L’ambitieux schéma de développement du réseau (SDDR) du gestionnaire de réseau de transport français RTE mise sur une transformation massive du réseau électrique. Les objectifs énergétiques de la France par la sortie des énergies fossiles à l’horizon 2050 et l’adaptation des infrastructures publiques qui en découle, en vue d’un climat de +4°c en 2100, sont les principaux sujets qui en ressortent. L’adaptation du réseau électrique permet de tendre vers la décarbonation en passant par une réindustrialisation du pays.
Les 3 grands axes pour un réseau performant et adapté
Pour RTE, les priorités dans ce schéma sont le renouvellement et l’adaptation du réseau au changement climatique. Après les rapports du GIEC ou encore les alertes des institutions internationales, les parties prenantes du monde de l’énergie doivent tendre vers des objectifs où le climat sera de plus en plus extrême. En effet, les réseaux électriques datant du XXème siècle devront être renouvelés pour être adaptés aux conditions météorologiques d’une France à +4°c.
Dans ce même schéma de développement, le gestionnaire de réseau mise sur un raccordement efficace, pour électrifier massivement le pays. La sortie des énergies fossiles étant un objectif clé, il faut réussir à électrifier l’industrie dans tous les territoires, et permettre l’installation de nouvelles productions bas-carbone.
Le dernier axe proposé par RTE est le renforcement de la grande colonne vertébrale de haute et très haute tension. Il s’agit donc de remplacer une grande partie du réseau de lignes électriques (le réseau de 400 000 volts), et d’augmenter les capacités techniques d’infrastructures déjà existantes. Ce grand axe principal permet d’accueillir les flux d’électricité très importants, avec un objectif de limitation de congestion. Comme les installations ne sont ni adaptées aux productions actuelles, ni aux conditions météorologiques extrêmes, le réseau doit être remplacé.
Un secteur de plusieurs milliers nouveaux emplois
Outre les milliards d’euros à investir dans le renouvellement du réseau électrique, si la France veut conserver son avance technologique dans le secteur de l’énergie, des milliers de nouveaux emplois doivent être créés. Selon le schéma mentionné, 8 000 à 12 000 emplois supplémentaires par an dans les réseaux de distribution et de transport d’électricité pourraient être créés d’ici 2030 dans la filière.
En d’autres termes, cela représenterait un volume de 58 000 recrutements, c’est-à-dire comparable à ceux des filières nucléaire et ferroviaire. Les métiers de l’énergie sont des métiers d’avenir, où les enjeux et les défis sont permanents.
C’est quoi une France à +4°c ?
Dans un scénario tel que les événements récents de cas météorologiques extrêmes, les gestionnaires de réseau doivent adapter leurs infrastructures, mais aussi leur technicité.
Une France à +4°c devra faire face à une multiplication des événements extrêmes – tels que des vagues de chaleur, des sécheresses, des tempêtes avec de forts dégâts, des inondations … – susceptibles de fragiliser considérablement le réseau électrique.
En effet, les périodes de forte chaleur réduisent le rendement des centrales thermiques et nucléaires, tout en augmentant la consommation liée à l’usage des climatisations, entraînant des hausses de la demande électrique. Il y a alors un impératif stratégique de renforcer le réseau, en plus des défis de production.
De son côté, la Commission européenne a estimé que les coûts d’adaptation des infrastructures pourraient atteindre 25 milliards d’euros par an à l’échelle de l’UE à partir de 2040, si les investissements ne sont pas pris en compte dès aujourd’hui.
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