La pollution tellurique du milieu marin au Togo

 

« La santé de nos océans est primordiale. Malgré son rôle crucial dans l’élimination de la pauvreté, dans la sécurité alimentaire mondiale et le développement économique, nos océans sont de plus en plus menacés, dégradés ou détruits par les activités humaines, réduisant ainsi leur capacité à fournir leur contribution pour notre subsistance ». Ces propos de Monsieur André Johnson, ancien Ministre de l’environnement du Togo dénonce clairement les différentes menaces de l’activité humaine sur le milieu marin au Togo.

Au Togo, différentes sources de pollution affectent le milieu marin mais la pollution tellurique demeure la plus importante et est constituée de tous les rejets ou déversements dans la mer, provenant des activités humaines exercées sur la terre ferme. Cette forme de pollution peut être directe ou indirecte, en raison des sources de provenance et impacte considérablement l’écosystème marin et son littoral.

Les sources de provenance de la pollution tellurique

La pollution tellurique directe, résulte des déversements en mer d’effluents urbains et des rejets d’activités industrielles.

L’augmentation des effluents urbains s’explique par la forte croissance démographique de la zone côtière et le manque de systèmes de collecte et de traitements adéquats des eaux usées et des déchets urbains. Les effluents rejetés directement dans la mer contiennent d’importantes quantités de matières en suspension, des microbes et des bactéries issus de matières fécales et proviennent le plus souvent des eaux usées ménagères, des déchets hospitaliers et médicaux, des eaux usées de laboratoires d’analyses médicales et de produits pharmaceutiques périmés.

Les activités industrielles, en dépit de leur importance économique sont une source continue de pollution marine car elles sont situées sur les côtes et ne disposent d’aucun centre de traitement des rejets issus de leurs activités. Ceux-ci sont alors déversés dans la mer avec des impacts non visibles et visibles. Le plus visible provient du déversement des déchets miniers phosphatés avec une coloration jaunâtre de l’eau de mer à cet endroit, et les déchets solides sur la plage. Ces déchets solides s’élèvent à environ 2,5 millions de tonnes par an auxquels s’ajoutent principalement des substances toxiques comme le cadmium, le cuivre, le plomb etc.

La pollution tellurique indirecte quant à elle, provient de la lagune transformée en décharge par les maisons, les centres hospitaliers et les latrines publiques situés le long de celle-ci qui y sont directement branchés alors même qu’elle devait récupérer et conduire simplement jusqu’à la mer les eaux de pluie et les eaux usées. Ces effluents sont constitués des déchets agricoles et industriels remplis de métaux lourds en toute violation des lois environnementales. Les effets de cette pollution se manifestent sur l’écosystème et sur le littoral.

Les atteintes de la pollution tellurique

Sur l’écosystème marin, les substances chimiques et bactériologiques issues de la pollution tellurique bouleversent considérablement l’habitat des espèces vivantes avec une prolifération des algues et autres plantes aquatiques nuisibles qui dépouillent le milieu marin de son oxygène, le transformant en un milieu sans vie, nocif au développement de sa biodiversité, et à sa perte. Notamment les menaces qui pèsent sur les espèces de tortues marines existantes dans le milieu. Ce qui remet en cause l’équilibre écologique même du milieu marin.

Le littoral togolais, en plus de l’érosion qui détruit la côte ouest-africaine, est fortement soumis aux effets de la pollution tellurique en ce qui concerne les activités de pêche pratiquées dans la zone et la santé humaine. En effet, les ressources halieutiques touchées par les agents polluants font diminuer de plus en plus le rendement de l’activité de pêche pour les populations. Ce rendement faible de la pêche est dû soit à la perte des ressources halieutiques soit au déplacement des ressources survivantes vers des espaces moins pollués.

Sur le plan sanitaire, les ressources halieutiques contaminées pêchées et consommées par les populations, provoquent des problèmes de santé publique. En plus de l’activité de pêche, toutes les activités agricoles pratiquées dans la zone sont systématiquement intoxiquées et causent de fréquentes maladies diarrhéiques comme le choléra, la dysenterie ou encore la fièvre typhoïde. Une étude réalisée par l’ONG Globe Vert en 2008 révélait que les habitants autour de l’usine de phosphate perdent leurs dents à déjà 40 ans, à cause de la pollution des sources d’eau par les déchets phosphatés.

Bien que les impacts de la pollution tellurique sur le milieu marin soient visibles, il manque encore des études récentes et plus précises sur la dégradation de l’écosystème marin et du littoral, d’où la nécessité de mettre en place une gestion active pour lutter contre cette forme de pollution.

 

sources :

A propos de Nafissatou FALANA

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