Brexit : Quels impacts sur le marché de l’énergie britannique ?

 

Le Royaume-Uni a officiellement quitté l’Union Européenne le 31 Janvier 2020. Or, le pays est interconnecté avec le réseau européen et importait une partie importante de son électricité de l’UE. Qu’est-ce que cela peut signifier pour le marché électrique britannique ? Et quels impacts aurait-il sur sa politique énergétique ?

Après le Brexit, Le Royaume-Uni continue de dépendre fortement de l’Union européenne pour son électricité. L’interconnexion est maintenue et le courant continue à circuler mais probablement plus cher qu’avant. Qu’est-ce que cela peut signifier pour le marché électrique Britannique? Déjà fragilisé, ce marché a connu une panne géante en Août 2019 qui a privé de courant un million de britanniques durant quelques heures.

Une réduction des investissements de l’UE et une augmentation des coûts de Transport

Le Royaume-Uni importe environ 12% de gaz et 5% d’électricité de l’Union Européenne. Dans ce sens, le réseau britannique est interconnecté avec la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Irlande, qui a à son tour a des interconnexions avec la République d’Irlande et l’Ecosse. D’autres interconnexions avec la Norvège et le Danemark sont en cours de réalisation.

En effet, le Brexit implique la sortie du Royaume Uni du marché intérieur européen de l’énergie. Ce qui rend la circulation du courant avec les interconnexions moins efficace et plus cher.

L’importation et l’exportation de l’énergie serait rémunéré par le gouvernement et les fournisseurs d’énergie. A vrai dire, il est plus probable que les prix de l’énergie connaissent une augmentation pour les consommateurs. Le Royaume-Uni aura besoin de négocier de nouveaux arrangements alternatifs commerciaux afin de réguler les flux d’électricité transfrontaliers.

Qu’en est-il du système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE-UE) ?

Le Système d’échange de quotas d’émission (SEQE-UE) est un système adopté par l’Union Européenne qui réserve un prix au carbone en fonction de l’échange de permis d’émission.

En outre, le droit de l’Union Européenne reste valable, de façon transitoire, durant la période du 1er Février au 31 Décembre 2020 dans ses relations avec le Royaume-Uni.

Cependant, après cette date, à moins que cette période transitoire ne soit prolongée, le Royaume-Uni devra nécessairement négocier un autre mécanisme de tarification du Carbone pour favoriser la tarification des productions thermiques et pour ne pas créer des ambiguïtés sur le marché.

Qu’en est-il du traité Euratom ?

Le Royaume-Uni a non seulement signé sa lettre de sortie de l’UE, mais aussi de l’Organisation Euratom. D’ailleurs, Euratom est le traité de coopération nucléaire de l’Union Européenne responsable en intérieur de l’Union de la gestion et la distribution de tout matériel nucléaire.

Le Royaume-Uni va créer un nouveau projet en vu de remplacer le traité Euratom pour entretenir l’industrie nucléaire Britannique.

Est-ce que le Royaume-Uni peut compter sur les énergies marines renouvelables pour une indépendance Énergétique ?

Personne ne peut nier que le Royaume-Uni est un leader mondial sur les énergies marines renouvelables. Un plan de plus de 125 milliards de livres a été mis en place pour augmenter la part des énergies renouvelables de 15% à l’horizon 2020, avec 7000 nouvelles éoliennes dont 3000 offshores.

De plus, le Royaume-Uni vise à atteindre 30% de son bouquet énergétique en 2030 produit par l’éolien offshore.

Tout compte fait, les futures équivalences notamment les échanges transeuropéens restent ambigus.
Avec l’accroissement en puissance des énergies renouvelables et notamment de l’éolien offshore, il faut absolument envisager un approvisionnement extérieur en cas d’absence de vent, et vice versa, exporter la surcharge qui ne peut pas être stocké.

 

Pour plus de détails :

Brexit : risques de choc sur le marché électrique britannique

What will Brexit mean for energy markets?

Brexit : les impacts sur le système d’échange de quotas d’émissions

A propos de Jihane AFRIHI

Ingénieur en Génie Énergétique et Energies Renouvelables, actuellement étudiante en Master 2 Gestion et Droit des énergies et du Développement Durable à l'Université de Strasbourg.

Jihane AFRIHI

Ingénieur en Génie Énergétique et Energies Renouvelables, actuellement étudiante en Master 2 Gestion et Droit des énergies et du Développement Durable à l'Université de Strasbourg.

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