Les croquettes animalières: entorse au développement durable?

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Les impératifs de développement durable, dans le cadre de l’endiguement du réchauffement climatique, sont d’actualité. Alors qu’ils ont tendance à se focaliser sur les habitudes alimentaires humaines, peu mettent en relief celles des animaux, pouvant pourtant avoir un impact important sur l’environnement. La Chambre Syndicale des Fabricants d’Aliments Préparés pour Chiens, Chats, Oiseaux et autres Animaux Familiers (FACCO) a estimé le nombre d’animaux de compagnie en France à 63 millions en 2014 (dont 12.7 millions de chats et 7.3 millions de chiens) pour 65 millions de Français. Aux Etats-Unis, il y aurait actuellement près de 163 millions de chats et de chiens. Quelle est la conséquence sur l’environnement de tant de gueules à nourrir et comment y remédier ?

L’alimentation pour chiens et chats est majoritairement formée de produits de base animale. Ainsi les ruminants par exemple produisent une quantité de méthane importante. Ce gaz à effet de serre contribue au réchauffement climatique. En prenant alors en compte, entre autres, ces émissions dans l’estimation du dommage causé à l’environnement du fait des animaux à nourrir, le calcul est rapidement fait : 64 millions de tonnes équivalents de dioxyde de carbone sont produits chaque année aux Etats-Unis par les animaux devant servir à nourrir leurs cousins domestiques, soit ce que produirait 13.6 millions de voitures pendant un an. Cela comprend l’utilisation du sol, de l’eau, d’énergies fossiles, de pesticides et de phosphates. L’impact sur l’environnement est donc considérable. L’alimentation des chiens et chats pose même un problème éthique vu que ces animaux, rien qu’aux Etats-Unis auraient, selon le bureau d’études PLOS One, un besoin calorifique équivalent à celui de 62 millions d’américains, d’où une potentielle concurrence sur la chaîne alimentaire.

 

Cute puppy kissing kitten on white background isolated

En effet, selon le chercheur Gregory Okin, la quantité de viande produite servant à nourrir les animaux domestiques diminuerait la part de l’Homme dans la consommation de cette viande, voire augmenterait la demande à la production. De plus plusieurs études montrent que des américains, notamment les plus défavorisés,  se nourrissaient, en complément de leur alimentation, de croquettes pour chiens et chats. Ce qui pose un problème de bien fondé de ce système alimentaire.  Réduire les émissions carboniques c’est d’abord connaître ces émissions, et pour cela il faut les mesurer. L’initiative entreprise à ce niveau par le chercheur Okin est tout à fait pertinente. Elles doivent être multipliées. Il est ici important de prendre en compte l’ensemble du cycle de vie du produit considéré, depuis sa production jusqu’à son traitement. Ensuite, il faudrait agir en conséquence : réduire les émissions. Par exemple favoriser les animaux non canins ni félins, mieux contrôler les habitudes, notamment alimentaires, de ces animaux, voire adopter un mode de vie sans animaux domestiques.

 

En conclusion, cet exercice nous montre bien que la lutte contre le changement climatique est complexe et plurielle. C’est bien en agissant sur les différentes phases de la génération de pollutions, et sur ses différents acteurs, que le changement devient possible, pluriel et complexe.

 

Sources :

https://www.santevet.com/articles/2015-toujours-plus-de-chats-que-de-chiens-en-france

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/la-contribution-au-rechauffement-climatique-des-croquettes-pour-chats-et-chiens_115301

http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0181301

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