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You are currently viewing Les défis techniques et industriels associés à l’éolien flottant

L’éolien flottant est une technologie récente. De nombreuses nouvelles technologies sont utilisées dans le cadre de la construction d’une éolienne, ce qui amène à relever plusieurs défis techniques et industriels.

Les défis techniques : 

Un des défis techniques concerne la confection du flotteur et des ancrages puisqu‘ils doivent pouvoir supporter le poids et la hauteur de l‘éolienne pour en assurer sa stabilité. Un bon ancrage permet d‘éviter au flotteur de ne pas être en mouvement et de garantir une bonne tenue des matériaux. Un manque de stabilité peut conduire à endommager de manière précoce la structure. 

Les éoliennes flottantes ont également plus de risques de s‘user facilement en raison des vents forts et du mouvement des vagues. Le flotteur doit répondre à un équilibre entre efficacité technique (stabilité suffisante pour garantir les performances de la turbine) et équilibre économique (coût de fabrication, d’installation, capacité d’industrialisation).

Ainsi, la stabilité est un facteur indispensable pour assurer la résistance de l‘éolienne sur le long terme ainsi que son bon fonctionnement.

Les défis industriels :

Concernant les défis industriels, les fabricants de turbine doivent prendre en compte les contraintes de poids, les interactions entre leurs machines et les flotteurs, ainsi que les mouvements des flotteurs.

Les défis industriels sont importants, car il existe peu d’éoliennes flottantes en service à ce jour. Une autre contrainte pour les fabricants est le fait qu’ils reçoivent des sollicitations différentes en fonction du site sur lequel les éoliennes vont être implantées, ils doivent donc livrer des turbines différentes en fonction de l’intensité des vents sur le site des éoliennes notamment.

Un autre défi concerne les aménagements portuaires. En effet, ils imposent des choix difficiles à prendre pour les gestionnaires. Ils doivent engager des investissements importants pour pouvoir étendre les zones d’activités dans lesquelles le parc éolien va se situer, ils doivent également renforcer les quais et construire des hangars.

De plus, la nature des aménagements représente également un défi. En effet, le choix du flotteur retenu est primordial. Or, il existe des zones d’ombres sur les modèles les plus performants et les plus compétitifs.

Enfin, le dernier enjeu concerne les investissements. Les investissements essentiels dans les infrastructures demeurent un aspect crucial sans réponse à ce jour. BearingPoint point a estimé que, en France, environ 100 millions d’euros seront nécessaires pour permettre aux ports tels que Marseille et Nantes d’accueillir les activités industrielles liées à l’éolien flottant. Ces investissements incluront la construction de cales sèches adaptées aux flotteurs, le renforcement des quais pour la construction et l’assemblage, la création de rampes de mise à l’eau, et éventuellement, des barges submersibles pour les solutions béton.

La France a soutenu l’industrialisation de la filière avec différents appels à projets lancés dans le cadre de France 2030. Le premier appel à projet Aide à l’investissement de l’offre industrielle des énergies renouvelables vise à soutenir les investissements industriels permettant la diffusion des technologies innovantes au service des ENR, l’augmentation des productions industrielles essentielles. Il couvre l’ensemble des ENR et donc l’éolien flottant.

Le second appel à manifestation d’Intérêts à destination des ports, est destiné à faire émerger des projets de plateforme portuaire souhaitant adapter leurs infrastructures pour accueillir les industriels de l’éolien flottant. Un autre appel à manifestation est à destination des industriels, il vise à identifier et accompagner les projets d’implantations d’usines de production de composants et de chantiers d’assemblage de flotteurs.

Le dernier appel est un appel à manifestations d’intérêts sur la formation. Cet appel permettra d’établir un diagnostic et de proposer des offres de formation pour répondre aux besoins de la filière de l’éolien flottant.

L’industrialisation des procédés représente également un défi critique. La capacité à installer les éoliennes flottantes à un rythme industriel est essentielle pour la faisabilité technico-économique. Actuellement, l’installation complète d’une éolienne flottante prend entre 10 et 15 jours, sous des conditions “idéales”, excluant le raccordement au réseau terrestre. Les fenêtres météos propices à l’installation sont étroites et variables, nécessitant une maîtrise minutieuse des délais de construction, d’assemblage, de transport, d’installation et de raccordement. Il est impératif de gérer efficacement la mobilisation des ressources, notamment les moyens nautiques, qui sont déjà rares sur le marché mondial.

Sources :

https://www.bearingpoint.com/fr-fr/publications- evenements/blogs/energie/eolien-offshore-la-revolution-du-flottant-45- les-enjeux-industriels/

https://www.ifri.org/sites/default/files/atoms/files/cruciani_eolien_flottan t_2019.pdf

https://www.edf.fr/groupe-edf/inventer-lavenir-de-lenergie/rd-un- savoir-faire-mondial/les-pepites-de-la-rd/leolien-offshore/eolien- offshore-contexte-et-ambition

https://ifmmediterranee.files.wordpress.com/2016/11/leolien-offshore- flottant-par-guillaume-bracq.pdf

 

A propos de Romane Girard