Le dioxyde de titane cet additif que nous consommons au quotidien

 

Utilisé depuis près d’un demi-siècle, nous essayerons à travers cet article de mieux connaitre cet additif qui par principe de précaution lié à des incertitudes sur son innocuité a été suspendu du marché des denrées alimentaires. (D’après l’article 53 de la loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018 pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous dite “Loi Egalim”).

Les caractéristiques du dioxyde de titane :

Ses propriétés colorantes et notamment son effet  blancheur rendent son utilisation très répandu dans une grande majorité de produits alimentaires et cosmétiques.

Produit de prédilection des industriels, il se présente généralement sous forme de poudre servant de colorant et signalé dans les emballages par la dénomination “E171” ou encore “TiO2”.

En effet, très présent dans notre quotidien dans certaines sauces, confiseries, mozarella, chewing gum… et même dans les 2/3 des dentifrices français selon une étude menée par l’association « Agir pour l’environnement ».

L’E171 est souvent utilisé pour apporter une blancheur et une opacité naturelle aux aliments, par exemple pour les crèmes glacées ou le glaçage des gâteaux. Il rend les aliments esthétiquement attrayants et cela avec l’utilisation d’une quantité très réduite de colorant.

Faiblement soluble, le dioxyde de titane n’est pas facilement absorbé par l’organisme et donc pour certains le risque de dangerosité serait réduit.

Mais qu’en est-il vraiment des nanoparticules ?

Selon 60 millions de consommateurs 100% des confiseries testées contiennent des nanoparticules de dioxyde de titane sans que cela ne soit indiqué sur les emballages.

Cette même association a mené des analyses sur une série d’échantillons, le résultat est sans appel : sans exception, tous les produits contenaient des nanoparticules de  dioxyde de titane, et cela sans que la mention “nano” figure sur les étiquettes, alors que celle-ci est obligatoire en Europe. ( Article 18, alinéa 3, Règlement européen concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires 25 Oct 2011)

Mais encore en 2017, d’après, une autre expérimentation menée sur des rats par L’INRA[1]  et plus particulièrement avec l’exposition par voie orale d’une dose similaire à celle ingérer par l’homme (soit 10 mg/kg de poigt/semaine), celle-ci a conduit à la découverte de “Ti02” dans plusieurs tissus et organes comme le foie, et les plaques de Peyer.

Ces dernières font partie du système immunitaire associé à l’intestin, et sont donc directement impliquées dans la réponse immunitaire locale.

Mais déjà en 2006, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) avait reconnu le dioxyde de titane comme « cancérogène possible pour l’homme ».

Que dit l’ANSES[2] ?

Après la parution de l’étude menée par l’INRA, le gouvernement a saisi l’ANSES (L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) afin d’engager des investigations pour déterminer la possibilité d’une toxicité chez les consommateurs.

En avril 2017, l’agence publie un avis en réponse : « bien que l’étude de l’INRA mette en lumière des effets jusqu’alors inconnus, l’institution estime qu’il faudra effectuer des études complémentaires pour déterminer si oui ou non la toxicité du dioxyde de titane mérite d’être réévaluée par l’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments) »

Ainsi, en 2018 malgré plusieurs publications scientifiques, L’EFSA a estimé que le statut de l’E171 ne méritait pas une réévaluation.

Enfin, par précaution et compte tenu des différentes parutions le législateur a interdit au 1er Janv 2020 le dioxyde de titane dans les produits alimentaires mais pour une durée d’un an avec possibilité de reconduction.

Hélas,  cela n’est pas encore suffisant car, il serait  présent dans de nombreux produits tels que : dentifrices, produit de toilette, chewing gum ou encore d’après UFC-Que choisir dans 4000 médicaments.

Ainsi, nous consommons au quotidien, peut être sans le savoir, des substances dangereuses pour notre santé et reconnu cancérogène.

Dans le contexte actuel où notre santé doit prévaloir, l’interdiction devrait être généralisée à l’ensemble des produits sur la base du principe de précaution et de manière définitive.

[1] INRA : Institut national de recherche agronomique

[2] ANSES : (L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail)

Sources:

https://www.inc-conso.fr/content/1er-janvier-2020-disparition-de-ladditif-e171-dans-lalimentation

https://tdma.info/fr/le-dioxyde-de-titane-dans-lalimentation/

Le dioxyde de titane ou E171 : la liste des produits qui en contiennent

A propos de Yoness EL AROUI

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