Aujourd’hui le pétrole, le gaz et le charbon dominent largement le système énergétique mondial. Selon l’Agence internationale de l’énergie, ces énergies représentent environ 80% de la demande mondiale d’énergie en 2025.
Dans ce contexte, envisager une société sans énergies fossiles pose une question centrale : s’agit-il d’un objectif réaliste ou d’une ambition difficilement atteignable ?
Une dépendance mondiale toujours forte aux énergies fossiles
Les énergies fossiles restent essentielles dans de nombreux secteurs. Le pétrole domine les transports, le gaz est largement utilisé pour le chauffage et l’industrie, tandis que le charbon joue encore un rôle majeur dans la production d’électricité dans plusieurs pays.
La crise énergétique mondiale de 2022, liée notamment à la guerre en Ukraine a mis en évidence cette dépendance. En Allemagne par exemple, le gouvernement a dû relancer des centrales à charbon mises en réserve pour compenser la baisse des importations de gaz russe. Aujourd’hui, les tensions liées à la guerre au Moyen-Orient permettent également de constater la persistance de cette vulnérabilité énergétique à l’échelle mondiale.
L’agence internationale de l’énergie souligne dans un rapport de 2023 que la demande mondiale d’énergie continuera d’augmenter, portée notamment par les pays émergents.
Cette réalité montre que sortir totalement des énergies fossiles ne dépend pas seulement de la technologie, mais aussi des dynamiques économiques et démographiques.
Une transition énergétique en progression
Malgré ces difficultés, de nombreux pays investissent massivement dans les énergies renouvelables et les technologies bas carbone. Cependant, ces solutions ne suffisent pas encore à couvrir tous les besoins énergétiques, notamment dans l’industrie ou les transports lourds.
La situation allemande illustre bien ce paradoxe, un pays très avancé dans les énergies renouvelables peut malgré tout augmenter temporairement sa consommation de charbon en cas de crise.
Malgré cette dépendance, des transformations importantes sont en cours. Les énergies renouvelables connaissent une croissance rapide, elles représentent environ 34 % de la production mondiale d’électricité en 2025. La septième édition de la revue mondiale de l’électricité publiée par le think tank Ember souligne que pour la première fois en cent ans, la part de l’électricité mondiale produite à partir d’énergies renouvelables a dépassé celle produite à partir du charbon.
Selon les scénarios de l’IEA, la part des énergies fossiles devrait diminuer dans les prochaines décennies, avec un pic de leur consommation attendu autour de 2030 . Des technologies clés comme le solaire, l’éolien, les véhicules électriques ou encore les pompes à chaleur jouent un rôle central dans cette évolution.
Ces éléments montrent que la sortie des énergies fossiles est techniquement envisageable, à condition d’accélérer les investissements et les politiques publiques.
Des limites et des obstacles importants
Les décisions politiques récentes illustrent aussi les tensions autour de la transition énergétique. Par exemple, le gouvernement américain a obtenu l’abandon en 2026 de deux projets éoliens.
Cependant, plusieurs obstacles remettent en question la faisabilité d’un abandon total à court terme. D’abord, les énergies renouvelables sont intermittentes : le soleil et le vent ne sont pas disponibles en permanence, ce qui pose des problèmes de stockage et de stabilité des réseaux.
Ensuite, certains secteurs restent difficiles à décarboner comme l’aviation et le transport maritime. L’IEA souligne par ailleurs que sans politiques plus ambitieuses, la transition actuelle reste insuffisante pour atteindre les objectifs climatiques internationaux
Les inégalités entre pays compliquent la transition, de nombreuses économies dépendent encore fortement des revenus liés aux énergies fossiles, ou manquent des moyens financiers pour investir massivement dans des alternatives.
Par ailleurs, la transition énergétique aura forcément un impact sur l’emploi. Certains emplois vont disparaître, mais d’autres vont être créés dans de nouveaux secteurs. Cela crée deux points de vue différents. D’un côté, il y a la volonté de protéger les générations futures et de lutter contre le réchauffement climatique. De l’autre, il y a la peur des conséquences économiques à court terme, notamment la perte d’emplois et les difficultés pour certaines entreprises. Cette tension contribue à diviser la société quant à la vitesse et aux modalités de l’abandon des énergies fossiles.
Vivre sans énergies fossiles ne repose pas uniquement sur des solutions technologiques. Cela implique également des changements profonds dans les modes de vie tels que la réduction de la consommation d’énergie, l’amélioration de l’efficacité énergétique et la transformation des systèmes de transport.
Ainsi, la question n’est pas seulement de remplacer une source d’énergie par une autre, mais de repenser l’ensemble du modèle énergétique et économique.
Source :
https://www.iea.org/reports/world-energy-outlook-2024/pathways-for-the-energy-mix
https://news.un.org/fr/story/2026/04/1158650
https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/04/28/aux-etats-unis-deux-projets-eoliens-offshore-impliquant-engie-stoppes-par-l-administration-trump_6683720_3244.html
