Une expérimentation prometteuse : des micro-organismes mangeurs de CO2

Par Isabelle BENARD

RWE, 2ème producteur d’électricité en Allemagne, ainsi que l’entreprise de biotechnologies Brain AG ont présenté, le 11 janvier dernier, une expérimentation qui vise à faire dévorer par des micro-organismes le CO2 contenu dans les fumées des centrales à charbon de RWE à Niederaussem en Rhénanie du Nord-Westphalie.

Commencé il y a 2 ans, le projet de recherche porte sur la culture de microorganismes, les procédés et moyens de synthèse de transformation du CO2 pour produire de nouvelles ressources valorisables.

3000 micro-organismes ont été testés, au final la sélection se porte sur 29 dont les caractéristiques génétiques sont particulières : à une température de 60°C, ils sont capables de croitre avec le CO2 issu des fumées industrielles et surtout de le valoriser. En effet ils vont digérer le CO2 et le transformer en une biomasse qui pourra être réutilisée de plusieurs manières.

Sèche, cette biomasse peut servir comme matériau isolant dans le secteur du bâtiment, elle peut également être utilisée pour la production de biomatériaux, être transformée en produits chimiques intermédiaires ou raffinés, ou encore en bioplastiques.
Cette expérimentation prometteuse a toutes les chances de plaire aux écologistes qui s’opposent au développement des technologies CSC (Captage et Stockage du Carbone) : ces technologies qui visent à capter une partie des 3,5 milliards de tonnes de carbone non absorbées par les puits de carbones naturels que sont l’océan, les végétaux et les sols.

Ces opposants jugent en effet le concept de stockage dangereux en raison des risques de fuites, ils dénoncent également la finalité même des procédés CSG : une solution «temporaire» de captage du CO2 dans différents sites tels les veines de charbon inexploitées, les sources abandonnées de pétrole et de gaz et enfin les aquifères salins ; sans oublier le surplus d’énergie nécessaire et le coût de transport vers les sites d’enfouissement.

RWE et Brain AG souhaitent créer «une alliance pour l’innovation» et ouvrir le programme à 21 partenaires : PME, centre de recherche et laboratoires universitaires, afin de travailler sur l’efficacité des procédés de récupération et de transformation du CO2.

L’objectif de cette collaboration est d’élargir les recherches sur de nouvelles sources d’émissions CO2 comme les déchets, les stations d’épuration, ou encore les raffineries.

Deux millions d’euros ont déjà été investis dans ce projet par les deux entreprises initiatrices, son coût de développement total pourrait atteindre plusieurs dizaines de millions d’euros.

La commercialisation de cette nouvelle technologie est prévue pour 2025.

Auteur : ibenard

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