Les préoccupations de santé publique pourront-elles relever à la hausse les engagements de lutte contre le changement climatique?

Aujourd’hui, il est certain que le réchauffement climatique est à l’origine de problèmes de santé publique et un facteur d’intensification des inégalités sociales. Pourtant, “la thématique de la santé ne se retrouve jamais dans les discours de préparation au sommet de Copenhague », selon Sandrine Segovia-Kueny, présidente de l’Asef (Association Santé Environnement France) en Ile-de-France.

Des études, comme le dernier rapport de la Fondation Humanitaire Mondiale, présidées par Kofi Annan, révèlent l’ampleur des conséquences du réchauffement sur la santé publique. Les chiffres du rapport interpellent : 300 000 décès par an en seraient imputables.

Plusieurs phénomènes ayant des impacts sur la santé peuvent être cités. L’augmentation des catastrophes naturelles, telles les inondations, les canicules et les sécheresses, font des victimes mais provoquent également des problèmes d’ordre psychologique. Certaines maladies tropicales gagnent de nouvelles zones géographiques et les allergies augmentent. Bien sûr, la hausse des températures et la pollution de l’air engendrent d’avantage de maladies respiratoires ou cardio-vasculaires.

En outre, le changement climatique est encore un facteur d’inégalités sociales car ses conséquences touchent  surtout les populations les plus vulnérables, que ce soient les personnes âgées, celles souffrant de maladies chroniques ou les populations des pays pauvres.

Les préoccupations de santé publique méritent donc une place centrale dans les négociations sur Copenhague, ce que les professionnels de santé ont relevé à Barcelone, le 4 novembre dernier. La conclusion d’un accord solide de réduction des émissions de GES serait le meilleur mécanisme de prévention et donc de maîtrise de ces impacts.

Cette prise de conscience pourrait peut-être canaliser et rendre plus ambitieuses les négociations relatives au sommet en décembre. Comme le souligne Jean-Louis Etienne, directeur de l’Institut océanographique de Monaco, “la raison environnementale ne fonctionne pas seule. Elle doit être soutenue par une raison économique ou une raison de santé publique».

Nous pouvons citer comme exemple la suppression rapide des CFC dans les années 90. Ces gaz contribuaient à la destruction de la couche d’ozone et la prise de conscience du risque de cancers liés aux ultra-violets a amené à leur interdiction.

Il reste à voir si une pareille prise de conscience sera au rendez-vous à Copenhague.

Pour plus d’informations, cliquez ici.

Auteur : C.T.

Laisser un commentaire