RSE : une incontournable démarche

 

Actuellement la notion de responsabilité sociétale de l’entreprise se trouve au cœur des discussions. Mais de quoi s’agit-il exactement et quels sont les enjeux pour les entreprises ?

Source : Resonancerse.com

Qu’est-ce que c’est ?

Les sciences économiques ont pu la définir comme étant : « la prise en compte des effets des activités des entreprises sur l’environnement social et naturel et le fait de prendre en considération ces aspects dans leur stratégie et leur gestion, ainsi que d’en rendre compte aux tiers concernés » (1).

Il s’agit de la prise en compte des incidences de l’activité d’une entreprise sur l’économie, l’environnement et la société dans un contexte de développement durable. On va considérer toutes les parties prenantes, l’environnement dans lequel évolue la société, mais également, tout autre élément sur lequel l’activité pourrait influer, que se soit en interne comme en externe.

Le terme de RSE trouve ses origines en 1953 avec Howard Bowen. Cependant ce n’est que dans les années 1970 qu’elle se développe réellement à la suite d’incidents tels que celui du Rana Plazza (2). De plus, depuis les accords de Paris (COP 21), l’importance de la RSE s’est accrue, de même que son encadrement.

Un encadrement progressif de la RSE

Un cadre réglementaire contraignant ainsi que des recommandations en matière de développement durable ont peu à peu été établis.

Au niveau international on a par exemple :

  • Les principes directeurs de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)
  • Les normes ISO
  • La déclaration tripartite de l’Organisation internationale du Travail (OIT)
  • Les objectifs de développement durable (ODD) de l’Organisation des Nations unies (ONU), objectifs globaux à atteindre pour un développement durable mondial (3).

Au niveau national, on peut trouver :

  • La loi NRE (nouvelles régulations économiques) du 16 mai 2001, instaurant une obligation de déclaration de performance extra-financière, complétée par la loi Grenelle II et divers décrets.
  • Le principe de précaution introduit par la loi Barnier du 2 février 1995
  • Le devoir de vigilance établi par la loi du 27 mars 2017 (4).

 

La mise en place d’une politique RSE pouvant paraître de plus en plus obligatoire et contraignante, peut également présenter de nombreux avantages pour l’entreprise et ainsi paraître inévitable.

Des avantages certains pour les entreprises engagées

Une politique RSE peut s’avérer bénéfique sur les 3 volets environnementaux, économiques et sociaux. Ces avantages sont fortement promus par de grandes entreprises telles que Schneider Electric, véritable modèle en la matière.

Une incidence positive sur l’environnement

Il est tout d’abord possible d’agir positivement sur l’environnement en réduisant les externalités négatives. Celles-ci consistent à ce que l’activité de l’entreprise va engendrer un effet externe nocif sur son environnement et va alors survenir une nuisance ou un dommage.

Une utilisation responsable des ressources, qui sont limitées, est également possible par la mise en place de mesures permettant une réduction de déchets, d’énergie et autres. Enfin la mise en place d’une démarche RSE permet d’être un réel acteur de la transition énergétique.

Un levier de croissance économique

Une démarche RSE est également vectrice de croissance économique. On va pouvoir augmenter le résultat net en abaissant les coûts énergétiques, par une consommation plus efficace des ressources énergétiques notamment, mais aussi en s’inscrivant dans une économie circulaire, en réduisant ainsi les coûts liés aux déchets.

Ensuite, cela va permettre un développement commercial durable. La RSE est vectrice de promotion de la marque comme étant responsable et éthique. Ainsi, on peut fidéliser une clientèle soucieuse de l’environnement et du bien-être de la société. Une ouverture à de nouveaux marchés et une nouvelle clientèle est aussi possible. On va alors accroître les ventes et donc influer de manière positive sur le chiffre d’affaires et le résultat de la société.

Un vecteur d’innovation et d’intégration

On va observer des mesures en faveur de l’égalité homme/femme mais également en faveur de la diversité et de l’inclusion. Toute personne est vectrice de valeur ajoutée pour l’entreprise, peu importe ses origines, sa religion, son milieu social, son orientation sexuelle, si celle-ci est atteinte d’un handicap, etc.

Aucune discrimination ne doit exister. L’originalité et les différences doivent être promues. En effet, la diversité de profils au regard de leur formation, de leur expérience, de leur vision des choses, ainsi que les points de vue multiples sont utiles. Ils peuvent permettre une ouverture d’esprit sur une situation donnée et permettre d’innover plus et mieux.

Cette vision doit s’appliquer à toutes les parties prenantes et notamment aux salariés, véritables moteurs de l’entreprise. Il est important de travailler avec des personnes ayant la même vision, la même manière de penser, et promouvant les mêmes valeurs, tout en promouvant la diversité de profils.

Quid de son évolution ?

La mise en place d’une politique RSE apparait en conclusion comme inévitable, cependant attention à ne pas confondre RSE et Greenwashing (5).

De plus, comme a pu l’exprimer Fabrice Bonnifet, président du collège des directeurs du développement durable et Directeur Développement Durable de Bouygues : « La RSE traditionnelle doit faire place à la responsabilité morale des entreprises » (6).

Jusqu’alors tournée vers l’entreprise et la performance elle doit à présent prendre en compte tout ce qui entoure l’entreprise et notamment envisager de manière concrète les impacts de l’activité sur les générations futures.

 

1 : Définition de la RSE par Michel Capron, La responsabilité sociale d’entreprise, article de L’encyclopédie du développement durable, Les Editions des Récollets, n°99 – juillet 2009

2 : Article du blog bio-ressource portant sur l’effondrement du Rana Plazza écrit par Turkel Seyfaddinly.

3 : Principes directeurs de l’OCDE ; déclaration de l’OIT ; normes ISO ; ODD

4 : Loi NRE et décret d’application; principe de précaution ; devoir de vigilance

5 : Article du blog bio-ressource portant sur le greenwashing écrit par Steven Guilbert-Sautron

6 : Article Novethic

A propos de Manuella DEBAIZE

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