You are currently viewing Le rapport IEA 2025 : tendances clés dans le secteur énergétique mondial et défis pour la transition énergétique

Le Global Energy Review 2025, publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) le 24 mars, dresse un tableau lucide – parfois inquiétant – des grandes tendances énergétiques mondiales1. Entre l’essor spectaculaire des énergies renouvelables, la résilience persistante des énergies fossiles et les dissonances entre les discours politiques et les trajectoires réelles, le rapport éclaire les paradoxes d’un monde en pleine mutation énergétique. Derrière les discours volontaristes sur la neutralité carbone, assiste-t-on réellement à une révolution énergétique ? Ou plutôt à un cercle vicieux, où chaque solution entraîne de nouveaux besoins, toujours plus énergivores ?

 

La demande en électricité toujours plus haute

La demande mondiale en électricité est appelée à augmenter fortement au cours des trois prochaines années, avec des records de croissance à la clé. Cette tendance s’explique principalement par le développement rapide de nombreuses industries, la généralisation des systèmes de climatisation et l’essor fulgurant des centres de données, devenus indispensables à nos sociétés numérisées.

En 2024, la consommation mondiale d’électricité a bondi de 4,3 %, soit environ 3 500 TWh supplémentaires – l’équivalent de la consommation annuelle totale du Japon. Et cette dynamique est loin de ralentir : 85 % de cette hausse provient des pays émergents, avec en tête la Chine, véritable moteur énergétique mondial.

L’industrie chinoise, particulièrement énergivore, est à elle seule responsable de la moitié de l’augmentation de la demande du pays. Certains secteurs pèsent très lourd dans cette dynamique, notamment ceux liés à la transition énergétique : la fabrication de panneaux solaires, de batteries et de véhicules électriques. À eux seuls, ces secteurs consomment autant d’électricité que l’Italie en une année.

Autre pilier de cette croissance, les centres de données se multiplient pour répondre aux besoins croissants en stockage, en calcul et en intelligence artificielle. Leur expansion est fulgurante, et selon les projections, la consommation électrique des data centers en Chine devrait doubler d’ici trois ans2. Ce phénomène est global  car tous les États investissent massivement dans ces infrastructures technologiques, considérées comme stratégiques pour leur souveraineté numérique.

La percée des énergies bas-carbone

Les énergies renouvelables – solaire, éolien et hydraulique – ainsi que le nucléaire poursuivent leur montée en puissance. Enregistrant des records de production, ces sources sont en passe de couvrir jusqu’à 95 % de la croissance de la demande mondiale en électricité sur les trois prochaines années. Si cette trajectoire se confirme, elles pourraient fournir plus d’un tiers de la demande globale, dépassant pour la première fois le charbon.

Le nucléaire connaît lui aussi un net regain, porté par la relance du parc français et l’entrée en service de nouveaux réacteurs en Chine, Inde et Corée du Sud. Ce retour en grâce complète la dynamique du solaire, qui constitue le principal moteur de la transition énergétique. Grâce à une baisse continue des coûts, l’énergie solaire est désormais capable à elle seule de couvrir 50 % de la croissance de la demande en électricité dans le monde.

Mais ce tableau prometteur ne doit pas masquer les tensions qui persistent. Le secteur de l’électricité reste le plus émetteur de CO₂, avec une hausse des émissions de 1 % en 2024, même si le rythme ralentit. L’intermittence des énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne, oblige encore de nombreux pays – surtout émergents – à recourir massivement au gaz naturel, dont la demande a progressé de 2,7 %, pour garantir la continuité de l’approvisionnement.

Autre signal d’alerte, les réseaux électriques sont souvent inadaptés à cette mutation rapide, n’ont pas suivi le rythme de développement des renouvelables. Comme conséquence ; 120 TWh d’électricité verte n’ont pas pu être injectés dans les réseaux en 2024 – un record de pertes pour des énergies censées être à la pointe de la transition.

Le prix de l’électricité en baisse mais une plus grande volatilité

Dans plusieurs régions du monde, notamment dans l’Union européenne, en Inde, au Royaume-Uni ou encore aux États-Unis, le prix de l’électricité a reculé d’environ 20 % en 2024. C’est un changement qui contraste les années précédentes où le prix n’a fait que d’augmenter mais cela reste encore insuffisant pour retrouver les prix des années avant le Covid-19.

À l’inverse, certaines régions du monde ont vu leurs prix de l’électricité continuer à grimper, accentuant les tensions entre les ménages et les entreprises. Face à cette instabilité, les autorités cherchent des leviers pour stabiliser les marchés et adapter les systèmes électriques à des besoins de plus en plus fluctuants. Parmi les solutions envisagées, le stockage de l’énergie s’impose comme un outil stratégique, capable d’absorber les excès de production et de répondre rapidement aux pics de consommation3. Cela amène la question de renforcer la sécurité électrique et le stockage de l’énergie pour combler ce manque en cas d’événements de force majeure. L’interconnexion des réseaux peut également servir à garantir un approvisionnement suffisant en cas de catastrophe naturelle. Mais cela nécessite des investissements dans les réseaux, estimés à 600 milliards USD/an jusqu’à 2030 pour éviter ces blackouts.

Les tendances de la croissance de la demande en électricité n’ont guère changé depuis ces dernières années, la croissance continue toujours d’augmenter année par année du fait de l’évolution même de nos sociétés. De nouveaux défis s’ouvrent désormais avec l’essor des centres de données et des voitures électriques utilisant des batteries. Mais les énergies renouvelables ont une part cruciale dans ce développement et leur part devient de plus en plus grande au sein du mix énergétique mondial.

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