You are currently viewing Transition énergétique : des emplois porteurs mais pour qui ?

On entend souvent que la transition énergétique va créer des milliers d’emplois. Avec le développement des énergies renouvelables, la rénovation thermique des bâtiments, la modernisation des réseaux ou encore la fabrication de batteries, les besoins explosent. On parle de dizaines de milliers de postes à pourvoir dans les années à venir. Techniciens, ingénieurs, chefs de projet, artisans spécialisés. En théorie, cela semble être une bonne nouvelle. Mais en pratique, l’on s’aperçoit qu’il s’agit d’une réalité un peu plus complexe.

D’abord, il y a un vrai décalage entre les profils recherchés et ceux qui sont disponibles sur le marché. Les formations sont encore trop théoriques et un peu en décalage par rapport au terrain. Les reconversions prennent du temps, et beaucoup de jeunes diplômés hésitent à s’engager dans des métiers encore mal connus, parfois mal rémunérés, souvent exigeants. Installer des panneaux solaires, gérer un parc éolien ou optimiser un bâtiment pour une consommation basse et maîtrisée demande des compétences spécifiques. Ce qui nécessite par ricochet la valorisation des métiers de la transition énergétique et qui doit être centrée sur la pratique.

Ensuite, il y a la question des territoires. Tous les emplois de la transition sont dans une certaine mesure inégalement répartis sur le territoire national. En effet, certaines régions se développent vite en matière de développement des EnR par rapport à d’autres qui restent à la traîne. Ceci nécessite en effet, le renforcement des politiques énergétiques dans les collectivités territoriales notamment par des incitations financières, des subventions à l’endroit des porteurs de projet mais également aux consommateurs. Ainsi, en présence de plusieurs sites de production d’énergie à base d’énergie renouvelable, c’est en même temps la disponibilité d’emploi pour les jeunes diplômés de la collectivité. 

Enfin, il est aussi important de creuser  sur l’employabilité des jeunes diplômés ou en cours de formation du secteur. Beaucoup veulent se rendre utiles, travailler dans quelque chose qui a du sens. Mais ils se heurtent à des parcours flous, de stages rares à trouver, ainsi que des débuts compliqués. Des promesses leurs sont faites du fait que la transition énergétique est l’avenir. Mais peu d’entre eux se sentent réellement accompagnés pour y entrer, ce qui engendre par ricochet de la frustration,de découragement, et parfois l’abandon chez d’autres.

La transition énergétique offre certes, des opportunités. Mais pour qu’elles soient réelles, il faut qu’elles soient accessible, stable, voire humaine. Il faut former mieux, valoriser davantage, anticiper les reconversions, sécuriser les parcours. 

 

Sources : 

https://www.strategie.gouv.fr/publications/metiers-2030

https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/

https://www.greenpeace.fr/



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