You are currently viewing La Justice, soutien à la science face à un climatoscepticisme dangereux pour la santé humaine aux États-Unis

Que penserait l’illustre Léonard de Vinci des observations négationnistes réalisées par les climatosceptiques quant aux effets du réchauffement climatiques sur l’environnement et la vie humaine ? L’artiste et ingénieure, dont la sagace approche empirique en a fait une des figures de proue de la  « Renaissance » culturelle, artistique et scientifique du XVe siècle, ainsi que le père du biomimétisme, serait probablement offusqué par le manque de sincérité relevant des analyses de cette engeance. 

De « la montée du niveau de la mer ne s’accélère pas » à « une plus grande concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère sera bénéfique à la croissance des plantes », en passant par « les modèles informatiques utilisés pour prédire le réchauffement climatique ont tendance à exagérer les hausses de température futures », voici quelque scabreux arguments avancés par ces derniers dans leur tentative de mythifier les répercussions du réchauffement climatique.

Pour eux, l’objectif derrière la propagation de telles idées est simple : enjoliver la réalité du problème climatique afin de continuer à percevoir les énormes profits dégagés par les industries fossiles. 

Aussi, l’Éden des partisans du climatoscepticisme se trouve actuellement être les États-Unis de Donald Trump, dont le désamour pour les contraintes législatives liées à la protection de l’environnement, est un secret de Polichinelle.  

Fort heureusement, les efforts considérables déployés par l’Administration Trump pour « détricoter » ces législations protectrices du droit américain ont récemment attiré l’opprobre des scientifiques dans un premier temps, avant de subir un second revers juridique.

Effectivement, vendredi 30 janvier, un juge fédéral, le Juge Young, a statué que le Ministère de l’Énergie avait dépassé ses prérogatives lorsque que le secrétaire Chris Wright a personnellement sélectionné, sinon stipendier, cinq chercheurs pour travailler, dans le plus grand secret, sur un rapport gouvernemental complet sur le réchauffement climatique

Des milliers de pages de courriels et de documents internes, rendus publics sur ordre du juge, ont révélé que le groupe s’était efforcé de dissimuler son existence et s’était réuni secrètement plus d’une douzaine de fois. 

Minimisant les dangers du réchauffement et affirmant que la vision scientifique dominante du changement climatique est trop alarmiste et néglige les effets positifs d’un réchauffement planétaire, le rapport a ensuite été publié fin juillet 2025 par le Ministère qui n’aurait cependant pas  tenu de réunions publiques ni rendu les documents accessibles au public. 

Lee Zeldin, administrateur de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), s’est ensuite appuyé sur ce rapport pour justifier un projet d’abrogation de « l’Endangerment finding », une étude scientifique majeure, datant de 2009, selon laquelle les gaz à effet de serre constituent une menace pour la santé publique. Plus concrètement, l’étude, fondait le pouvoir légal de l’Agence de limiter les émissions de gaz à effet de serre provenant des voitures, des centrales électriques et d’autres sources industrielles de pollution.

Dans la foulée de la publication du rapport, une centaine de scientifiques, dont des chercheurs de l’American Meteorological Society, une organisation de référence en matière de climatologie, ont dénoncé les conclusions du groupe dans un contre-rapport, le « Climate Experts’ Review of the DOE Climate Working Group Report », les jugeant truffées d’erreurs et d’inexactitudes. Ils avancent que ce rapport de 151 pages présentait une version déformée ou sélective d’un grand nombre de recherches sur le réchauffement climatique. Le contre-rapport démontre à quel point le président Trump utilise son second mandat pour mener une lutte acharnée contre la recherche sur le changement climatique, un objectif de longue date de certains groupes conservateurs et des entreprises du secteur des énergies fossiles.

