L’impérieuse nécessité de protéger le deuxième poumon du monde : Les enjeux de la protection de la forêt du Bassin du Congo.

 

« Nous devons protéger ces forêts qui sont encore largement intactes, et arrêter la dégradation de la forêt équatoriale pour des raisons industrielles ou démographiques ». La situation actuelle de la forêt du Bassin du Congo se résume parfaitement dans cette phrase du chargé de campagne de Greenpeace en Afrique centrale, M. Philippe Verbelen.

Située en Afrique centrale, la forêt dite du bassin du Congo est un massif forestier tropical, couvrant plus de deux millions de km². Elle est partagée entre six pays, à savoir : le Cameroun, la République centrafricaine, le Congo, la République Démocratique du Congo, la Guinée équatoriale et le Gabon.

Selon un rapport du Centre de recherche forestière internationale (CIFOR), le bassin du Congo disposait d’un couvert forestier de plus de 268 millions d’hectares en 2010. Aujourd’hui, il ne dispose plus que de 186 millions d’hectares de forêt dense humide et de 81 millions d’hectares d’autres types de forêt.

Les raisons de protéger la forêt du Bassin du Congo

Cette forêt constitue, « un puits carbone », d’où le nom de deuxième poumon du monde. En effet, elle absorbe naturellement une partie du dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère et contribue à l’équilibre du système climatique.

Mais depuis quelques années la forêt est en danger, à cause du réchauffement climatique et de la déforestation. D’après un rapport d’Ernst et al. (2013), la déforestation annuelle est passée de 0,13 % dans la période 1990 à 2000 à 0,26 % dans la période 2000 à 2005, et celle-ci ne cesse de s’accroître.

De même, l’augmentation de la pression démographique dans certains pays du bassin entraîne une demande accrue en produits agricoles et en bois de feu, prélevés au détriment du couvert forestier. Cette hausse engendre une augmentation de la déforestation. Car les terres sont souvent converties en terres agricoles comme le démontre un rapport Food and Agriculture Organisation of the United Nation de 2006, ou encore utilisée pour l’exploitation du bois brute.

D’autre part, avec le réchauffement climatique et la hausse des émissions de dioxyde de carbone, les océans voient leur capacité d’absorption réduite, notamment à cause de la disparition des espèces planctoniques nécessaires à l’absorption du CO2

Il est donc aujourd’hui fondamental de protéger ce puits de carbone, qui joue un rôle majeur dans la régulation et l’équilibre du système climatique. Il forme l’une des dernières réserves de biodiversité, où les forêts primaires sont interconnectées donnant ainsi naissance à des mécanismes biologiques de nature exceptionnelle et unique.

Quelques solutions envisageables pour protéger la forêt du bassin du Congo

De nos jours, il n’est plus possible d’augmenter la capacité d’absorption de dioxyde de carbone des océans , à moins d’avoir recours à des techniques dites de « géo-ingénierie ». Cependant, il est encore possible de préserver et d’améliorer la capacité d’absorption des forêts tropicales comme l’Amazonie et le Bassin du Congo.

Il est à cet effet, nécessaire que des politiques d’atténuation soient mises en œuvre pour protéger ces puits de carbone. Pour cela il faut d’une part, limiter les émissions de gaz à effet de serre, et d’autre part protéger les dernières forêts tropicales majeures.

De ce fait, la lutte contre la déforestation et la dégradation forestière, ainsi que la plantation d’arbres peuvent être des stratégies d’une extrême efficacité. D’autant plus qu’il s’agit là de stratégies très peu coûteuses.

Ainsi, en est-il de la mise en place en 2005 du Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation ( REDD), qui est un mécanisme de compensation financière aux pays qui s’engagent à lutter contre la déforestation. Il s’agit d’un partenariat stratégique entre trois agences des Nations unies à savoir la FAO, le PNUE, et le PNUD.

Au travers de ce programme, il s’agit de rémunérer les différents pays d’Afrique, d’Asie du Sud-Est et d’Amérique latine disposant d’une forêt tropicale préservée.

Le 17 octobre 2008, la Commission européenne a présenté un « Paquet Forêt » , ce dernier comporte une proposition de réglementation européenne sur le bois afin de lutter contre le commerce illégal de bois, et aussi une communication de diverses mesures européennes visant à limiter la déforestation et son impact sur la biodiversité et les changements climatiques.

Dans ce contexte, l’autre mesure pouvant aider à la préservation et la protection des forêts est que le consommateur achète des produits réalisés à partir de bois dit « durable ». Ils sont reconnaissables notamment avec les labels FSC (Forest Stewardship Council) ou PEFC (Pan European Forest Certification) qui sont la garantie d’une forêt ayant une gestion durable avec des pratiques qui sont respectueuses de l’environnement, et bénéfique pour les populations locales.

 

 

Source:

-Géopolitique du Changement climatique de Françoise Gemenne chez Armand COLIN

– Rapport Food and Agriculture Organisation of the United Nation de 2006

-L’Amazonie, le « poumon de la Terre »… ou le révélateur des limites de nos dirigeants ? De Pierre Thomas, Laboratoire de Géologie de Lyon / ENS Lyon août 2019.

-Rapport du Centre de recherche forestière internationale (CIFOR) de 2010

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