Biohacking et transhumanisme

 

Si les notions comme une biologie participative DIY, des CRISPR, une auto-expérimentation ou un jeûne intermittent vous évoquent quelque chose, cela montre que vous connaissez les concepts de « biohacking » ou de « post-humain ». Il s’agit, en termes généraux, d’une recherche des nouvelles techniques biologiques et technologiques et d’une amélioration des capacités du corps humain. Étant considéré, d’un côté, comme innovant et prometteur, et de l’autre, fantasmagorique et contradictoire sur les plans éthique, médical et juridique, le « biohacking » devient de plus en plus une tendance.

Biohacking et transhumanisme : quel est le rapport ?

Le « biohacking » est une notion relative à la biologie participative. Il recourt à la modification de l’ingénierie d’un corps humain découlant de l’objectif d’apprendre de nouvelles médecines et traitements efficaces contre les maladies par la promotion de l’auto-expérimentation, pour renforcer un corps et/ou devenir un transhumain.

Cette notion de biologie DIY (Do-It-Youself) pratiquée souvent dans des laboratoires improvisés est, en effet, très large et couvre un vaste éventail de sous-catégories particulières suivantes (la liste n’est pas exhaustive) :

  • Biohackers enclins à pirater leurs pensées («hack the brain »), modes de vie et états de santé avec l’appui des gadgets, afin de les rendre plus « durables ». Cela vaut tout particulièrement pour le bien-être (y compris une transfusion sanguine), le sommeil, le régime alimentaire (un jeûne intermittent, des compléments alimentaires), les activités physiques, etc.
  • Biohackers qui piratent soit leur propre biologie corporelle, soit d’autres êtres vivants, par la modification du genôme grâce aux ciseaux moléculaires CRISPR, afin de se préserver du vieillissement, de lutter contre des maladies génétiques et autres.
  • Biohackers qui font des expériences scientifiques sur les autres organismes vivants (la modification d’une cellule d’une amibe pour la faire briller dans le noir), et pas sur eux-mêmes, en mettant une science à disposition à tous, en atténuant un problème de la crise climatique ou en créant une sorte de bioart (l’usage des ADN floraux pour recréer des odeurs des fleurs menées à l’extinction par l’activité humaine).
  • Transhumanistes (baptisés « grinders »), adeptes du biohacking, qui expérimentent sur leurs propres corps et y implantent des nouvelles technologies (par exemple, des puces pour surveiller un niveau de glucose ou un état de santé général) dans le but d’améliorer leurs performances cognitives et physiques et pour des raisons de commodité et de sécurité (la Suède a développé des puces sous-cutanées pour simplifier le processus de paiement des frais de repas et de transport).

Ainsi, une philosophie essentielle du biohacking repose sur une mentalité particulière tendant à construire et à transformer la vie grâce aux solutions des hautes technologies et celles de base, et pas grâce aux standards de médecine traditionnelle.

Biohacking et son côté environnemental

D’une part, il est notoire que la nature « hack » aussi le cerveau en diminuant une morosité ou en accélérant le processus de cicatrisation après la chirurgie. Il s’agit principalement d’une écothérapie.

D’autre part, au niveau de la nourriture, il est important de manger de manière éco-responsable – des produits locaux et durables, consciemment, en reconnaissant l’importance de l’eau, de l’énergie et des efforts déployés pour la production alimentaire.

En outre, le biohacking permet également de préserver l’environnement. Par exemple, grâce notamment au rôle de la science et de la technologie dans le concept, les biohackers peuvent recycler un plastique ou faire un biocarburant, voire construire des meubles à partir de fungi (champignon) ou fabriquer un papier de komboucha, etc.

Tout cela démontre une valeur environnementale comme faisant partie d’une vie quotidienne d’un biohacker.

Points controverses et positifs

Même si le mouvement est considéré comme innovant et révolutionnaire, il reste néanmoins peu étudié, non réglementé et imprévisible d’un point de vue des mutations éventuelles et des conséquences irréversibles.

Il convient de noter que, sous l’angle juridique, les autorités ne pourront pas intervenir, si un individu décide de réaliser une expérience sur soi-même. La loi ne s’applique qu’à la vente illicite des produits sans approbation et sous le couvert des médicaments. Par contre, des substances chimiques peuvent être vendues comme des composés de recherche (comme c’est le cas avec des compléments alimentaires).

Un autre aspect négatif consiste à la commercialisation du biohacking. Les prix sont souvent exagérés et les résultats sont inattendus et dangereux.

Malgré tout, sur le fond, les biohackers croient que le progrès scientifique et technique épargne à l’homme des problèmes de santé, de tâches ménagères et de tout le dérangement possible. Certains d’eux estiment par ailleurs que, « grâce à l’Internet des Objets (IoT), face à l’augmentation constante des connaissances et à la volonté de certains de continuer à repousser les frontières en essayant d’accélérer l’évolution humaine », le biohacking va aboutir à l’avènement de l’ère numérique et de la société post-humaine et, enfin, à la création d’un nouveau digimonde.

Toutefois, une chose est certaine : le « biohacking » devient une réalité dont la vraie envergure est difficile à anticiper, vu sa philosophie révolutionnaire et intrépide. En effet, personne ne sait vraiment si le développement du biohacking présage un tournant décisif dans l’évolution humaine, et ce de manière positive.

Sources :

https://fr.euronews.com/2019/11/04/a-la-decouverte-du-biohacking-la-medecine-alternative

https://theconversation.com/the-dangers-of-biohacking-experiments-and-how-it-could-harm-your-health-100542

https://theconversation.com/the-dangers-of-biohacking-experiments-and-how-it-could-harm-your-health-100542

https://fr.norton.com/internetsecurity-how-to-what-will-biohacking-mean-for-the-future.html

https://www.journaldemontreal.com/2020/02/18/biohacking-et-transhumanisme-des-russes-experimentent-avec-leur-corps

https://www.pbs.org/newshour/science/biohacking-care

https://www.tonyrobbins.com/health-vitality/biohacking-for-beginners/

https://www.vox.com/future-perfect/2019/6/25/18682583/biohacking-transhumanism-human-augmentation-genetic-engineering-crispr

https://www.theatlantic.com/health/archive/2019/03/top-biohacks/584584/

https://hi-news.ru/research-development/10-faktov-kotorye-vy-dolzhny-znat-o-bioxakinge.html

https://www.bbc.com/news/technology-46442519

https://rb.ru/story/transhumanism-future/

https://rb.ru/story/sweden-biohackers/

https://medialeaks.ru/2910bva-biohax/

https://www.if24.ru/11-tehnologij-predskazannyh-v-filmah/

https://life.ru/p/1129089

Mots clés : biohacking, transhumanisme, biologie participative, médicine alternative, santé humaine, longévité, technologie, CRISPR, DIY, grinders

 

Liya OMAROVA

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