on serre les dents. On encaisse. On dort mal. On culpabilise de ralentir. On se dit qu’on n’a pas le droit de se plaindre, puisqu’on travaille pour « sauver la planète ». 

Mais même les plus engagés ont leurs limites. Beaucoup le disent à demi-mot : ils aiment leur métier, mais ils sont fatigués. Épuisés parfois. L’impression de porter trop de responsabilités, de se battre contre des blocages politiques ou des délais absurdes. D’essayer de changer les choses, mais de se heurter à des murs. Et quand on commence à douter de l’utilité de ce qu’on fait, alors que c’est précisément ce qui nous a motivés au départ, c’est là que le moral lâche.

Bien sûr, certaines entreprises commencent à réagir. Il y a des cellules d’écoute, quelques formations, un discours un peu plus humain. Mais ça reste fragile. Parce qu’on continue de valoriser la performance, la productivité, les résultats. Pas le repos. Pas le recul. Pas l’équilibre.

Ce dont on a besoin, c’est d’un vrai changement de regard. Comprendre que la transition énergétique ne pourra pas réussir sans celles et ceux qui la construisent au quotidien. Les techniciens sur le terrain, les ingénieurs sous pression, les jeunes diplômés qui veulent bien faire. Ce sont eux les piliers. Et si on les laisse s’effondrer, c’est tout le système qui vacille.

Il est tout à fait indispensable de parler de technologies, d’innovation, ou encore de carbone. Mais il est aussi crucial de parler des humains, notamment de leur santé mentale, de leur besoin d’espace, de reconnaissance, ainsi que d’abnégation. Parce que sans eux, la transition énergétique ne tiendra pas. C’est aussi simple que ça.

 

Sources : 

https://www.anact.fr/

https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/mental-health-at-work

https://www.inrs.fr/



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