« J’peux pas, j’ai carbet ». Le carbet, emblème de l’écotourisme guyanais

Quand on arrive en Guyane, tous n’ont que ce mot à la bouche : « carbet ». «  – Tu fais quoi ce week-end ? – Je pars en carbet ! Et toi ? » Mais qu’est-ce que le carbet ? Une activité, une habitation ?

Il s’agit d’un lieu de vie, d’une construction qui, ailleurs, serait qualifiée comme de simples fondations. Ni plus, ni moins, des fondations d’habitations en bois, couvertes par un toit de taule ou de paille, sans murs ni clôtures ; en un mot : ouvertes. Chaque week-end, en Guyane, bon nombre de personnes partent ainsi entre amis, en famille ou seuls, en forêt ou à la plage, et installent leurs hamacs sur ces fondations au milieu de la nature. On y accède en voiture, en pirogue, ou à pieds, selon l’emplacement de ces constructions.

Mais plus qu’un habitat, le carbet est un état d’esprit. « J’peux pas, j’ai carbet. » Quand on part en « carbet », il ne s’agit pas seulement de dormir en hamac en forêt, comme on irait dormir en camping.

Partir en carbet, c’est se couper du monde. Sans réseau, chacun a le loisir d’éteindre son téléphone et de perdre la notion du temps. Se réveiller avec le soleil, prendre son bain dans le fleuve, n’entendre plus que les sons de la forêt et les chants de ses habitants.

Il existe différentes formes de carbets. En effet, s’il est possible de réserver sa place en hamac dans des carbets payants, de nombreux voyageurs occupent également des carbets de particuliers. La règle est la suivante : on « squatte » le carbet d’autrui comme on aimerait que d’autres « squattent » notre propre carbet. Nait ainsi un véritable « esprit carbet », peut-être utopique, où l’expression même d’  « ouvrir sa porte » n’existe pas, ladite porte étant elle-même inexistante.

Et vous, qu’avez-vous prévu ce week-end ? Pour ma part, « j’peux pas, j’ai carbet. »

A propos de Sarah Dambré

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