L’éco-cirque signé Bouglione

 

Un nouveau concept innovant fait son entrée dans le milieu circassien, il s’agit d’un éco-cirque. Celui-ci, proposé par la famille Bouglione, représente un changement majeur.

Source : Sociétéfrançaisedezoosemiotique.fr

Notamment connue pour ses numéros de domptage de fauves, éléphants et autres, la famille Bouglione est l’une des plus éminente dans le milieu du cirque, et André-Joseph Bouglione en est le digne héritier. Celui-ci a créé son premier cirque en 1991, à l’âge de 16 ans. Il a su s’imposer et fait aujourd’hui partie des dompteurs les plus respectés de sa génération.

Jusqu’en 2017 il exerçait cette fonction aux côtés de sa compagne Sandrine, également issue d’une famille de dompteurs. Puis, suite à une réflexion sur un nouveau concept depuis les années 2000, ces derniers lancent aujourd’hui un éco-cirque.

 

L’éco-cirque version Bouglione

Au programme, tout d’un cirque classique, ou presque. On pourra retrouver les traditionnels jongleurs, acrobates, clowns, trapézistes, contorsionnistes et autres. De plus, un groupe de musiciens se produira en live tous les soirs dans un registre rock, baroque, ou encore électro.

Cependant, les numéros avec des animaux sont prohibés. On pourra néanmoins en apercevoir grâce à des hologrammes. Les Bouglione ont pour cela sollicité le studio Adrénaline qui a déjà œuvré sur des discours de Jean-Luc Mélenchon, ou encore des concerts de Jean-Louis Aubert.

Les époux Bouglione ont également des engagements forts humainement parlant, mais également en matière d’environnement, et souhaitent arriver à la plus faible empreinte carbone possible. Le cirque va privilégier des transports moins polluants, comme le train à la place de la route pour voyager de ville en ville. Le matériel nécessaire à la construction des villages éphémères sera recyclable au possible et son acheminement est effectué par containers maritimes recyclés.

Concernant l’énergie utilisée, une énergie verte et renouvelable sera privilégiée. Ils souhaitent notamment utiliser l’énergie solaire, et leurs caravanes fonctionneront grâce à celle-ci. Les tenues de scènes seront, elles, végans et recyclables. Du côté des emplois, le cirque a pour but de privilégier l’embauche de travailleurs locaux, notamment pour l’accueil, l’entretien, ou encore la sécurité.

Des ateliers pédagogiques à destination des plus jeunes, et des écoliers notamment, seront organisés. A l’aide d’hologrammes, ceux-ci pourront être sensibilisés aux enjeux environnementaux et aux menaces pesant sur certaines espèces d’animaux. Des associations, qui soutiennent la cause animale, seront conviées, afin de présenter leurs actions. Enfin, une part des recettes sera versée à des associations œuvrant pour la protection animale.

Un éco-cirque est donc un cirque traditionnel, sans usage d’animaux, engagé pour la protection animale et éco-responsable.

Source : vegan-France.fr

 

Un changement de cap inévitable

Les cirques avec des animaux sont ancrés dans les traditions. Cependant, au fil des années, de nombreuses mauvaises pratiques ont été dénoncées, notamment concernant leurs conditions de captivité. Celles-ci, tout d’abord mises en exergue par des associations, ont ensuite été de plus en plus mal perçues par le public.

La famille Bouglione, a peu à peu pris conscience de ce tournant dans la vision du public. De plus en plus soucieuse du bien-être des animaux, elle a également compris que l’utilisation d’animaux dans leurs numéros n’était plus envisageable, et qu’il fallait à présent « travailler non pas avec l’animal mais pour l’animal », selon les dires de Sandrine Bouglione. Il faut évoluer, ne plus utiliser des animaux, souvent en voie d’extinction, ne plus les maintenir en captivité et se soucier réellement de leur bien-être.

Un incident avec un de leur tigre a fini de les convaincre d’abandonner l’utilisation d’animaux dans leurs spectacles. En effet, alors que l’un d’eux était blessé à la patte, André Bouglione n’a pas souhaité le faire participer au spectacle. Cependant, voyant ses partenaires de piste effectuer leur numéro, celui-ci a commencé à s’agiter violemment dans sa cage voulant les rejoindre malgré sa blessure. Le dresseur, fut pris d’un profond malaise et décida alors d’abandonner le cirque sous sa forme traditionnelle.

 

A quand la généralisation du concept ?

Une tournée internationale devait débuter en avril dans la ville de Montpellier, qui a d’ores et déjà, comme plusieurs villes, voté l’interdiction de cirques avec animaux (à la date du 1er janvier 2019). En effet, même si aucune décision n’a été prise à ce sujet au niveau national, une proposition de loi a été faite le 27 mars 2019, et depuis quelques mois maintenant, on peut voir apparaître divers arrêtés municipaux prohibant les animaux dans les cirques.

Selon l’association Code animal, environ 400 villes de France ont ainsi déjà franchi le pas. La ville de Paris a elle voté le vendredi 15 novembre la fin de délivrances d’autorisations d’occupation de terrain aux cirques avec des animaux, à compter de 2020. Des aides financières devraient être mises à disposition des cirques afin d’engager leur reconversion.

Concernant les chiffres internationaux, une quarantaine de pays, dont 28 situés en Europe, avaient partiellement ou entièrement interdit les cirques avec ménagerie, à la fin de l’année 2018.

Du côté des circassiens, la nouvelle a été très mal reçue dans un premier temps. Puis, se rendant compte que le public approuve de moins en moins les pratiques du cirque traditionnel, nombreux sont les circassiens qui commencent à douter et à repenser leur profession. Ainsi, la question n’est pas de savoir si, mais bien quand aura lieu le passage global à l’éco-cirque ?

 

Sources :

20 minutes.fr ; Franceinter.fr ; Francebleu.fr ; Neozone.org ; Libération.fr

A propos de Manuella DEBAIZE

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