You are currently viewing L’impact du conflit russo-ukrainien sur un possible retour du gaz de schiste français

Alors que la production de gaz de schiste est interdite ou restreinte dans la plupart des pays européens en raison de ses impacts environnementaux, le conflit russo-ukrainien ravive l’intérêt pour ce gaz dit non conventionnel, offrant aux États-Unis l’occasion de s’imposer parmi les principaux exportateurs.

 

Un danger pour l’environnement 

En France, la loi du 13 juillet 2011 visant à interdire l’exploration et l’exploitation des mines hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique a mis fin à l’exploitation du gaz de schiste. 

En effet, celui-ci, principalement composé de méthane, est emprisonné dans des roches argileuses enfouies en profondeur. Son extraction repose sur la technique de la fracturation hydraulique. Cette dernière consiste à fracturer les roches appelées « schistes sédimentaires argileux » en injectant un mélange d’eau, de sable et de substances chimiques sous haute pression, après avoir réalisé des forages à la verticale puis à l’horizontale.

Cette procédure présente des dangers environnementaux importants. 

Selon l’Agence de protection de l’environnement américaine, la fracturation hydraulique comporte un risque de pollution des eaux, notamment de la nappe phréatique et des sols. Ce problème se répercute également sur les réseaux d’eau potable, ayant une incidence sur la santé des personnes vivant aux alentours. 

Aussi, la fracturation hydraulique pour la recherche de gaz de schiste est émettrice de méthane dans l’atmosphère, lequel est 28 fois plus réchauffant que le CO2. 

 

L’impact de la guerre en Ukraine

Depuis le début de la guerre, qui a participé à la crise énergétique en Europe, les pays européens ont cherché à réduire leur dépendance au gaz russe. Alors qu’en 2021, plus de 40 % de leur approvisionnement en gaz provenait de la Russie, cette part a considérablement chuté jusqu’à la  fin de l’année 2024. Ce début d’année 2025, marque un tournant important en la matière avec l’arrêt du transit du gaz russe via le gazoduc traversant l’Ukraine. Malgré un système de stockage européen que l’on espère efficace, certains États membres sont impactés par cette décision. 

L’alternative trouvée à été, depuis le début du conflit, d’importer davantage de gaz américain. Cependant, selon l’Agence internationale de l’énergie, environ 79 % du gaz naturel liquéfié (GNL) exporté par les États-Unis provient de la transformation du gaz de schiste. 

 

Un retour du gaz de schiste français? 

La France est le premier importateur européen de GNL. Aujourd’hui, les tensions géopolitiques ont un impact sur l’importation du gaz et cela risque de remettre certaines décisions en cause. D’autant plus que la position de la France est critiquée par certains spécialistes car elle interdit le forage sur son territoire mais contribue à la fracturation hydraulique en important le GNL. 

Certaines entreprises de l’énergie, défenderesses du gaz de schiste, aimeraient un retour des forages, ce qui permettrait, selon eux, de produire du gaz français plutôt qu’une dépendance aux importations.

D’autres entreprises sont déjà en quête de nouvelles techniques d’extraction qui permettraient un retour du gaz de schiste mais de façon plus respectueuse de l’environnement. 

Cette hypothèse reste tout de même compromise par l’urgence climatique et par les accords conclus concernant la sortie de la dépendance aux énergies fossiles de la COP 28 de Dubaï. 

 

Sources: 

Gaz de schiste- encyclopédie de l’énergie 

Infographie: D’où provient le gaz de l’UE?

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.