You are currently viewing Le projet d’aménagement de la gare de Strasbourg, engagé pour les mobilités douces

Le projet d’aménagement de la gare de Strasbourg et de ses environs s’inscrit dans une politique d’urbanisme engagée pour les mobilités douces.

Au cours de l’histoire, les espaces publics ont évolué en fonction des orientations politiques, tant au niveau national qu’européen, et des valeurs morales de la société.

On peut retenir des politiques telles que la zéro artificialisation nette, ou le verdissement des espaces publics.

Histoire de la gare et évolutions

La gare de Strasbourg, construite en 1878, a connu de nombreuses transformations au fil des années. Initialement entourée de verdure, son aspect a été irrémédiablement changé en raison de la révolution des moyens de transport. L’avènement de l’automobile a entraîné la disparition des espaces naturels au profit d’une place bétonnée, pour répondre aux besoins en espace.

En 1974, un grand projet commercial et urbain a réaménagé tout le quartier et a fait apparaitre la fameuse « bulle de verre » sur la face de la gare, pour en augmenter la surface et connecter les trams A et D aux trains. Cette transformation reflète une époque privilégiant les transports en commun, en réduisant la présence automobile urbaine.

Le cas de la gare de Strasbourg et de son parvis n’est qu’un exemple de ces changements.

La présentation du projet

Le projet a été initié sous l’administration de la maire écologiste Jeanne Barseghian, dans le prolongement de sa politique de végétalisation urbaine et de la mise en place d’une zone à faibles émissions.

Le REME (Réseau Express Métropolitain Européenne) a été mis en place pour promouvoir la mobilité d’aujourd’hui et trouver des alternatives à l’utilisation de la voiture individuelle. Cet accord entre l’Eurométropole de Strasbourg et la Région Grand-Est a permis de créer un schéma directeur des mobilités qui privilégie les transports en commun. Il permet de prendre en compte le bassin de vie de la ville mais aussi de la région, en prenant en compte les déplacements maison-travail, notamment.

L’objectif premier de ce projet est de renforcer le caractère multimodal de cette gare, et faciliter la rencontre entre trains, bus, voitures, vélos et piétons.

Ainsi, la gare va se revêtir d’un grand parking de 800 places à l’arrière de la gare, avec un accès par une passerelle pour traverser les voies de train. Le parking courte durée sur le parvis de la gare va alors être remplacé par un parking à vélo. En effet, il faut noter que Strasbourg est la ville avec le premier réseau vélo de France. Ce changement permet de prendre en compte cette spécificité et de l’augmentation du nombre de vélos.

Pour confirmer l’écartement des voitures, il ne sera plus possible de circuler en voiture sur le devant de la gare. D’après des statistiques, seulement 10% des usagers de la gare viennent en voiture, dont 4% qui s’y garent.

De même, le parvis permettra une meilleure circulation pour les piétons, notamment ceux avec des valises. Il s’agit d’un véritable enjeu d’accessibilité.

Une nouvelle ligne de tram va aussi faire son apparition.

La maire a déclaré qu’il ne s’agit pas que « d’aménager des flux de circulation […]. L’idée est aussi de repenser la ville et d’améliorer le cadre de vie, qu’il s’agisse de la qualité de l’air ou de la sécurisation des déplacements ». On retrouve conjointement une envie de changer l’espace public mais aussi de revégétaliser dans une optique environnementale.

 

Évolution du projet

Le projet est en étude jusqu’en 2024. L’enquête publique, élément nécessaire préalable pour tout projet susceptible de porter atteinte à l’environnement, est prévue entre mai et septembre 2024. Elle sera suivie par la déclaration d’utilité publique en octobre. Cela amènerait le début des travaux pour fin 2027.

Sources :

A propos de Charlen Chapotot