Le tri sélectif en Suisse, un exemple à suivre

Chez nos voisins suisses, le tri sélectif est un acte quotidien parfaitement adopté depuis déjà de nombreuse années. Des rues propres, un civisme qu’on dirait mécanique, voire inné, les villes helvètes nous changent de la toute relative efficacité d’autres villes européennes à gérer leurs déchets .

Points de collecte fixes ramassés une fois par semaine (source : fromparistozurich)

Pour rappel, le simple geste de trier correctement les différents matériaux présents dans ses ordures permet, non seulement d’économiser de l’énergie lors de la fabrication des matériaux, mais aussi d’émettre moins de gaz à effet de serre et de réduire notre impact sur de multiples ressources naturelles que nous surexploitons.

41 285 kilomètres 2, un peu plus de 8,5 millions habitants… La Suisse est un “petit” pays pourtant réputé pour être l’un des plus gros producteurs de déchets en Europe. Néanmoins, c’est aussi l’un des meilleurs élèves – et bien loin devant la France – en ce qui concerne le secteur coûteux et pollueur qu’est la gestion des déchets. Pour assainir les villes, les pouvoirs publics n’hésitent pas à se donner les moyens techniques, humains et financiers. Divers outils sont mis en place autant pour optimiser le ramassage des déchets, que pour contraindre les citoyens à respecter le système mis en place.

Lorsqu’on se promène dans les rues suisses, on peut rapidement constater un grand nombre de points de collecte. Si en France, les habitants sont habitués à séparer 5 flux de déchets (le papier, le carton, le verre, le métal et les biodéchets – pour les plus aguerris), en Suisse, pas moins de 15 flux sont triés (le verre – blanc, vert, brun – le carton, l’aluminium, le papier, les vêtements ou encore le PET (plastique). Ainsi en 2017, selon l’Office Fédérale de l’environnement (OFEV) suisse, presque 53 % des déchets étaient collectés séparément et recyclés que compte le pays, pour 42,9 % en France la même année.

Pour arriver à cette économie circulaire, un mécanisme à été progressivement mis en place dans les cantons suisses depuis 1975 : les sacs poubelles taxés. Il suit le principe du pollueur-payeur : plus on produit d’ordures ménagères, soit de déchet non recyclable, plus on paye pour que ceux-ci soient ramassés. Pour cela, la part de la taxe habitation prévue pour la gestion des déchets a été supprimée et remplacée par l’utilisation obligatoire de ces sacs. Ils sont fixés à un prix incitatif de 16,50 francs suisses pour 25 litres, soit environ 15 euros. A ce prix, il est intéressant de prendre 5 minutes tous les jours pour correctement trier ses déchets.

Pour faire respecter ce système, caméra de surveillance et fouille des poubelles sont de mises. Diverses infractions sont en effet sanctionnées, allant de la poubelle abandonnée au sac déchiré. Dans ce cas, les autorités usent alors de ces outils pour retrouver l’auteur de l’infraction et lui infliger une amende. A titre d’exemple, environ 150 francs suisse sont demandés pour une fraude au sac taxé. A la fois pédagogue et responsabilisant, l’efficacité de ce système se mesure facilement. A Lausanne, par exemple, la quantité d’ordures ménagères a diminué de 40 % après l’introduction de cette mesure en 2012.

S’ajoute à cela la mise à disposition de la population de nombreuses informations, dématérialisées ou non, sur les déchets et plus largement sur le système générale de tri sélectif mis en place. On peut par exemple trouver un guide du déchets sur le site de l’OFEV, ou un abécédaire du tri proposé par plusieurs villes comme Lausanne. A contrario, en France, il est souvent reproché un manque de clarté sur la nature des déchets, leurs impacts environnementaux ou encore leur devenir, ce qui ne facilite pas la mobilisation de la population.

Si ce système à encore certaines lacunes, il est en perpétuel amélioration. En effet, des actions sont régulièrement expérimentées sur des types de matériaux particuliers. En 2018, Genève se fixait un nouvel objectif : réduire la quantité de mégots jonchant les rues de la capitale. Pour cela, une campagne axée sur la prévention par la communication est organisée. Des affichages publics confrontent ainsi les habitants à la réalité : un dimanche, à Genève 476 000 mégots sont recensés sur le bitume …Cette action est portée par l’entreprise Cortexia et son système intelligent de “surveillance” des déchets, une caméra mobile et un ordinateur détectant la quantité et la catégorie de déchets présents dans les rues de la ville, et notamment le nombre de mégots au sol en temps réel.

 

Sources :

https://www.letemps.ch/suisse/geneve-sattaque-aux-476-000-megots-jetes-quotidiennement-rues

https://www.dechets.ch/daten/table/CH/3/0

https://fromparistozurich.blogspot.com/2017/07/les-dechets-et-le-recyclage-en-suisse.html

https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/dechets/etat/donnees/abfallstatistiken-2017.html

https://ec.europa.eu/eurostat/tgm/table.do?tab=table&plugin=1&language=fr&pcode=sdg_11_60

A propos de Juliette MENOU

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.