La pollution plastique ne se limite pas aux déchets visibles sur nos plages. Des microparticules de plastique contaminent l’air, l’eau ou encore notre nourriture et se retrouvent jusque dans les produits de beauté et les jouets pour enfants, formant une menace invisible mais omniprésente. Face à cette prolifération, le recyclage du plastique apparaît comme une solution, mais ses impacts potentiellement néfastes sur la santé méritent d’être examinés.
Pour résoudre partiellement le problème à l’échelle mondiale, nous utilisons le plastique recyclé comme moyen de sauver l’environnement mais le recyclage du plastique n’est pas une solution au problème de la pollution plastique pour plusieurs raisons. Le problème invisible de ce processus reste les microplastiques.
Qu’est-ce que le microplastique et comment affecte-t-il l’environnement et notre santé?
Les microplastiques sont de minuscules particules issues de matières plastiques, dont la taille est inférieure à 5 mm1. Des études récentes ont confirmé que l’utilisation de plastique recyclé peut provoquer des maladies du foie, de la thyroïde, et même de nombreux cancers. Certains plastiques contiennent des substances chimiques toxiques, comme le bisphénol A artificiel (BPA).
Heureusement, en 2024, les États membres de l’Union européenne approuvent l’interdiction du bisphénol A artificiel (BPA), contenu dans le plastique. Depuis 2024, le bisphénol A ne peut plus être utilisé dans ces produits au sein de l’UE. Imaginez le nombre d’emballages plastiques contenant cet élément toxique que nous avons pu acheter depuis tout ce temps.
À ce jour, il existe de nombreuses études publiées sur le contenu des granulés de plastique après le recyclage. Ainsi, on a découvert des pesticides et des biocides, des produits pharmaceutiques, des produits chimiques industriels, des plastifiants, ainsi que d’autres agents tensioactifs24.
Les défis contemporains : le recyclage du plastique « incompatible avec l’économie circulaire »
Le recyclage en tant que tel est une partie incroyablement importante du puzzle dans la lutte contre le réchauffement climatique et la perte de biodiversité. Il peut réduire la demande de matières premières primaires, diminuer les déchets envoyés vers les incinérateurs ou les océans et ouvrir la voie à une économie circulaire mondiale. Qu’est-ce qui rend donc le recyclage du plastique si difficile ?
En effet, seulement 9 % des déchets plastiques annuels sont recyclés. Et même pour cette quantité, il faut surmonter de nombreux problèmes car il existe des milliers de types de plastiques différents, chacun ayant sa propre composition et ses propres caractéristiques. Ces différents additifs chimiques et colorants ne peuvent pas être recyclés ensemble.
La limitation des technologies de recyclage actuelles représente également un obstacle majeur. À ce jour, le recyclage mécanique, qui consiste à broyer les déchets en petits composants réutilisables, reste le seul processus de recyclage du plastique adopté à grande échelle. Cela signifie que le plastique qui ne peut pas être recyclé mécaniquement est probablement incinéré ou mis en décharge.
Un autre inconvénient du recyclage mécanique est la dégradation de la qualité du plastique. Un morceau de plastique ne peut généralement être recyclé qu’une ou deux fois avant de ne plus être réutilisable.
La demande du marché est un autre problème. En raison de la dégradation du matériau inhérent au recyclage du plastique, certaines industries préfèrent utiliser des plastiques primaires bon marché. Ils peuvent coûter moins cher que les matériaux recyclés.
Mais le problème réside dans le fait que le recyclage du plastique peut en réalité conduire à la propagation de microplastiques dans l’environnement.
Il n’existe pas de plastique « propre »
D’autres résultats nous amènent à nous poser la question suivante : peut-on considérer un plastique comme propre ?
Dans une étude de l’Université de Göteborg3, des scientifiques ont analysé des centaines de granulés de plastique provenant d’usines de recyclage de plastique en Afrique, en Amérique du Sud, en Asie et en Europe de l’Est. Parmi les composés découverts, on trouve des pesticides, des médicaments, des produits chimiques industriels ou encore des additifs plastiques.
Des produits chimiques toxiques sont présents dans la production de tous les types de plastique, lequel absorbe d’autres produits chimiques pendant son utilisation. Cela signifie qu’aucun plastique ne peut être considéré comme vraiment propre, même dans des systèmes fermés de recyclage du plastique.
Mais si ce n’est pas le recyclage, alors que faire ?
C’est très simple, il faut commencer par soi-même et réduire la quantité de plastique ou tout simplement s’en passer.
Voici quelques moyens simples de réduire l’utilisation de plastique : renoncer aux gobelets en plastique, remplacer les sacs en plastique par des sacs en tissu écologiques, trouver une alternative aux bouteilles d’eau en plastique (remplacer les bouteilles, les contenants en plastique, etc. par des équivalents en verre ou en métal), prendre l’habitude de ne pas acheter de produits emballés dans du plastique.
Les alternatives d’aujourd’hui – le bioplastique
Les scientifiques ont fait une avancée décisive dans la lutte contre la pollution plastique grâce à un bioplastique innovant. Ce matériau, qui se dégrade plus rapidement que le papier dans l’eau de mer, promet de révolutionner la façon dont nous concevons et consommons les produits en plastique.
Les dernières avancées dans ce domaine proviennent de l’Institut océanographique de Woods Hole (WHOI). Cette organisation de recherche, basée dans le Massachusetts, a développé un bioplastique innovant à base d’acétate de cellulose, un composé obtenu à partir de sève de bois. Contrairement aux plastiques traditionnels, ce matériau se dissout rapidement dans l’eau de mer, imitant le comportement du papier.
L’équipe de l’WHOI a développé un bioplastique similaire au polystyrène, qui se dégrade plus rapidement que le carton. Ce matériau léger et adaptable peut remplacer le plastique, limitant ainsi la pollution marine. L’introduction de ce bioplastique révolutionnaire pourrait changer notre relation avec le plastique en offrant une solution prometteuse au problème de la pollution des océans, bien que des questions subsistent sur sa capacité à remplacer le plastique à grande échelle4 .
Pour en savoir plus :
- [1] – https://www.sciencedirect.com/topics/agricultural-and-biological-sciences/microplastic-pollution/
Étudiante en M2 Droit et gestion des énergies et du développement durable
