À partir du 2 septembre 2025, la Fédération nationale des mines et de l’énergie de la Confédération générale du travail (FNME-CGT) a engagé un mouvement de grève reconductible dans les industries électriques et gazières. Cette mobilisation, qui a concerné notamment EDF, Enedis, GRDF, Engie et plusieurs entreprises du secteur, s’inscrivait dans un contexte marqué par des tensions sur le pouvoir d’achat, les conséquences de la réforme des retraites et la hausse du coût de l’énergie, le tout dans un contexte juridique extrêmement instable matérialisé par une frénétique succession de gouvernement.
Après avoir couvert les origines du mouvement de grèves dans un précédent article, il convient désormais d’observer les résultats définitivement obtenus à son issue.
I/ Retour sur les origines d’une mobilisation d’ampleur nationale
La FNME-CGT a lancé une grève reconductible au sein des 157 entreprises de la branche des industries électriques et gazières. Le mouvement reposait sur plusieurs revendications principales, à savoir :
- une revalorisation de la grille des salaires à hauteur de 9 % ;
- la création de deux échelons d’ancienneté supplémentaires ;
- la mise en place d’une indexation des salaires sur l’inflation ;
- une amélioration des rémunérations liées aux astreintes ;
- la réduction de la fiscalité sur l’énergie afin de diminuer les factures des usagers ;
- l’abrogation de la réforme des retraites appliquée au secteur.
Le mouvement se voulait également porteur d’une dimension d’intérêt général, la CGT estimant que l’énergie constituait un bien essentiel dont le coût devait être maîtrisé.
Dès les premiers jours de septembre 2025, plus de deux cents piquets de grève ont été recensés sur le territoire national. Les centrales nucléaires, les barrages hydroélectriques, les centres de distribution ainsi que les sites de stockage de gaz ont été concernés par différentes formes d’action.
Toutefois, les organisations syndicales ont veillé à limiter les conséquences directes sur les usagers, privilégiant des actions symboliques ou économiques visant principalement les employeurs.
Parallèlement au conflit, des négociations ont été poursuivies entre les représentants des salariés et les employeurs de la branche.
II/ Les résultats obtenus
L’analyse des résultats du mouvement conduit à constater un bilan contrasté.
D’une part, certaines revendications ont connu des avancées. Les négociations ont permis de faire progresser les discussions relatives aux astreintes et au principe d’un niveau minimal de rémunération supérieur au SMIC. La question d’une augmentation générale de la grille salariale a également été maintenue dans le cadre des négociations de branche.
D’autre part, les revendications centrales du mouvement n’ont pas été pleinement satisfaites. L’augmentation générale de 9 % réclamée par la FNME-CGT n’a pas été obtenue.
De même, l’instauration d’une échelle mobile des salaires et l’abrogation de la réforme des retraites n’ont pas abouti.
La fédération syndicale a d’ailleurs considéré que les propositions patronales demeuraient insuffisantes et a refusé de signer certains projets d’accord.
Aussi, la grève des électriciens et gaziers en 2025 montre que l’efficacité d’un mouvement social ne se mesure pas uniquement à l’obtention immédiate de toutes les revendications formulées. Le conflit a permis de maintenir ouvertes des négociations qui étaient en partie bloquées et d’imposer certains sujets au cœur du dialogue social de la branche.
En définitive, les grèves de la FNME-CGT de 2025 ne se sont pas soldées par une victoire complète des revendications syndicales. Elles ont cependant permis d’obtenir plusieurs avancées partielles et de maintenir une pression sur les employeurs dans le cadre des négociations collectives.
Ce conflit social illustre ainsi la fonction du droit de grève dans les relations professionnelles françaises : davantage qu’un moyen de contrainte absolue, il constitue un mécanisme destiné à rééquilibrer le rapport de force entre salariés et employeurs afin de favoriser la recherche d’un compromis.
Néanmoins, même si les mouvements de grève lancés par la dans le secteur de l’énergie en 2025 ne sont plus en cours aujourd’hui, en juin 2026, la FNME-CGT continue d’organiser des mobilisations et des appels ponctuels à la grève sur différents sujets avec de nouvelles revendications et de nouveaux préavis.
Auteur et relecteur (2025-2026) sur le blog Bio Ressources
Master Droit et Gestion des Énergies et du Développement Durable – Université de Strasbourg