 

Par exemple, le rapport suggère que l’activité solaire pourrait être un facteur de réchauffement « sous-estimé », citant une étude récente qui a fait l’objet de vives critiques. À l’inverse, un rapport de 2021 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, élaboré par des centaines de scientifiques, a conclu que l’activité humaine est responsable de la quasi-totalité du réchauffement climatique observé à ce jour, tandis que les facteurs naturels comme les taches solaires n’y contribuent que très peu. Le rapport du Département de l’Énergie souligne à plusieurs reprises les effets positifs du dioxyde de carbone, affirmant que « l’augmentation des niveaux de CO2 est bénéfique aux plantes, notamment aux cultures agricoles ». Le rapport ne mentionne pas les recherches récentes qui ont démontré que la hausse des températures mondiales peut avoir un impact négatif sur les rendements des cultures de base comme le riz, le soja et le blé.

Les auteurs du rapport « ont raison de dire que les cultures absorbent le CO2, tout comme nous absorbons l’oxygène », a déclaré Andrew Hultgren, professeur adjoint d’économie agricole et de la consommation à l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign. Mais l’exposition à une chaleur extrême réduit la capacité des plantes comme le maïs, le blé et d’autres cultures de base à produire des aliments, a-t-il ajouté, « et c’est là qu’ils se trompent ».

S’en est alors suivie une action en Justice à l’initiative conjointe de Erin Murphy, avocate principale du Fonds de défense de l’environnement (Environmental Defense Fund) ainsi que de l’Union des scientifiques concernés (Union of Concerned Scientists), avec l’ambition de contrer les efforts de l’Administration Trump visant à supprimer la réglementation climatique. 

Une loi fédérale de 1972 sur les comités consultatifs a joué un rôle majeur dans cette affaire. Interdisant aux agences de recruter ou de s’appuyer sur des groupes secrets à des fins d’élaboration de politiques, la loi a permis au juge William Young, du tribunal de district des États-Unis pour le district du Massachusetts, de déclaré que le Ministère de l’Énergie n’avait pas nié avoir omis de tenir des réunions publiques ni de réunir un panel représentatif de points de vue, comme l’exige la loi, lors de la création de ce groupe, connu sous le nom de Groupe de travail sur le climat. Il a également précisé que le groupe de travail sur le climat était en réalité un comité consultatif fédéral chargé d’éclairer les politiques publiques, et non, comme l’affirmait le Ministère de l’Énergie, un simple organisme « réuni pour échanger des faits ou des informations ».

La plainte visait à la fois le ministère de l’Énergie et l’Agence de protection de l’environnement (EPA) mais le juge Young a écrit vendredi qu’il n’avait trouvé « aucune preuve convaincante » que l’EPA ait enfreint la loi relative aux comités consultatifs.

L’agence a dissous le groupe de travail sur le climat peu après le dépôt de la plainte, arguant que cette dissolution rendait caduque toute préoccupation juridique mais le tribunal a rejeté cet argument.

Les cinq scientifiques réunis par le Département de l’Énergie se défendent en rappelant que leurs travaux ont débuté début avril 2025 et ont été terminés avant la date limite du 28 mai. « Le délai très court et la technicité du sujet ne nous ont pas permis d’examiner tous les thèmes de manière exhaustive », ont écrit les auteurs. 

 

Source : 

-Endangerment Finding : 

https://www.epa.gov/sites/default/files/2021-05/documents/federal_register-epa-hq-oar-2009-0171-dec.15-09.pdf

-Reconsideration of 2009 Endangerment Finding and Greenhouse Gas Vehicle Standards

https://www.federalregister.gov/documents/2025/08/01/2025-14572/reconsideration-of-2009-endangerment-finding-and-greenhouse-gas-vehicle-standards

A Critical Review of Impacts of GreenhouseGas Emissions on the U.S. Climate

https://www.energy.gov/sites/default/files/2025-07/DOE_Critical_Review_of_Impacts_of_GHG_Emissions_on_the_US_Climate_July_2025.pdf

Climate Experts’ Review of the DOE Climate Working Group Report

https://essopenarchive.org/users/260056/articles/1330312-climate-experts-review-of-the-doe-climate-working-group-report?commit=f2b7646f3573ccc4bd74fcc2e9a1111dfbf078c2



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