Réchauffement climatique: qu’en est-il des migrations climatiques?

 

Fuyant la région où ils vivent au quotidien à cause des dérives environnementales présentes et à venir, les réfugiés climatiques sont le reflet du réchauffement de la planète. Que ces déplacements de populations soient inter ou intraétatiques, ils concernent principalement les pays où le niveau de vie est relativement faible. Les réflexions au sujet des migrations climatiques sont régulières mais pour l’instant aucun accord n’est en vue. À moins que les juridictions internationales ne s’en mêlent…

 

©: http://www.hcs.harvard.edu/~res/2014/05/climate-change-migration-and-social-innovation/

Définition de réfugié climatique

Souvent associée à la situation économique, la migration peut aussi être entrainée du fait du changement climatique. Ce phénomène va, selon plusieurs études, connaitre une importante progression les prochaines années. Le réchauffement climatique entraine en effet d’importantes conséquences à travers le monde. Parmi elles on compte notamment les déplacements de populations. Ces personnes qui fuient leur lieu de vie quotidienne sont appelés « réfugiés climatiques ». L’augmentation du niveau de la mer ou l’exposition à des phénomènes climatiques extrêmes sont par exemple des causes environnementales des migrations.

Données actuelles

Les études divergent sur le nombre précis de migrants climatiques au niveau mondial : d’ici 2050, ils seront 140 millions selon la Banque Mondiale, le double selon l’Organisation des Nations unies (ONU).

Lorsque ces migrants ne se déplacent pas à l’intérieur-même de leur État d’origine, ils partent vers les pays du Nord, plus riches et souvent moins exposés aux phénomènes climatiques extrêmes. Du moins pour l’instant.

Parmi toutes les régions touchées, on en compte trois qui sont particulièrement touchées :

  • Afrique subsaharienne,
  • Asie du Sud et de l’Est
  • Amérique Latine

Cette situation peut poser des problèmes d’accueil et pose la question de l’attitude de certains pays vis-à-vis des migrations : l’Union européenne est plutôt dans une posture de réaction face à une vague arrivant par les côtes italiennes et grecques, qui s’apparentent plutôt à des migrations économiques ou dues à des conflits. Certains états-membres sont déjà opposés à l’accueil de migrants sur leur sol, il parait donc difficile d’en accepter à l’avenir. Le tout est maintenant d’anticiper les migrations.

Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique et solidaire constatait déjà que le changement climatique « occasionnait deux fois plus de déplacements que les conflits » et appelait à anticiper cette situation.

Une décision du Comité des droits de l’homme de l’ONU peut toutefois contraindre certains États à agir plus rapidement qu’on ne le pense. L’instance a en effet jugé qu’aucun pays ne peut expulser des ressortissants de leur territoire lorsque leur pays est menacé par le réchauffement climatique. Cet avis très récent, de janvier 2020, émet donc l’avis que le demandeur d’asile n’a plus besoin de prouver que s’il est renvoyé dans son pays d’origine, il est exposé à un danger « grave et imminent ». Cette décision, non contraignante, peut tout de même inciter fortement la communauté internationale à agir concrètement en la matière.

Quelles solutions ?

La Banque mondiale se veut optimiste et met en avant le fait qu’une part importante de ces migrations (80%) peut être évité par des mesures concrètes et rapides sur 3 axes principaux :

  • La réduction des gaz à effet de serre
  • L’intégration du changement climatique et de ses effets dans la politique d’aide au développement
  • L’investissement dans des études plus performantes en matière de migrations environnementales à l’échelle locale

L’organisme veut ainsi montrer la voie pour anticiper une éventuelle crise d’accueil. Ces mesures-phares se veulent instigatrices d’une réaction et d’une gestion commune à l’échelle mondiale par une transformation de ces mesures en actes concrets. La résolution s’annonce d’autant plus compliquée que, compte tenu des réticences de certaines puissances à accueillir des réfugiés, les places d’accueil seront certaines limitées et chères à obtenir.

Il ne faut pas oublier non plus le rôle des Conference of parties (COP) successives organisées par l’ONU. Même si ces conférences n’ont pas toujours été une réussite, elles ont mis le sujet des migrations climatiques sur le devant la table. Les organisations internationales tentent ainsi de trouver un terrain d’entente entre pays qui voient leur population décroitre et les potentiels hôtes lorsque cette migration est interétatique.

 

Sources:

YouTube, Euronews, Migrants climatiques: la prochaine grande crise

https://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2018/03/19/meet-the-human-faces-of-climate-migration

http://adiac-congo.com/content/migration-lonu-favorable-aux-demandes-dasile-climatique-112187

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/143-millions-de-migrants-climatiques-en-2050-lalerte-de-la-banque-mondiale_2669374.html

A propos de Arnaud GEROLD

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.