Les smart grids : un pilier essentiel de la future Union de l’Energie

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Après avoir dévoilé les grandes lignes de sa stratégie pour une Union de l’Énergie le 25 février 2015, la Commission européenne affine depuis sa vision. Tel fût le cas à la 4ème conférence InnoGrid2020+ de R&D sur les smart grids (31 mars – 1er avril) en montrant le rôle central que ces derniers vont être amenés à jouer dans les prochaines années.

Source : http://ses.jrc.ec.europa.eu/sites/ses/files/images/static/2012smartgrids.png

Source : http://ses.jrc.ec.europa.eu/sites/ses/files/images/static/2012smartgrids.png

Aujourd’hui, 25% de l’électricité consommée en Europe provient des énergies renouvelables (EnR). Cette part pourrait même s’élever à 50% en 2030. Cette montée en puissance exige toutefois une révolution dans l’organisation des réseaux électriques européens. En l’occurrence, il s’agit du déploiement des smart grids ou réseaux intelligents au sein de l’Union de l’Énergie. Selon une définition proposée par la Commission européenne, un réseau intelligent est « un réseau d’énergie avancé, auquel ont été ajoutés un système de communication numérique bidirectionnelle entre le fournisseur et le consommateur, un système intelligent de mesure et des systèmes de suivi et de contrôle »[1]. En d’autres termes, les réseaux électriques intègrent des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le but de prendre en compte les actions de ses acteurs, c’est-à-dire tant les producteurs d’électricité que les consommateurs ; tout en ayant à l’esprit que, désormais, les deux bouts de la chaine peuvent être occupés par la même personne.

Miguel Arias Cañete, le commissaire européen en charge de l’énergie et du climat, a pointé un certain nombre de difficultés technologiques, de régulation, d’organisation ou encore financières à ce déploiement. Mais celles-ci pourront être soulevées :

  • En mettant en œuvre les politiques « intelligentes » qui favoriseront la flexibilité des réseaux. Dans ce but, la Commission proposera une nouvelle organisation du marché de l’électricité prenant en compte notamment les services d’efficacité énergétique, l’autoproduction, les synergies entre les réseaux d’électricité, de gaz et de chaleur. Au niveau régional, l’interconnexion des réseaux électriques entre les Etats membres devra être améliorée (10% des capacités du réseau en 2020 et 15% en 2030). Les gestionnaires de réseau de transport (TSO) et de distribution (DSO) devront mieux travailler ensemble – une plateforme commune sera lancée par la Commission dans cet objectif.
  • En innovant pour apporter les nouvelles technologies qui faciliteront la transition de réseaux centralisés et unidirectionnels vers des réseaux décentralisés et flexibles. Les compteurs intelligents seront une pierre essentielle du nouvel édifice. Leur interopérabilité à l’échelle européenne devra être assurée. La question de la sécurité des données personnelles dans les réseaux et les compteurs intelligents ne sera pas « négociable » afin de garantir la confiance des consommateurs dans le nouveau système. Sur ce point, la Commission continuera de travailler au sein de la Smart Grids Task Force[2]. L’innovation passe aussi par tous les appareils intelligents qui équipent désormais les ménages. Il s’agit de voir comment ceux-ci pourront contribuer à la flexibilité des réseaux, notamment par leur capacité à répondre à des informations venant de ces derniers. Dans ce but, la Commission proposera une mise à jour du plan SET (Plan Stratégique pour les Technologies Energétiques)[3].
  • En mettant en place les programmes de financement nécessaires. L’Europe a besoin d’un investissement de 400 milliards d’ici 2020 pour moderniser les réseaux de transport et de distribution de l’électricité. Des fonds sont déjà disponibles au sein d’Horizon 2020, des Fonds structurels. Le Plan d’Investissement de 315 milliards annoncé fin 2014 par la Commission devrait donner l’impulsion nécessaire.

Pour M. Maroš Šefčovič, le vice-Président de la Commission en charge de l’Union de l’Énergie, la crise financière a entrainé un retard d’investissement de 6 ans dans les réseaux électriques. Le Plan d’Investissement doit rattraper la situation car « les smart grids sont le nouveau cerveau du système » en indiquant où il y a un besoin d’énergie et où il y a un potentiel d’économie d’énergie. Selon le commissaire, ces nouveaux réseaux électriques pourraient apporter à l’Europe les mêmes avantages que les gaz de schiste pour les États-Unis : indépendance énergétique, diminution du coût de l’énergie, avantage compétitif pour les industries intensives en énergie.

 

Sources :

 

[1] Recommandation de la Commission du 9 mars 2012 relative à la préparation de l’introduction des systèmes intelligents de mesure (2012/148/UE)

[2] http://ec.europa.eu/energy/en/topics/markets-and-consumers/smart-grids-and-meters/smart-grids-task-force

[3] http://ec.europa.eu/energy/en/topics/technology-and-innovation/strategic-energy-technology-plan

 

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