You are currently viewing Le télétravail, un pas vers la sobriété ?

 

Cette pratique, ayant connu un essor lors de la pandémie de la COVID-19, reste encore actuellement pratiquée, et ce, souvent pour des raisons de flexibilité. Il est intéressant de s’interroger sur le point de savoir si cette pratique est un synonyme de diminution de la consommation énergétique. La réponse paraît simple, mais elle n’est, en réalité, pas si évidente. Le télétravail apporte, dans certaines conditions, des bénéfices importants qui sont à comparer aux effets négatifs qu’il induit.

Les avantages

Les deux possibles bénéficiaires d’économies d’énergie par la pratique du télétravail sont : les bureaux et le transport.

  • Les bureaux

Les télétravailleurs, absent des locaux, ne participent pas à la consommation énergétique des bureaux. Une gestion optimale du télétravail pourrait permettre de mettre en sommeil tout ou partie du bâtiment sur une journée ou de limiter la surface utilisée en densifiant l’occupation des locaux.

  • Le transport

Restant à domicile pour travailler, le trajet jusqu’au travail n’est pas effectué. Il est même possible de supprimer des déplacements d’affaires plus longs, en avion par exemple, pour certaines réunions et les faire à distance. Plus la distance supprimée est longue et effectuée avec un mode de transport en commun polluant et individuel, plus l’économie réalisée sera forte. Un jour télétravaillé permet de diminuer le volume des déplacements de 69 % par rapport à un jour au bureau[1].

Les effets négatifs

Différents effets rebonds peuvent atténuer les effets positifs vus ci-dessus.

  • La consommation énergétique du domicile

Un effet rebond est constaté au domicile du télétravailleur. En effet, ce dernier chauffe son domicile quand il y travaille, en plus de l’électricité qui lui est nécessaire pour s’éclairer et utiliser ses outils informatiques.

Cet effet rebond peut être atténué avec une meilleure isolation du logement.

A contrario, l’effet rebond s’accentue si le télétravailleur utilise déjà un mode de gestion de chauffage sobre en réduisant ce dernier pendant son absence.

Il a été montré que cet effet négatif est faible en comparaison aux économies d’énergies pouvant être réalisées par le bureau et la diminution des transports.

  • L’effet week-end

La flexibilité apportée par le télétravail permet des départs en week-end plus fréquents. Ce qui est positif pour l’épanouissement des travailleurs, mais qui accentue la consommation d’énergie et donc impact négativement le bilan climatique du télétravail. 

  • La visioconférence, une pratique énergivore

L’utilisation de la visioconférence consomme beaucoup d’énergie. L’empreinte carbone moyenne d’une visioconférence est d’un gramme d’équivalent CO₂ par minute et par participant[2]. Ainsi, une visioconférence d’une heure avec deux participants produirait 120g d’équivalent CO₂ ce qui correspond à ce qu’émet une voiture à essence par km[3].

Conclusion

Le télétravail a le plus souvent un bilan énergétique positif. Cependant, l’étude du Ministère de la Transition Énergétique[4] montre que cela peut varier en fonction de la consommation énergétique et de la densité d’occupation du bureau ou encore de la distance domicile-travail.

Des économies d’énergies peuvent être faites par la fermeture d’un site pendant une journée. Si les bureaux sont fermés, alors 20 à 30% d’économies d’énergie sur la journée sont possibles. L’optimisation de ces dernières passe par la mise en place d’un protocole de fermeture.

Cependant, le bâtiment entier doit être fermé pour réaliser des économies d’énergies significatives. Donc l’absence d’une partie des collaborateurs ne parait pas être la stratégie pertinente en terme énergétique. Effectivement, si seul un étage est vide, il n’est pas possible de couper le chauffage central ou d’éteindre l’éclairage des zones communes, empêchant ainsi de réaliser des économies notables.

 

 

 

 

 

[1] https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/sobriete-le-teletravail-permet-il-reellement-de-faire-des-economies-denergie-1866837

[2] https://www.hellocarbo.com/blog/communaute/le-teletravail-reduit-il-vraiment-le-bilan-carbone-de-votre-entreprise/#:~:text=L’application%20Zoom%20a%20par,par%20minute%20et%20par%20participant.

[3] https://betterway.fr/empreinte-carbone-transport/

[4] Ministère de la Transition Énergétique, (2023) Expérimentation sur le bilan énergétique du télétravail – Enseignements à mi-parcours

A propos de Louise MASSON