Les promesses du coton Monsanto au Burkina Faso

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Le Burkina Faso, petit pays de l’Afrique de l’Ouest, trop souvent cité pour les malheurs qui y sévissent, et notamment la pauvreté des populations ainsi que les famines, a vu son partenariat avec Monsanto qui concernait la production de coton génétiquement modifié, prendre fin. La multinationale n’y trouvait pas son compte, et aux vues des retours d’expérience le Burina Faso non plus.

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Contextuellement, c’est à la suite de périodes très difficiles pour les producteurs de coton burkinabés que le pays s’est tourné vers le coton BT (Bacillus thuringiensis). Cette toxine a été ajoutée dans les variétés locales de coton du Burkina Faso, afin de lui permettre de lutter contre le vers rose, espèce de ravageur très répandue et nuisible. Premier pays d’Afrique de l’Ouest à tester le coton de la firme internationale en 2003, il a fallu attendre 2008 pour que les producteurs puissent se le procurer.

Pour résumer brièvement comment ce partenariat à eu lieu, il faut regarder vers la fin des années 90. A cette époque, le secteur cotonnier de l’Afrique de l’Ouest subissait alors les conséquences de deux invasions massives d’insectes. La première dans en 1996,  celle d’une invasion de chenilles qui s’attaquaient à la culture. Les insecticides utilisés pour les combattre voyaient leur efficacité décliner au fur et à mesure de leur utilisation. Mais encore, deux ans après cet épisode, le Burkina Faso se retrouve confronté à un insecte (la mouche blanche) qu’il n’avait jamais eu à combattre précédemment. Cette catastrophe, qui a endommagé des récoltes qui promettaient d’être fructueuses, à inciter les acteurs du pays dans la recherche de solutions alternatives. Le partenariat vient de ces faits, et de l’efficacité des produits de Monsanto par apport au concurrent suisse évincé, Syngenta.

Il faut comprendre que le coton n’est pas qu’une simple culture au Burina Faso. En effet, issu de recherche depuis une cinquantaine d’années, le coton de ce pays est bien au delà des standards internationaux au niveaux de la longueur des fibres (80% de la production à l’époque). Cela avait pour conséquence de faciliter l’écoulement des stocks, car ceux ci, mondialement reconnu pour leur qualité répondaient aisément aux critères du marché international en la matière. Pour rappel, celui-ci, deux critères sont primordiaux, la longueur de la fibre qui permet que le travail sur les machines de tissage soit efficace et la couleur (le grade) du coton. Mais au delà des performances appréciées du coton burkinabé, il y a surtout la question économique qui est d’une importance cruciale. Le coton dans ce pays représente une part, environ 25% de l’activité économique du pays en prenant en compte les emplois directs et indirects et d’autre part, l’une des seules activités qui lui permettent d’avoir un commerce extérieur avec l’or (80% pour ces deux activités avec presque 50% en 2008 pour le coton).

Ainsi, on comprend pourquoi les relations entre les producteurs et la firme internationale sont tendues après des résultats décevants. En effet, si les promesses de Monsanto ont été en partie accomplies au début du partenariat, il est apparu des écarts importants qui doivent être relevés. Le premier est un constat de la diminution de la taille de la fibre des cotons et donc de sa valeur sur le marché en terme qualitatif. De plus, il semblerait que cela soit du à un laxisme de la part de la société qui, au lieu de procéder à sept rétro-croisements dans le but de fixer la résistance contre les insectes autant que les caractéristiques intrinsèques à la plante que l’on souhaite garder. Elle n’a fait que deux rétro-croisements… Autre conséquence sur l’économie de ce pays, la diminution du poids du coton BT par rapport à la plante conventionnelle, ce qui cause un préjudice quantitatif puisque le prix se fixe au poids. Enfin et pour ne pas rentrer dans les détails, on constate que la problématique des insectes continue avec d’autres espèces, que le gain espéré en diminuant la pulvérisation d’insecticide n’était que passagère et surtout insuffisante par rapport au coût des semences. Sans ajouter, les problèmes sanitaires dont se plaignent de nombreux paysans dont on en peut pas juger par manque d’information ou d’expertise.

On pourrait se risquer à démontrer que certains manquements ne sont pas imputables à la multinationale, s’il n’y avait pas eu le même exemple en Inde au début des années 2000. Néanmoins, selon les sources, il se pourrait également que sans avoir d’incidence sur les maux causés par Monsanto, l’Etat burkinabé ait également des choses à se reprocher, voire que certaines pressions internationales se soient immiscées dans le secteur du coton de ce pays soumis aux aléas climatiques.

 

http://www.insd.bf/n/contenu/pub_periodiques/commerce_exterieure/Com_exterieur_2008.pdf

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/02/16/burkina-faso-les-lecons-a-tirer-de-la-fin-du-coton-transgenique_4866376_3212.html

https://www.bastamag.net/Comment-le-coton-OGM-de-Monsanto-s-est-transforme-en-fleau-pour-les-paysans-du#nb2

http://www.jeuneafrique.com/mag/320508/societe/ogm-burkina-fausses-promesses-de-monsanto/

https://www.lesechos.fr/12/04/2016/lesechos.fr/021835533698_coton—l-inde-entame-un-bras-de-fer-avec-monsanto.htm

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