L’insoutenabilité écologique d’un modèle de développement économique

 

« Avec l’avènement du capitalisme et l’exercice des pratiques néolibérales, la destruction des écosystèmes a augmenté de façon exponentielle. »

 Pour commencer cet article, nous devons être clairs sur le fait que le néolibéralisme est une variation très agressive du libéralisme classique du XIXe siècle, lorsque les impérialismes britanniques et autres ont utilisé l’idéologie de la concurrence du marché et du “libre-échange” pour justifier à la fois le capitalisme à l’intérieur et le colonialisme à l’étranger.

La vie sur cette planète, telle que nous la connaissons, est le résultat de conditions environnementales fragiles que le système néolibéral prédominant contemporain a déjà commencé à modifier. Le capitalisme et sa doctrine de croissance économique illimitée semble négliger complètement cette dépendance et continue à exploiter violemment l’écosystème au profit d’un petit nombre, augmentant ainsi son pouvoir.

Mais cette vision économique du monde, qui considère tout comme une marchandise consommable, est remise en question. Comme je l’ai mentionné dans mon article du mois dernier, dès le début du XIXe siècle, une préoccupation pour l’environnement a vu le jour jour au sein des sociétés occidentales, suscitée par la pollution causée par la révolution industrielle. Depuis lors, la critique s’est transformée en un vaste mouvement aux tendances multiples, en réponse à la faim croissante du capitalisme pour les ressources naturelles.

Les défenseurs de la nature et les écologistes ont mené la lutte pour la protection de la nature en parallèle avec les parlementaires, en faisant pression en faveur de lois et d’accords environnementaux, en ciblant des manifestations spécifiques de la crise écologique, plutôt que ses causes profondes. Les résultats d’une telle stratégie restent, au mieux, discutables. Malgré les décennies de protocoles, de traités, de conventions et d’amendements relatifs à la nature, l’état de l’environnement semble plutôt se détériorer aujourd’hui.

Avec l’avènement du capitalisme et l’exercice des pratiques néolibérales, la destruction des écosystèmes a augmenté de façon exponentielle. Dans le cadre d’une croissance économique permanente, les sociétés dominées par le capital sont prises dans un cercle vicieux d’expansion constante de leurs activités productives afin d’éviter les répercussions des crises économiques capitalistes, comme en 2008 et maintenant en cette année 2020.

Dans toute société, les modes de production, de distribution et de consommation des ressources sont les points centraux où se déroule le métabolisme entre l’humanité et la nature. Les causes profondes de la crise environnementale sont sociales et elles résident dans les relations sociales de domination et d’exploitation. Actuellement, le capital domine l’organisation de la production, de la distribution et de la consommation selon ses normalités inhérentes, ce qui pousse les agents sociaux à étendre leurs activités économiques.

Par conséquent, la croissance économique dans le capitalisme ne doit pas être considérée comme un phénomène temporaire ou parodique, mais plutôt comme un processus ininterrompu d’expansion du marché des produits de base à toutes les facettes de l’activité sociale et de l’espace naturel.

La croissance est un phénomène social lié, d’une part, à la dégradation naturelle et, d’autre part, à la domination et à l’exploitation. Toute activité productive a des externalités non seulement positives mais aussi négatives sur la nature et les capacités humaines, en métabolisant et en consommant ces dernières dans son processus de production.

Il est clair que de nombreuses personnes prennent conscience de l’impact dévastateur de ce discours néolibéral sur les hommes et la nature. Aujourd’hui, avec l’excès d’informations et de réseaux sociaux, la majorité de la population peut voir les conséquences désastreuses que nos sociétés devront payer pour un mode de vie capitaliste qui nous a été imposé par les gouvernements et les institutions internationales.

Il devient de plus en plus évident que la lutte contre le capitalisme du côté du contre-pouvoir social est une lutte presque pansociale pour notre survie collective, après des siècles d’exploitation de la nature, il semble que nous ayons contourné ses limites.

Mais que devons-nous faire face à cette apparente réalité ? Deux alternatives s’offrent à nous, soit nous transcendons la domination du capital et sauvons l’humanité et les écosystèmes, tels que nous les connaissons. Soit nos sociétés s’effondrent dans des conditions apocalyptiques de dégradation écologique et, inévitablement, de rareté des ressources et de dégradation sociale.

Malheureusement, les pays d’Amérique latine et d’Afrique sont les plus exploités, les pays en développement ont été dominés par l’orientation néolibérale dictée par le marché pour des raisons post-impériales, le faible niveau de vie et les grandes réserves naturelles ont fait de ces pays un terrain fertile pour les multinationales.

Cependant, nous ne devons pas stigmatiser le capitalisme comme la cause de tous les maux, en fin de compte, notre société dépend du marché, de l’offre et de la demande et cela peut difficilement changer. Néanmoins, nous pouvons passer à un marché plus durable visant donc à créer un équilibre entre l’environnement, des objectifs sociaux et économiques. Le néolibéralisme doit disparaître.

 

Mots clés : économie verte, environnement, écologie, capitalisme, néolibéralisme, développement économique

L’auteur a consulté les références bibliographiques suivantes :

Broumas, A., Tarinski, Y.. (2017). Ecological Struggles in the Neoliberal Era. 17/04/2020, de Resilence Sitio web: https://www.resilience.org/stories/2017-10-27/ecological-struggles-neoliberal-era/

Kumi, E., Arhin, A.A. & Yeboah, T. (2014). Can post-2015 sustainable development goals survive neoliberalism? A critical examination of the sustainable development–neoliberalism nexus in developing countries.  Environ Dev Sustain 16, 539–554 https://doi.org/10.1007/s10668-013-9492-7

Puel, H. (2005). Le néolibéralisme, modèle économique dominant. Revue d’éthique et de théologie morale, 233(1), 29-51. https://doi:10.3917/retm.233.0029.

Reflecting on neoliberal natures: An exchange. (2018). Environment and Planning E: Nature and Space1(1–2), 25–75. https://doi.org/10.1177/2514848618776864

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