La réglementation thermique 2012 tient-elle toutes ses promesses ?

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50 kWh/an/m2 : tels sont les mots qui sont destinés à tous les bâtiments neufs à partir du 1er janvier 2013.

Autrement dit, un logement de 100 m2 devrait brûler 5.000 kWh par an, soit presque 4 fois moins qu’au début du millénaire. Mais à l’heure actuelle, nous sommes tout de même loin du compte. En effet, même si les occupants verront tout de même une diminution de leurs factures énergétiques, vis a vis de leur précédent logement ou bureau, elles affichent cependant un montant à peu près deux fois plus élevés que ce qui était à l’origine prévu.

Cette constatation nous vient des experts de l’institut français pour la performance énergétique du bâtiment (IFPEB). Cet institut de recherche regroupe des acteurs tels que Eiffage, Bouygues Construction, BNP Paribas Real Estate, ou encore le Bureau Veritas.

L’écart constaté entre les consommations calculées, au moment de la construction en appliquant la réglementation thermique en vigueur (RT), et les consommations réelles est impressionnant.

Par exemple, Bouygues construction a enregistré des consommations réelles de 144kWh/m2 et par an contre 47,65 dans les calculs de RT dans le siège social de sa filiale de Lille. Il en est de même pour Eiffage Construction qui, pour son immeuble HQE (haute qualité environnementale) de Lyon affiche une consommation atteignant les 190 kWh/an/m2 contre 96,8 calculés selon la réglementation.

Quelques explications :

Tout d’abord, la norme de la RT (désormais 50 kWh/an/m2) ne prend en compte que 5 usages : le chauffage, la climatisation, l’eau chaude sanitaire, l’éclairage et la consommation électrique des auxiliaires (ventilation, pompes…). Ce qui exclu le reste, notamment l’électroménager, l’informatique, et l’électronique (TV, téléphones, chaîne hifi, etc.). Ainsi, les consommations non couvertes par la RT représenteraient selon l’IFBEB environ la moitié des consommations totales.

De plus, les calculs réglementaires se fondent sur des moyennes de température extérieure. Prenons l’exemple de la température des pièces qui devrait être entre 19 et 20 degrés. Or tous les gestionnaires d’immeubles de bureau constatent des températures effectives oscillant entre de 21 et 23 degrés.

Les salles de réunion et les espaces collectifs sont également un problème récurent, bien souvent, ils sont chauffés et éclairés comme tous les autres, alors qu’ils ne sont occupés qu’un quart du temps voire moins.

Dernier point relevé par Jean-Pierre Auriault, directeur développement durable de BNP Paribas Real Estate : «les immeubles de bureau sont toujours suréquipés car ils doivent pouvoir s’adapter aux différents types d’occupation: call centers, sièges social, etc.».

En d’autres termes, plutôt que de faire confiance aveuglement aux « experts » il nous est primordial de surveiller nos compteurs.

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