La dépendance énergétique Européenne envers la Russie

L’Union européenne possède de nombreuses ressources en charbon, gaz, pétrole, et nucléaire mais celles-ci viennent à s’épuiser. La production d’énergie européenne n’est donc plus suffisante à elle seule pour couvrir l’ensemble de ses dépenses énergétiques. Celle-ci est aussi inégale que sa consommation au sein des Etats. Les plus énergivores sont à la fois les plus peuplés mais également les plus gros générateurs de PIB européen (France, Allemagne, Espagne, Italie et anciennement Royaume-Uni) car l’intensité énergétique est liée à la conjoncture économique des Etats. Le Danemark est lui, autosuffisant en énergie grâce à ses gisements en mer du Nord, la Pologne produit la majorité du charbon qu’elle consomme, la Suède possède une grosse production hydraulique, et la France fonctionne au nucléaire. L’Allemagne et l’Italie en revanche, sont de grands importateurs de pétrole russe et libyen. La cohabitation des politiques nationales est donc à l’évidence un sujet complexe, et la sécurité énergétique est loin d’être assurée. L’UE doit donc importer les 2/3 de sa consommation, et la Russie demeure être son plus grand fournisseur d’énergies fossiles et de gaz. Elle subvient à environ 33% des besoins de l’UE en gaz, et 29,8% en pétrole. En revanche la dépendance est mutuelle, car l’Union consomme les 3/4 de sa production de pétrole et de gaz, elle assure à elle seule 15% de son PIB qui découle en grande partie de ses exportations énergétiques.

Ces statistiques soulèvent de nombreux enjeux, notamment géopolitiques. Les intérêts politiques divergent particulièrement entre l’UE et la Russie. L’UE souhaite dépolitiser le secteur, appliquer une libre et égale concurrence et démanteler les monopoles nationaux tandis que la Russie l’utilise comme un moyen de puissance. On a pu le voir pendant la « guerre du gaz » entre la Russie et l’Ukraine de 2006 à 2012. Les intérêts divergents entre Gazprom et Rosneft ont conduit Gazprom à baisser voire stopper la fourniture de gaz dans les gazoducs ukrainiens, qui alimentaient 80% du réseau de l’UE.

Cette crise a profondément changé les mentalités européennes, ce qui les a poussé vers une dynamique plus indépendantiste. Pour assurer sa sécurité énergétique, l’UE doit s’appuyer sur plusieurs leviers: économiser son énergie, augmenter sa production, et diversifier les pays fournisseurs (l’indépendance totale n’étant pas réellement envisageable).

Aujourd’hui, au travers du Green Deal, l’UE a pris un nouveau tournant, entamant ainsi sa transition énergétique. On cherche désormais un accroissement des sources d’énergie compatibles avec le développement des différentes économies, favorisant ainsi le mix énergétique au profit des EnR (l’UE souhaitant se voir en leader économique mondial), pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et limiter ses dépendances énergétiques.

Ces démarches traduisent la volonté de respecter le Protocole de Kyoto de 1997 visant à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, et l’Accord de Paris de 2015 visant en partie à limiter le réchauffement climatique.

Julia Lipinski

 

 

Sources:

https://ec.europa.eu/eurostat/cache/infographs/energy/bloc-2c.html

Les relations pétrogazières UE-Russie et le débouché chinois, la géopolitique avant le commerce, Jean-Sylvestre Mongrenier, 2014. cairn.info

La politique énergétique en Europe, Fabienne Collard, 2018. cairn.info

Le dessous des cartes, portrait énergétique de l’UE, Arte épisode 1 et 2.

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