Quel pari pour la transition énergétique face à la pollution de l’air ?

 

Le rapport entre pollution de l’air et développement des énergies fossiles est incontestablement démontré par de nombreuses études. En effet, selon une récente étude de National Academy of sciences of the United States of America, les émissions de polluants atmosphériques, dont certains agissent également sur le climat, ont de forts impacts sur la santé publique. « Les émissions liées à la combustion des énergies fossiles sont responsables d’environ 65 % de la surmortalité due à la pollution de l’air, touchant 3,6 millions de personnes par an, en premier lieu par des maladies affectant cœur, poumons et voies respiratoires ».[1] Définie comme de nombreux problèmes que nous connaissons aujourd’hui et qui sont à l’origine non seulement de la destruction de la couche d’ozone et de l’effet de serre, mais aussi du smog photochimique et des pluies acides »,[2] la pollution de l’air dérivant des énergies fossiles engendre donc des effets néfastes à la fois pour santé humaine et l’environnementale.

Le conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies a alerté les responsables politiques dans le rapport du 20 mars 2020 sur la gravité de la situation. En effet, explique-t-il, « à l’échelle mondiale, 9 personnes sur 10 vivent dans des régions où la qualité de l’air n’est pas conforme aux directives de l’Organisation mondiale de la Santé. La pollution atmosphérique provoque 7 millions de décès prématurés chaque année, dont 600 000 décès d’enfants de moins de 5 ans. Plus de 2 milliards de personnes sont encore tributaires de systèmes de cuisson polluants. »[3]  Pour  Hans Bruyninckx, directeur exécutif de l’AEE, explique « elle a des effets néfastes sur la santé humaine et les écosystèmes. Une proportion importante de la population ne vit toujours pas dans un environnement sain selon les standards actuels ».[4] Cela implique que la pollution de l’air est capable de provoquer la contamination, la modification et souvent la destruction de toute forme de vie au niveau de l’environnement et la biodiversité touchant en dernier ressort l’humain. Le rapport d’étude de l’Agence Européenne pour l’Environnement (AEE) détermine que « la pollution de l’air provoque près de 500 000 morts prématurés[5] en Europe chaque année, et il s’agit d’un enjeu de santé publique très important. »[6] Ce qui, dans domaine de l’énergie, par rapport aux droits de l’homme, et plus largement le développement durable, expliquerait non pas uniquement une transition, mais  une véritable révolution avec la capacité de l’État et des entreprises à s’adapter aux nouveaux paradigmes de l’écosystème énergétique.

Ainsi, le pari de la transition énergétique est-il donc de réussir la nécessité de protection contre la pollution de l’air par le développement des énergies nouvelles vertes compatibles avec un environnement sain. Sans gagner ce pari, la transition énergétique n’aura pas grand intérêt pratique pour les droits de l’homme et le développement durable. Puisque l’évolution de ces derniers dépend un air de qualité, un environnement sain, viable et durable.

 

[1]  Lelieveld, J; Klingmüller, K; Pozzer, A; Burnett, RT; Haines, A; Ramanathan, V; (2019) Effects of fossil fuel and total anthropogenic emission removal on public health and climate. Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 116 (15). pp. 7192-7197. ISSN 0027-8424 DOI: https://doi.org/10.1073/pnas.1819989116

[2] Jean Maurice Arbour et al., Droit international de l’environnement, 3rd ed, vol 1 (Montréal(Canada): EDITIONS YVON BLAIS, 2016). P. 674

[3] A/HRC/43/53

[4] https://www.eea.europa.eu/fr/themes/air/intro

[5] https://www.lemonde.fr/planete/article/2016/11/23/pres-de-500-000-europeens-tues-chaque-annee-par-la-pollution-de-l-air_5036841_3244.html

[6] Ibid.

A propos de Wilem JEAN

Juriste spécialiste en DROIT DE L'ENVIRONNEMENT, DES TERRITOIRES ET DES RISQUES et actuellement en formation M II DROIT GESTION ENERGIE ET DEVELOPPEMENT DURABLE.

Wilem JEAN

Juriste spécialiste en DROIT DE L'ENVIRONNEMENT, DES TERRITOIRES ET DES RISQUES et actuellement en formation M II DROIT GESTION ENERGIE ET DEVELOPPEMENT DURABLE.

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