Vos prochaines baskets seront en plastique recyclé : l’innovation d’Adidas.

Partagez!Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedInShare on Google+Email this to someone

Ils l’avaient promis lors de la COP 21 : l’équipementier sportif Adidas, en partenariat avec l’ONG Parley for the Oceans, sort sa première paire de baskets entièrement faite en plastique recyclé, « l’Ultra Boost Uncaged ». La marque a ouvert la commercialisation sur son site, le 15 novembre dernier, de 7000 paires, au tarif de 200 euros, et promet la mise en vente d’un million de paires courant 2017. Adidas avait déjà collaboré avec la même ONG pour fabriquer les maillots des équipes de football du Bayern de Munich et du Real Madrid.

 

 

Une basket fabriquée à 100% en plastique recyclé.

La basket est constituée de deux sources de plastiques différentes. D’une part, la semelle est composée de déchets marins, tels des bouteilles et des sacs plastiques, récoltés aux Maldives. Le reste de la chaussure est fabriquée à partir de filets de pêche récupérés au large des côtes africaines. Chaque paire de chaussures « pèse », c’est-à-dire représente, 11 bouteilles de plastiques. Le but ultime de la marque est d’éliminer tout plastique vierge (plastique en tant que matière première, n’ayant subi aucune transformation), de la chaîne de production de ses produits, pour le remplacer par du plastique recyclé.

 

Un partenaire de choix.

Le projet a été réalisé en partenariat avec l’ONG Parley for the Oceans. Cette ONG agit comme une plateforme collaborative rassemblant des artistes, des scientifiques, des techniciens, dans le but de monter des projets autour de la protection des océans. L’ONG se consacre notamment à la problématique du plastique, en proposant ce qu’elle appelle «the A.I.R strategy ». (Avoid/Intercept/Redesign). Il s’agit d’un plan d’action tripartite : il faut éviter le recours au plastique, c’est-à-dire réduire notre consommation et le remplacer par des matières biodégradables, il faut intercepter le plastique existant pour le recycler, et il faut innover pour créer de nouveaux matériaux plus respectueux.

 

Une sensibilisation efficace sur les dangers du plastique.

Dans le teaser de sa basket, Adidas rappelle deux constats majeurs : le premier est que le plastique est un matériau qui ne se détruit pas quand on le jette, le deuxième est qu’à chaque minute, l’équivalent d’un camion de plastique est déversé dans l’océan. Bien que difficile à chiffrer, la situation est alarmante : les scientifiques estiment que d‘ici à 2050, sans changements de nos comportements, les océans contiendront plus de plastique que de poissons. Le plastique, une fois décomposé dans l’océan, est souvent confondu par les animaux marins pour de l’alimentation. L’ONG WSPA (« World Society for the Protection of Animals ») estime que chaque année, entre 57 000 et 135 000 baleines ingèrent du plastique, et qu’il est impossible de quantifier les oiseaux, poissons et autres animaux marins victimes du même fléau. En Uruguay en 2011 par exemple, 315 tortues se sont échouées sur des plages, une cinquantaine mortes par obstruction par des plastiques. Le lancement de cette basket met les projecteurs sur cette situation et permet de sensibiliser le public à la cause, vers une prise de conscience collective. La vidéo se termine d’ailleurs par cette question adressée au consommateur : « et si tout le monde faisait-ça ? »

 

Une publicité facile ?

L’objectif de la marque, sensibiliser à la pollution des océans, est rempli. Mais l’on peut porter un regard critique sur cette campagne, en constatant qu’elle permet à Adidas de se donner une image de société soucieuse de l’environnement, et se préoccupant des impacts de sa production sur la planète. Pourtant, il est aisé de constater que nul part ne figure le lieu de production de la basket, ce qui laisse à penser qu’elle sera fabriquée dans les usines de la marque, au Vietnam, en Chine et en Indonésie, où l’on sait que les conditions de travail des ouvriers peuvent aller à l’encontre de nos standards en matière de droits sociaux. Derrière ce concept attrayant, se cache la réalité d’une industrie textile non-seulement lucrative, mais aussi polluante. Tout est fait pour émouvoir le client, le persuader qu’Adidas est une marque responsable, et l’attirer à la dépense, pratique qui se rapproche du green-washing. Une initiative à saluer donc, mais à remettre en perspective.

 

L’ONG Parley : http://www.parley.tv/#collaborations

Le programme “A.I.R strategy”: http://www.parley.tv/oceanplastic#parleyair

 

Rapport du collectif « Ethique sur l’étiquette » à propos des conditions de production de l’industrie textile sportive : http://www.ethique-sur-etiquette.org/IMG/pdf/ese_rapport_euro2016_hd.pdf

 

Sources :

http://www.adidas.com/us/parley

http://www.adidas-group.com/en/media/news-archive/press-releases/2015/adidas-and-parley-oceans-stop-industrys-waiting-game/

http://www.adidas-group.com/en/media/news-archive/press-releases/2015/adidas-and-parley-oceans-showcase-sustainability-innovation-un-c/

http://actualites.reponse-conso.fr/adidas-maillots-de-foot-fabriques-a-partir-de-dechets-plastiques/

Source image : https://unsplash.com/search/ocean?photo=jeZXVb3JHgc

 

Partagez!Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedInShare on Google+Email this to someone

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *