L’essor des magasins en vrac

 

Que ce soit en hypermarché ou en épicerie bio, le commerce du vrac connait une popularité croissante depuis quelques années, si bien qu’il se décline à présent sur les magasins en ligne. Poussée par une tendance zéro-déchets et une prise de conscience des enjeux climatiques actuels, la réduction des emballages plastiques est-elle la meilleure tendance à adopter ?

 

Vous avez pris l’habitude de conserver vos aliments dans de vieux bocaux en verres et les boites à gâteaux de votre grand-mère, tant pour l’esthétisme que le pratique, mais vous êtes fatigué de devoir sans cesse acheter vos aliments emballés d’une tonne de plastique ? Plastique qui d’ailleurs finira à la poubelle dès que vous franchirez la porte. Alors, pourquoi ne pas passer au vrac ?

C’est d’ailleurs l’argument principal qui incitera à passer au vrac : pas d’emballages et pas de déchets chez soi. Un petit pas qui permettrait de réduire les 80kg de déchets que chaque français jetterait en moyenne chaque année. Les magasins vous laissent ainsi la possibilité de ramener vos propres sacs (voir même vos bocaux en verres) pour vous approvisionner, à défaut d’utiliser des sacs en plastiques ou en papiers jetables. Mais pas de panique, dans les magasins spécialisés, vous pouvez avoir la possibilité de peser vos contenants avant de les remplir, évitant ainsi de vous faire payer un surplus.

Le vrac vous permet également de choisir la quantité d’un produit que vous désirez. Ainsi, fini d’être totalement dépendant des paquets de 500g ou 1kg, ce qui pourrait permettre de limiter le risque de gaspillage. Vous pouvez ainsi acheter seulement la quantité nécessaire d’un produit, ou ne prendre qu’un « échantillon test » pour savoir si celui-ci est susceptible de vous plaire. En effet, en France le gaspillage alimentaire s’élève en moyenne entre 20 et 30 kilos par habitant chaque année. Au niveau mondial, c’est un tiers des aliments produits qui sont jetés sans être consommés. Autre avantage notable pour certaines personnes, le vrac permet d’éviter la tentation de certains produits industriels qui n’existent qu’avec un emballage plastique.

Le chiffre d’affaires du vrac s’élève à 1.2 milliard d’euros en France, avec une croissance annuelle moyenne de 50%. Une croissance qui est peu surprenante quand on sait que selon les estimations de « Réseau Vrac », 40% des Français ont achetés des produits vracs au moins une fois en 2019. S’il n’étonne personne de savoir que 88% des magasins bio possèdent un rayon vrac, il est toutefois à noter qu’environ 70% de grandes surfaces en possèdent également un, souvent situé au sein du rayon « bio ».

 

Sans surprise nous savons que ce qu’achètent majoritairement les foyers sont les oléagineux (à 58%), puis les fruits secs (51%), viennent ensuite les légumineuses et les graines (29 %) et enfin les céréales et le riz (25 %). Rien d’étonnant, du fait qu’il reste pour le moment plus simple pour la majorité des consommateurs de se tourner vers des achats de « grignotage » (les noix, amandes et fruits secs) en vrac que d’acheter des quantités plus conséquentes en vrac pour un repas traditionnel (pâtes ou riz).

En effet, n’oublions pas que la majorité des achats en vrac se font encore en grandes surfaces alimentaires (50%), viennent ensuite les magasins bio avec 45% et les boutiques spécialisées avec seulement 5%.

 

Malheureusement le prix du vrac reste encore souvent trop cher vrac par rapport aux produits déjà emballés, comme c’est le cas généralement pour le riz, la farine, les céréales ou les pâtes. N’attirant alors que les consommateurs possédant un pouvoir d’achat plus élevé et pouvant se permettre ces achats pour des questions environnementales.

Un vrai paradoxe quand on y réfléchit. Le vrac crée moins d’emballages et permet également de se débarrasser des coûts marketing qu’il peut entrainer (logo, design, texte). Pour autant l’esprit du vrac semble aller de pair avec l’esprit du bio, ce qui a pour conséquence une hausse des prix non négligeable. De plus les petites chaines de vrac, ou les magasins indépendants ne peuvent pas posséder le pouvoir de négociation qu’ont les grandes chaines d’hypermarchés. Il est ainsi normal que les prix ne puissent pas être aussi compétitifs.

Cependant ce n’est pas pour autant qu’on ne peut pas faire de bonne affaire, que ce soit pour les œufs, les épices ou encore tous les fruits et légumes « trop moches/abimés » pour les supermarchés. À défaut de pouvoir aller au marché, les magasins en vrac offrent une solution pratique pour ces aliments. De plus les personnes se cantonnant à ce mode d’achat, en faisant des concessions sur les produits industriels, transformés et emballés, pourraient finalement faire des économies.

 

S’il est évident que le vrac n’est encore qu’à ses prémices, son évolution semble partir dans la bonne direction pour que d’ici quelques années ce mode de consommation se démocratise au niveau de l’ensemble de la population.

 

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A propos de Steven GUILBERT-SAUTRON

Etudiant en M2 Gestion et Droit des Energies et du Développement Durable. Passionné par les questions environnementales, éthiques et les nouvelles technologies.

Steven GUILBERT-SAUTRON

Etudiant en M2 Gestion et Droit des Energies et du Développement Durable. Passionné par les questions environnementales, éthiques et les nouvelles technologies.

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