Une catastrophe écologique aux portes de Paris

Le 3 juillet 2019 est survenu un incendie dans la plus grande station d’épuration d’Europe qui se situe à Achères, aux portes de Paris. Cet incendie a eu pour conséquence une des plus grandes pollutions de l’eau qu’a connu la France depuis des décennies.

Que s’est-il passé ?

Le mercredi 3 juillet 2019 est survenu un important incendie dans l’unité de clarifloculation de la station d’épuration d’Achères située en banlieue parisienne. La clarifloculation est un procédé de traitement physico-chimique d’épuration de l’eau, principalement utilisé pour le traitement de potabilisation ou encore pour le traitement des eaux usées dans les stations d’épuration.

Cet incendie a eu pour principale conséquence le déversement dans la Seine, durant une période de trois jours, de matières organiques et de nutriments entrainant une contamination des eaux fluviales. Ce déversement a eu pour conséquence une désoxygénation de la Seine et ce jusqu’à trente kilomètres en aval de la station d’épuration. Les conséquences sur l’environnement sont nombreuses, on peut notamment citer la perte de plus de sept tonnes de poissons et d’algues nécessaires pour l’oxygénation du fleuve.

Une station d’épuration classée Seveso

Cette station d’épuration connue comme étant la plus grande d’Europe du fait de sa capacité de traitement, elle traite 60% des eaux usées de 9 millions de personnes, est considérée comme un site classé « Seveso seuil haut », notamment en raison de la toxicité des produits employés pour l’épuration des eaux usées.

Le bâtiment de clarifloculation, situé dans cette station d’épuration s’étendant sur environ six cents hectares, abritait plusieurs cuves de chlorure ferrique, c’est cette substance qui est à l’origine de l’incendie. Cette station d’épuration n’est pas à son premier incident. En effet, en l’espace de deux ans, c’est le quatrième incident grave qui intervient dans ce site classé. Elle a d’ailleurs fait l’objet de quatre mises en demeure de par le Préfet des Yvelines pour non-conformité à la réglementation, principalement pour des faits de manque de contrôle de soudures et de tuyauteries présentes sur le site.

Quelles conséquences pour l’avenir ?

Suite à l’incendie survenu en juillet 2019, le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (SIAAP) propriétaire de l’établissement, publie régulièrement des bulletins de suivi de la qualité de la Seine, principalement pour rassurer les populations se trouvant en aval de la station d’épuration.

Parallèlement à ces publications de bulletins, la conséquence principale est que la station d’épuration fonctionne désormais au ralenti, la compensation de la perte de traitement étant assurée par les autres stations d’épuration présentes en région parisienne. Cependant cela n’a pas empêché le déversement de millions de litres d’eau usée dans la Seine entrainant la mort de milliers de poissons et contaminant la Seine pour de nombreuses années à venir.

 

Sources : 

https://blog.mondediplo.net/omerta-sur-une-catastrophe-industrielle-majeure

https://www.revue-ein.com/download-pdf/10268/10268

A propos de Vincent DUBARLE

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