Le mur de Trump, un danger pour la biodiversité

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Frontière Etats Unis - Mexique

Le mur que Trump souhaite faire ériger entre le Mexique et les Etat-Unis n’aura pas que des conséquences sur les déplacements d’êtres humains. Il en aura également sur la faune et la flore vivant de part et d’autre de la frontière. Une telle construction aurait un impact très négatif sur la biodiversité, foisonnante à cet endroit du globe. 

800 espèces menacées, dont 93 considérées comme « fragiles »

Un mur de 3000 km parcourant toute la frontière séparant les Etats-Unis du Mexique, telle était l’une des promesses de campagne de Donald Trump. Si ce projet aboutit, il pourrait avoir des conséquences désastreuses pour toute la biodiversité parcourant les deux Etats.

Selon une étude du Center for Biological Diversity (CBD), 93 espèces protégées pourraient être gravement affectées par cette construction. En particulier 25 d’entre elles verraient leur habitat détruit. Parmi elles, on retrouve des jaguars, des loups gris mexicains, des ocelots.

Selon une autre étude menée par des chercheurs américains et mexicains, environ 800 espèces en tout seraient affectées par ce mur. Mesurant plus de 10 mètres, il empêcherait un nombre important de mammifères, insectes, amphibiens ou oiseaux de traverser la frontière. Par exemple, la réserve de Pinacate et le désert d’Altar, tous deux classés au patrimoine mondial de l’humanité sont des lieux de vie pour un grand nombre d’espèces tel l’antilope de Sonora. Le long de ces deux sites, la frontière est constituée, sur 90 km, d’une simple barrière. Ceci dans le but de laisser passer la faune environnante pour qu’elle puisse bénéficier d’un territoire de vie suffisamment important pour se développer.

Un danger pour la reproduction des espèces

Le mur devant mesurer entre 10 et 20 mètres de hauteur, entièrement en béton, se révélerait totalement infranchissable pour la majorité de la faune. Ainsi, des groupes d’animaux se retrouveraient scindés en deux, empêchant tout maintien durable de l’espèce dans la zone.

Pour exemple, les loups du Mexique ne sont qu’une centaine au Nord et 35 au Sud. Empêcher les deux groupes de se rejoindre provoquerait une hausse de la consanguinité et affaiblirait leur patrimoine génétique. De plus, cela les empêcherait de pouvoir rejoindre certains points d’eaux ou des zones de chasse, qui deviendraient inaccessibles. Il en est de même pour les jaguars, quasiment inexistant au Nord, ils ont besoin des populations vivant au Sud pour se maintenir.

De nombreuses autres espèces menacées de disparition risquent de subir le même sort, comme le crapaud Arroyo ou la grenouille à pattes rouge de Californie. L’écosystème risque d’être grandement modifié, et scindé en deux parties, obligeant toutes les espèces à s’adapter.

Un projet affectant uniquement la vie animale

Une étude britannique menée en 2014 et parue dans la revue scientifique PLUS ONE concluait à une inutilité du mur. Pour les chercheurs, celui-ci n’a en rien empêché l’immigration illégale ou le trafic de drogues. Seule la biodiversité a subi les effets néfastes de cette construction.

Les portions de mur déjà existantes ne découragent pas les sans-papiers de passer illégalement sur le territoire américain. Rajouter des kilomètres de béton n’empêchera en rien ces migrations de population du Sud vers le Nord.

Au-delà du cas américain, la problématique risque d’être similaire en Europe. La Slovénie a décidé de clôturer sa frontière avec la Croatie pour empêcher les flots de migrants de pénétrer sur son territoire. Menaçant déjà la circulation de ces personnes, une telle mesure mettrait en danger la vie des ours, loups et lynx établis en ces lieux.

Edouard Lotz

Webographie:

Image libre de droit

Novethic

Reporterre

Journal de l’environnement

L’édition du soir

 

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