La responsabilité des démocraties pour l’échec des politiques écologiques.

 

Les régimes politiques sont nombreux, avec des réalités différentes et des contextes sociologiques spécifiques. Aujourd’hui plus que jamais, la question est de savoir si les démocraties échouent à cause des gouvernements, ou de leurs citoyens.

 

Nos sociétés politiques et nos gouvernements contemporains échouent à protéger l’environnement de manière substantielle. Quelques projets de valeur ont bien sûr réussi, mais il existe encore des failles latentes, dans les cadres législatifs nationaux, comme internationaux.

Il est vrai qu’à l’heure actuelle, nous disposons de mécanismes qui nous ont permis de faire face à la crise écologique, aussi dite environnementale. Cependant, des démocraties perçues comme modernes et très fonctionnelles, comme les États-Unis, ont délibérément pris la décision de quitter l’Accord de Paris. Est-ce un échec de la démocratie ? Est-ce que les citoyens l’ont demandé, ou est-ce que ce sont les représentants populaires qui prennent les décisions à leur convenance ?

Avec les problèmes actuels de santé publique en Chine et en Italie dus au Coronavirus, les incendies dans la moitié du monde, le manque d’eau, les conditions précaires des travailleurs de l’industrie textile, entre autres, nous pouvons constater l’absence d’une stratégie d’envergure pour répondre à cette crise écologique/environnementale.

Nous étudierons tout d’abord, des éléments de compréhension des raisons pour lesquelles nos démocraties (de facto entre les mains du gouvernement) échouent à faire face aux problèmes environnementaux contemporains. Puis, il conviendra de comprendre de quelle manière les citoyens sont activement impliqués dans la vie démocratique, avec la création et la protection des lois et des politiques publiques, qui permettent la protection de l’environnement.

1. Le rôle des démocraties dans l’écologie.

À travers le monde, l’arène politique est aux prises avec un problème d’action collective, nous traversons sans aucun doute une réalité complexe et insondable, où le véritable enjeu est de nature plutôt politique, et dans lequel la résolution de la crise écologique repose sur la nécessité d’une réforme “extrême” ou “radicale” de l’organisation et de la réglementation de l’activité économique mondiale. Mais que doit-il se passer pour ce changement de paradigme urgent, qui ne semble pas se produire ?

Pour résoudre cette question, il est nécessaire d’affirmer que le changement de paradigme institutionnel, juridique et démocratique ne peut être une réalité, sans repenser les règles institutionnelles. Cela étant dans le but de mettre en place une structure d’incitatifs, qui fasse de la protection du droit à un environnement sain, un droit devenu une réalité sine qua non de la légitimité politique et morale des sociétés libérales du XXIème siècle.

L’un des principaux problèmes de notre réalité est sans nul doute la croissance démographique excessive. C’est en effet, ce que l’auteur du livre « Du nouveau sous le soleil », John McNeill, a mentionné comme l’un des facteurs de cette situation complexe, dans laquelle les démocraties et les citoyens ont un impact direct sur l’environnement.

La croissance démographique s’accompagne d’une croissance de la consommation, en ce qui concerne la nourriture, l’eau, l’électricité, les carburants, le logement, et de nombreux autres produits et services qui deviennent essentiels à la vie humaine. Ainsi, il semble évident que les démocraties n’ont pas réussi à garantir un cadre juridique, qui ne soit pas uniquement bénéfique à ceux à l’origine de la production et de l’offre excédentaire de biens et de service. Cependant, toute activité politique (démocratique) nécessite au préalable une prise de conscience, individuelle, collective, puis ensuite, au niveau gouvernemental, une capacité d’action, qui semble freinées par la notion erronée de ce qu’est la démocratie.

2. Les citoyens, les démocraties et leur impact sur l’environnement

Le citoyen est le juge ultime en ce qui concerne son bien-être. Mais comment interprète-t-il son propre bien-être, en harmonie avec la communauté. Plus précisément, comment le citoyen, dans la recherche de son bien-être personnel, expose-t-il ses préoccupations dans la sphère publique, affectant ainsi le reste de la population ?

Afin de résoudre ces questions, il faut noter que l’essentiel dans une démocratie, est la représentation. Il s’agit de la délégation du pouvoir des citoyens, dans les urnes pour élire leurs représentants, dans les mécanismes de prise de décision, tels que le référendum, la consultation publique et le plébiscite. Et en cela, de nombreuses démocraties modernes sont sorties gagnantes, puisque grâce à la délégation de pouvoir, ils ont pu garantir le droit fondamental à un environnement sain. Comment y sont-ils arrivés ? Les citoyens se sont simplement structurés et ont constitué des organisations non gouvernementales, des collectifs, des associations et d’autres mécanismes de regroupement, pour lutter et défendre l’environnement. À long terme, ce type de participation a conduit les démocraties à consulter et à proposer au niveau constitutionnel la sauvegarde de ce droit.

Il apparaît alors clair que la participation est sans nul doute l’un des meilleurs mécanismes pour assurer le bien-être individuel et collectif. Cela car elle se présente comme un correctif indispensable au poids des logiques administratives et économiques, en favorisant la prise en compte de valeurs sociales, supposées plus soucieuses de l’environnement et davantage orientées vers le long terme.

La participation des parties prenantes, ou des personnes et groupes concernés, est devenue une norme de l’action publique environnementale. Cependant, nous ne devons pas oublier que ce sont les représentants au gouvernement pour lesquels nous avons voté, qui ont la responsabilité d’assurer l’efficacité des lois, des règlements et des politiques publiques, pour mettre un terme à la dégradation de l’environnement, que menace un droit fondamental des individus.

Le principal défi pour les démocraties et en conséquence pour les citoyens, est de prendre conscience de la véritable crise que nous traversons, dans laquelle l’absence de garantie de son propre bien-être individuel, remet en cause le fonctionnement même des démocraties internationales, déjà fragiles. C’est un moment crucial, le citoyen devra participer ou attendre les pires conclusions possibles.

 

L’auteur a consulté les références bibliographiques suivantes:

Barbier Rémi, Larrue Corinne, « Démocratie environnementale et territoires : un bilan d’étape », Participations, 2011/1 (N° 1), p. 67-104. DOI : 10.3917/parti.001.0067. URL : https://www.cairn.info/revue-participations-2011-1-page-67.htm

Cécilia Claeys-Mekdade, « La participation environnementale à la française : le citoyen, l’État… et le sociologue », VertigO – la revue électronique en sciences de l’environnement [En ligne], Volume 7 Numéro 3 | décembre 2006, mis en ligne le 15 décembre 2006, consulté le 01 avril 2020. URL : http://journals.openedition.org/vertigo/8446 ; DOI : https://doi.org/10.4000/vertigo.8446

Simon Guertin-Armstrong, « Crise écologique et institutions démocratiques. Les droits environnementaux constitutionnels », Éthique publique [En ligne], vol. 13, n° 2 | 2011, mis en ligne le 18 octobre 2012, consulté le 02 avril 2020. URL : http://journals.openedition.org/ethiquepublique/527 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ethiquepublique.527

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