Nos chats de compagnie : une menace pour la biodiversité ?

 

Le chat a été élu l’animal de compagnie préféré des français. On en dénombre actuellement pas moins de 13,5 millions dans nos foyers français. Pour autant, nos boules de poils restent des prédateurs efficaces et sont à l’origine notamment d’une grande perte de biodiversité. A cette population de chats de compagnie s’ajoutent presque autant de chats errants. Sur les 13,5 millions de chats que compte notre territoire, environ 68%, soit plus de 9 millions, auraient accès à l’extérieur, devenant par la même de petits tueurs potentiels.

La population de chats domestiques combinée avec celle des chats errants dits « libres » ont un impact certain sur la biodiversité. On estime ainsi que les seuls chats errants à travers le monde sont responsables, de la disparition de 63 espèces de mammifères, de reptiles et d’oiseaux sur les 500 dernières années. La population de chats fragilise l’écosystème en le déséquilibrant : on parle ainsi de surpopulation. La France à elle seule serait le foyer d’environ 25 millions de chats (errants et domestiques) dont environ 50% ne seraient pas stérilisés.

Cela pose problème dans la mesure où la population de chats tend à s’accroître tandis que de nombreuses espèces victimes de nos compagnons tendent à disparaître. L’équilibre entre la proie et le prédateur est un processus ancien et son déséquilibre est presque toujours causé par l’Homme. Le chat domestique déséquilibre précisément le système par un taux de prédation trop important sur la faune et la flore.

Face à ce constat, l’Australie a lancé dès 2015 un programme « d’abattage » de deux millions de chats errants d’ici 2020. En France, de nombreuses campagnes de stérilisation ont déjà été lancées sous l’égide de l’article 211-27 du Code rural et de la pêche maritime. Les pouvoirs publics français ont donc décidé de mener une campagne de régulation dite « douce ». Cependant, d’autres continuent d’appeler à des solutions plus radicales, comprenant parfois la mise à mort des animaux.

La stérilisation peut néanmoins être une solution. La prolifération des chats est énorme et la stérilisation doit prendre en compte celles des chats domestiques qui ont un accès à l’extérieur. Chaque propriétaire de chat doit être sensible et sensibilisé au fait qu’il a une responsabilité par rapport à la biodiversité. La mesure prise par l’Australie a, certes, suscité le mécontentement de l’opinion publique mais doit davantage être envisagée comme une solution d’urgence liée à la biodiversité.

Aucun écosystème ne peut assumer une présence trop forte de chats errants et les nourrir n’évitera pas les dégâts qu’ils causeront alentours : seule la stérilisation semble être une solution efficace. En effet, Le comportement de chasse est instinctif chez les chats et ne relève pas de l’appétence. Si nous ne voulons pas que le fait d’avoir des chats à nos côtés ne devienne un problème écologique irréversible, il faut nous poser toutes les questions sur le sujet et aller rapidement de l’avant.

Pour aller plus loin : https://blog.defi-ecologique.com/chats-probleme-biodiversite-rechauffement-climatique/

Auteur – Marie Lambeau

A propos de Marie LAMBEAU

Originaire de Nice, je suis venue dans la capitale européenne de Strasbourg pour parfaire ma formation juridique. Titulaire d'une licence de Droit privé de la faculté d'Aix-en-Provence et d'un Master I Droit de l'environnement et de l'urbanisme de la faculté de Strasbourg, complété par une formation en droit animal au Collège Doctoral Européen de Strasbourg, je me suis tournée vers un Master II en droit des énergies et développement durable afin d'intégrer un cabinet d'avocats spécialisé en droit international de l'environnement et en droit de la santé.

Marie LAMBEAU

Originaire de Nice, je suis venue dans la capitale européenne de Strasbourg pour parfaire ma formation juridique. Titulaire d'une licence de Droit privé de la faculté d'Aix-en-Provence et d'un Master I Droit de l'environnement et de l'urbanisme de la faculté de Strasbourg, complété par une formation en droit animal au Collège Doctoral Européen de Strasbourg, je me suis tournée vers un Master II en droit des énergies et développement durable afin d'intégrer un cabinet d'avocats spécialisé en droit international de l'environnement et en droit de la santé.

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