You are currently viewing De l’isolement à l’intégration : que nous enseigne l’interconnexion énergétique des pays baltes ?
Entsoe

« Aujourd’hui est vraiment un jour historique. La synchronisation des réseaux électriques des États baltes avec ceux de l’Europe continentale est une réalisation remarquable qui renforce la sécurité d’approvisionnement de l’ensemble de l’Union. Est-ce un témoignage de ce que nous pouvons accomplir ensemble lorsque nous investissons collectivement dans notre sécurité et notre prospérité communes? Le projet est un exemple clé de la raison pour laquelle nous devons continuer à progresser pour construire une Union de l’énergie plus verte, plus efficace et plus intégrée, une véritable Union de l’énergie».  

C’est par ces mots que Dan Jørgensen, Commissaire à l’énergie et au logement, a salué la synchronisation des trois pays baltes – Lettonie, Estonie et Lituanie – au réseau électrique européen.

Depuis le 9 février 2025, les ménages et les entreprises de ces trois États sont raccordés au système électrique européen, abandonnant ainsi les réseaux russe et biélorusse. 

Leur interconnexion a été réalisée par le biais de liaisons avec les pays voisins, en particulier : Pologne-Lituanie (LitPol Link), Lituanie-Suède (NordBalt) et Estonie-Finlande (Estlink 1 et Estlink 2). Il s’agit d’un projet de longue date, dont la mise en œuvre a été accélérée à la suite de la guerre russo-ukrainienne, permettant son achèvement dix mois plus tôt que prévu.

 

Chronique

À cet effet, plus de 1,23 milliard d’euros ont été alloués sous forme de subventions par le mécanisme européen pour l’interconnexion, ce qui représente 75 % du coût total de l’investissement. Parallèlement, des financements complémentaires issus de la facilité pour la reprise et la résilience ont été mobilisés en Lettonie et en Lituanie afin de consolider les infrastructures électriques [1].

Pour la Commission européenne, l’achèvement de ce projet constituait un véritable défi, qu’elle a suivi de près tout au long de son développement, en apportant un soutien politique, technique et financier. Ce succès est le fruit de plus de quarante projets d’investissement et de mesures destinées à renforcer l’autonomie énergétique ainsi que la sécurité d’approvisionnement de la région.

Un rôle déterminant a également été joué par le European Network of Transmission System Operators for Electricity (ENTSO-E), qui a collaboré étroitement avec les opérateurs des systèmes de transmission continentaux (TSOs).

En juillet 2024, les trois pays baltes ont adressé une notification officielle aux TSOs russes et biélorusses, mettant ainsi un terme à une relation contractuelle de longue date avec les opérateurs de ces deux pays. L’année suivante, leur raccordement au réseau électrique européen est devenu une réalité.

 

Cadre général

Le projet s’inscrit dans le Baltic Energy Market Interconnection Plan (BEMIP) High-Level Group, un ensemble de pays visant à accompagner la transition énergétique et à créer un marché unique de l’énergie dans la région de la mer Baltique.

Cette coopération s’organise à plusieurs niveaux.

 L’un des objectifs principaux est d’augmenter la capacité actuelle de production d’énergie éolienne dans la mer Baltique. Cette zone se distingue par son potentiel pour le développement d’autres infrastructures dédiées à la production, au transport, au stockage et à l’importation d’hydrogène et de biométhane.

L’un des projets hydrogène d’intérêt commun (Hydrogen Projects of Common Interest – PCIs), dont bénéficieront les trois pays et inscrit dans le cadre de la politique énergétique trans-européenne (TEN‑E), est le corridor hydrogène nord‑balte (Nordic-Baltic Hydrogen Corridor) [2]. Ce projet vise à relier les installations de production d’hydrogène en Finlande à l’Allemagne, via l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne.

 

L’impact actuel

La synchronisation devrait renforcer la capacité des États baltes à gérer de manière autonome leurs systèmes électriques, en équilibrant production et consommation, en assurant la disponibilité des réserves de fiabilité et, surtout, en garantissant une sécurité d’approvisionnement accrue pour l’ensemble de l’Union [3].

Ayant abandonné la connexion aux réseaux de la Russie et de la Biélorussie, ces pays assurent une sécurité accrue. Pour les consommateurs, cette transition se traduira par une meilleure qualité du réseau et la perspective de coûts énergétiques plus faibles. Dorénavant, l’objectif d’une intégration complète des États baltes au marché intérieur de l’énergie devient plus réaliste, et le développement des énergies renouvelables prend tout son sens.

 

Pour en savoir plus :

  1. https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_25_436

  2. https://energy.ec.europa.eu/topics/infrastructure/high-level-groups/baltic-energy-market-interconnection-plan_en?prefLang=fr

  3. https://cinea.ec.europa.eu/cef-energy-instrumental-funding-achieve-baltic-synchronisation-continental-european-network_en

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