Les consequences de l’effondrement du Rana Plaza pour les multinationales

 

L’effondrement du Rana Plaza survenu en 2013 est une catastrophe industrielle qui a suscité beaucoup de débats sur la responsabilité sociale des entreprises, et notamment celle des multinationales.

Le 24 avril 2013, le Rana Plaza immeuble de 8 étages, qui servait d’ateliers de textile, s’est effondré en causant plus de 1200 morts et 2000 blessés.

Cet effondrement n’était pas une coïncidence, puisqu’il y avait plusieurs manquements aux règles de sécurité. En effet, le propriétaire du bâtiment n’avait obtenu l’autorisation de construction que pour un immeuble de 5 étages et non de 8 étages. De plus, l’immeuble a été construit avec des matériaux de mauvaise qualité. Par ailleurs, le propriétaire a converti l’usage de l’immeuble de commercial à industriel grâce aux réseaux politiques, tandis que l’autorisation avait uniquement été donnée pour un usage commercial. Malgré des alertes par les ouvriers sur l’existence de fissures dans l’immeuble, la direction n’a pris aucune mesure pour la sécurité des travailleurs.

Le Bangladesh se classe au troisième rang mondial (après la Chine et l’Allemagne) dans le domaine d’exportation des textiles. L’économie du Bangladesh se base principalement sur le secteur textile. Cet accident a été un point de rupture et a révélé les côtés sombres de la « fast fashion ». Benetton, El Corte Inglés, Inditex (Zara), H&M et Mango sont parmi les multinationales qui s’approvisionnaient auprès des usines du Rana Plaza.

Avant celui du Rana Plaza, de nombreux accidents similaires ont eu lieu au Bangladesh, comme l’effondrement de l’usine de vêtements Spectrum en 2005, l’incendie de la Garib & Garib Sweater Factory en 2010,  l’incendie de l’usine That’s It Sportswear en 2010, l’incendie de l’usine Tazreen-Fashion en 2012. Ce n’est qu’en 2012 que la marque PVH (Calvin Klein, Tommy Hilfiger…) a signé pour la première fois un accord portant sur la sécurité des bâtiments avec les syndicats, la Campagne Clean Clothes (CCC) et ses partenaires.

Certaines grandes multinationales pour augmenter leurs profits agissaient en violant des droits de l’homme et en portant des atteintes à l’environnement et à la sécurité des personnes. Ils considèrent les ouvriers comme de la main d’œuvre à bas prix bonne à exploiter. L’absence de contraintes légales dans le domaine de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) a entraîné le laxisme des entreprises multinationales.

« Les multinationales ne dépendent d’aucun État. Elles opèrent sans assumer leurs responsabilités et ne sont contrôlées par aucun parlement, ni par aucune instance représentative de l’intérêt général ».(Salvador Allende, Président du Chili, extrait du discours prononcé à l’ONU le 4 décembre 1972)

L’effondrement de Rana Plaza a résulté dans la prise d’engagements par les multinationales, les organisations internationales et les Etats, incluant le gouvernement du Bangladesh.

C’est alors que l’Accord du Bangladesh sur la sécurité des bâtiments industriels et leur protection contre l’incendie a été signé par 260 groupes textiles européens en 2013. H&M est la première marque à signer l’accord. C’est un premier accord conclu dans le secteur du textile, qui prévoit la protection de la santé et de la sécurité au travail.

Initialement l’accord était conclu pour cinq ans, mais en mai 2019 la Cour suprême du Bangladesh a prolongé l’application de l’Accord pour 3 nouvelles années, jusqu’au 31 mai 2021. Pour être en vigueur il faut que les entreprises signent le nouvel accord et les signataires ont été ici moins nombreux.

Selon le rapport du cabinet de conseil américain O’Rourke Group publié en 2011, l’ouvrier qui travaille à l’usine textile au Bangladesh reçoit seulement 16 cents par polo qui est vendu au Canada à 14 dollars, cela est moins de 2% du coût total. Après l’effondrement du Rana Plaza, les salaires des ouvriers ont été augmentés de 3000 à 5300 takas (de 31 euros à 59 euros environ) , ce qui reste très bas. Les travailleurs demandent aujourd’hui l’augmentation du salaire minimum à 15 000 takas (159 euros environ).

Malgré tous ces aspects, les syndicats et les travailleurs continuent à lutter pour le respect de leurs droits et à combattre les violations qui perdurent dans certaines usines. En général, si on compare la situation avant et après l’effondrement du Rana Plaza, on voit tout de même que beaucoup de choses ont changé et continuent à progresser.

 

Sources:

  1. https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/vetements/sante-et-securite-au-travail/la-securite-des-batiments-au-bangladesh
  2. https://www.academia.edu/31990660/Rana_Plaza_Factory_Collapse_13_H_and_M_in_Crisis_and_Corporate_Social_Responsibility

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