De l’indigestion à la sobriété numérique – Comment passer simplement à l’action

 

Selon certains industriels et analystes, durant l’année 2019 aura été produit et circulé sur les réseaux autant d’informations que durant les 20 dernières années, c’est-à-dire depuis le développement de l’Internet grand public. En décembre dernier nous abordions le réel impact du secteur numérique et nous rappelions que la sobriété numérique passe par les usages. Néanmoins, les usages, qui englobent les services auxquels on accède et le temps d’utilisation, reste intrinsèquement lié à l’acquisition d’outils numériques.

 

Terminaux (smartphones, ordinateurs, etc), infrastructures de réseaux (câbles terrestres et marins, fibre optique, antennes, satellites, etc) et data centers forment le support du monde numérique. La distribution de la consommation énergétique du secteur tient d’ailleurs pour 47% à la production de l’écosystème numérique (tendance à la hausse) et pour 53% à son utilisation.

 

Aujourd’hui, le fait de dématérialiser alourdit de manière paradoxal notre impact sur l’environnement. Comme nous l’avons vu précédemment, le numérique induit des émissions plus importantes que l’aviation civile et pourraient plus que doubler d’ici à 2025 :

 

Alors que le secteur numérique consomme près de 10% de la consommation électrique mondiale, le Global Carbon Project nous rappelle dans son dernier rapport de septembre 2019, que la demande croissante d’énergie dans le monde rend la décarbonisation (EnR, efficacité énergétique, infrastructures intelligentes) inopérante. Le découplage entre la croissance matérielle et les émissions de CO2 n’étant pas encore prouvé et certainement pas prêt de l’être, il s’agit de repenser ses usages et l’impact des objets que nous achetons et utilisons. Pour rester sous la barre des 2°C, il nous faut opérer une baisse des émissions de 5% par an dès maintenant, ou de 10% à partir de 2025. Dès lors, les perspectives de l’évolution du numérique rendent sa dynamique actuelle insoutenable.

 

En attendant un débat public et de fond sur ces enjeux, intéressons-nous aux leviers d’actions à portée de main (littéralement) pour réduire notre empreinte numérique et repenser nos usages.

 

D’abord on peut commencer par acheter moins d’outils connectés et remplacer ces derniers uniquement s’ils ne fonctionnent plus, le tout en déposant les anciens (54 à 113 millions de smartphones dorment dans les placards en France) dans des bacs de collecte et en privilégiant l’achat d’outils reconditionnés. Comme nous l’avions évoqué dans l’article précédent, il y avait en 2019 ; 34 milliards d’équipements numériques dans le monde, soit 8 équipements par personne.

 

Sur l’utilisation maintenant, que pouvons-nous aisément faire ?

 

  1. En premier lieu, je supprime du cloud les fichiers que je n’utilise plus ou que je peux stocker sur un poste physique (disque dur ou clé).

 

  1. Lorsque j’échange par mail, je réduis un maximum l’envoi de pièces jointes en compressant mes fichiers ou en copiant le contenu dans le corps du mail. Je nettoie tous les jours ma boite mail en 30 secondes. Sachant qu’un seul mail stocké durant 1 an émet 10g de CO2, je fais le calcul et je m’en occupe dès maintenant avec l’application Cleanfox qui peut notamment m’aider à supprimer les mails indésirables et newsletters inutiles.

 

  1. Concernant le visionnage, je préfère le téléchargement (légal) à du streaming. Je peux aussi réduire la qualité de mes vidéos jusqu’à 144, pour celles qui ne nécessitent pas de visionnage particulier, et je réduis la luminosité de mon écran.3#. Je privilégie les Podcast avec l’application Podcast & Radio Addict. Je commence enfin à lire ces livres que j’empile sur mon étagère depuis trop longtemps déjà ou alors je préfère écouter de la musique !

 

  1. J’installe un navigateur moins énergivore, à l’instar du moins gourmand en énergie : Mozilla Firefox. Pour évaluer ma consommation d’énergie et continuer d’avancer sur le chemin de la sobriété, j’utilise même le Module complémentaire Carbonalyser développé par le Shift Project.

 

  1. Les batteries en lithium s’usant plus vite si elles sont déchargées au maximum, je prends garde à ne jamais passer en dessous de 20% de batterie pour préserver sa durée.

 

  1. Enfin, je pense à débrancher ma box internet quand je pars étudier/travailler/faire les courses, etc ou que je m’absente pour une durée un peu plus importante de mon domicile. La consommation totale d’une box internet par an est mesurée entre 150 et 300 kWh, soit la consommation d’un grand réfrigérateur. Économiser de l’énergie, c’est aussi économiser de l’argent !

 

Bonus : Je m’intéresse un peu plus en détails aux conséquences du numérique sur ma santé en lisant le rapport « Déployer la sobriété numérique » ou alors je m’intéresse un peu plus sur le passage à l’action en lisant l’article « Le cerveau va-t-il détruire notre planète ? ».

 

Toutes les cartes étant maintenant dans nos mains, n’oublions pas que « les changements et progrès sont très rarement des cadeaux d’en haut. Ils proviennent des luttes d’ici-bas ». Alors à nous de jouer !

 

Sources :

A propos de Albéric BARRET

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