Acheter responsable : l’éclosion du système alternatif

Acheter des vêtements en friperie, récupérer les invendus alimentaires, acheter des appareils électroniques d’occasion… Autant de gestes qui peuvent se révéler d’une grande importance.

Ces façons d’acheter étaient au départ des moyens d’acheter moins cher pour un grand nombre de personnes. Tous ces produits perdent parfois jusqu’à 70% de leur valeur initiale, ce qui permet d’accéder à des produits moins onéreux. 

La première motivation a donc pendant longtemps été ce prix si attractif. Aujourd’hui une nouvelle façon de pensée émerge, celle de l’achat responsable. Acheter d’occasion, c’est acheter écolo. Les recycleries et autres dépôt-vente fleurissent à travers les villes. Pour exemple, en marge de la Fast Fashion, le marché de la seconde main dans le domaine de la mode aurait atteint les 360 milliards de dollars de chiffres d’affaires en 2017 et pourrait continuer jusqu’à croiser les 400 milliards de dollars en 2022, selon un rapport de la Chambre des métiers et de l’Artisanat.

Après l’inégalable friperie et l’irremplaçable LeBonCoin®, de nouveaux modèles apparaissent comme les recycleries. A Nantes, l’association SupporTerre a inauguré la sienne, proposant des articles de sports récupérés, d’occasion, à bas prix. 

On peut également voir dans beaucoup de villes des recycleries d’électroménagers. Dans ma ville natale, Bar-le-Duc, la Ressourcerie emploie des personnes en situation de handicap physique ou mental. Ces systèmes apparaissent non seulement comme écologiques, mais également solidaires et avec une portée sociale, et deviennent un parfait outil du développement durable. On estime aujourd’hui que 28 000 personnes en France travaillent dans le monde du recyclage et de la récupération. 

Moi quand je pense “seconde main”, je pense “économie circulaire”. Ces systèmes d’achat reprennent une partie de ce que prône ce concept : le changement de comportement des consommateurs. On souhaite influencer les gens et les faire acheter d’occasion : recycler, réutiliser, acheter responsable. 

On dispose aujourd’hui du super outil pour influencer les gens : les réseaux sociaux et l’internet. Si l’achat de seconde vie à été propulsé lors de la crise pour des raisons économiques, les réseaux et applications sont devenus les nouveaux relais. Toute une pensée autour de l’impact de ses achats s’est développée. Les concepts explosent et on arrive enfin à mettre les gens en relation et à faire évoluer ce système. 

Le meilleur exemple serait de parler de l’application Too Good To Go qui met en relation les entreprises afin de vendre leurs invendus alimentaires à un prix dérisoire les invendus alimentaires aux particuliers. Autre application qui à piqué mon attention, Indigo World. Parfait exemple d’économie circulaire, elle met en relation des particuliers souhaitant échanger des services, des objets, partager, aider. 

Le comportement change, le rapport au neuf aussi. La nouvelle génération est beaucoup moins attachée aux objets et n’hésitent pas à vendre, racheter, échanger. 

Prudence ! 

Beaucoup des consommateurs de ces produits sont emplis d’une envie de lutter contre l’hyperconsommation. Malheureusement, on tend à voir une industrie qui instrumentalise ce système de manière intensive. Les grandes entreprises s’en servent aujourd’hui parfois comme un nouvel outil marketing et n’hésitent pas à surfer sur la tendance. Le capitalisme ne serait-il pas incompatible avec la préservation de la planète ? En effet, au sein même de ces entreprises, l’innovation et la recherche sur l’économie circulaire est purement conditionnée au profit final. Un nouveau paradigme est-il né ? Les lois du marché sont-elles prêtes à intégrer cette démarche ? 

Pour exemple, le marché mondial du téléphone reconditionné à connu une croissance de 13 % entre 2016 et 2017 et plus 140 millions de smartphones vendus. Le marché de l’occasion encouragera-t-il toujours la croissance ? 

Si on veut bien faire, il faut toujours réfléchir à ses achats et ne pas sauter dans la gueule du loup, autrement dit faire attention au greenwashing des industriels ! Il faut désormais apprendre à déceler le bon plan du faux. 

Et vous, quel est votre bon plan pour acheter responsable ? Répondez en commentaire ! 

A propos de Louisiane DEREAT

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