Alors que la population mahoraise vient de commencer à désencombrer les dégâts suite au cyclone Chido du 14 décembre dernier, l’île a dû faire face à une nouvelle tempête Dikeledi le 13 janvier. D’importantes inondations ont aggravé les dégâts engendrés, qu’ils soient sanitaires, humains ou environnementaux : la situation post-cyclone est à envisager.
Un mois après le passage du cyclone
Le département et région d’outre-mer (DROM) de Mayotte est à nouveau confronté à une saison de pluies éprouvante. Sa situation géographique, combinée à une urbanisation précaire, rend l’île particulièrement vulnérable aux phénomènes climatiques extrêmes tels que les cyclones, les inondations et l’érosion côtière. Les premières victimes des effets du changement climatique sont les populations vulnérables, où beaucoup vivent dans des bidonvilles en tôles.
La dépollution et la gestion des déchets après un cyclone constituent des priorités urgentes. En effet, le manque d’eau potable est alarmant et les mesures prises restent insuffisantes – néanmoins un dispositif de traitement de l’eau devrait bientôt être opérationnel et produire 250 m3 d’eau quotidiennement –.
L’accumulation des dégâts
Si l’île est habituée à subir de fortes précipitations lors de la saison des pluies, les arbres détruits par le cyclone n’ont pas permis à la terre d’absorber les dizaines de millimètres d’eau tombés suite à la deuxième tempête.
L’urgence sanitaire qu’est de nettoyer les déchets, faute de ramassage d’ordures, est à prendre en considération. La population et la tempête laissent souvent derrière elles des volumes importants de débris, de déchets plastiques et de matériaux dangereux qui menacent l’environnement et la santé publique.
Quelles solutions ?
Il est évident qu’une meilleure préparation pour protéger les populations et les infrastructures de ce DROM pour l’avenir est à envisager. Les spécificités de ce territoire insulaire, où les impacts climatiques s’aggravent chaque année, doivent être prises en compte dans la reconstruction des bâtiments – et surtout pour les populations précaires –.
D’un point de vue juridique, les plans de prévention des risques naturels (PPRN), qui visent à limiter l’exposition des populations aux dangers, ne reflètent pas toujours la réalité du terrain qu’est Mayotte. Les financements nationaux pour la prévention et la réparation des dégâts sont souvent trop insuffisants pour couvrir l’ensemble des besoins après un tel désastre climatique. Il est donc essentiel de renforcer les outils juridiques existants en tenant compte des caractéristiques locales et des défis spécifiques liés au changement climatique. Peut-être que la création d’un statut particulier pour les DROM fortement exposés au changement climatique pourrait offrir des solutions adéquates. Par exemple, en incluant des incitations fiscales pour favoriser la construction d’habitations énergétiquement et climatiquement viables pour tous.
Et maintenant ?
Pour sauver l’environnement de l’île, le président du Sidevam (Syndicat Intercommunal d’Élimination et de Valorisation des Déchets de Mayotte) appelle à l’aide de l’État, du Conseil départemental, des communes, des intercommunalités, des habitants mais également des entreprises privées pour faciliter la collecte des déchets.
Dans un avenir proche, une solution serait d’encourager l’économie circulaire en favorisant, par exemple, le recyclage des matériaux locaux. Cela pourrait limiter l’impact environnemental de l’urbanisation et des activités humaines.
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